Athletisme et danse ... mais encore ...

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Écrit par Ivan Moreau   
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La danse et l’athlétisme , explication et découverte d’une approche dans l’entraînement avec Frédéric Beuzard entraineur à l’US Ivry (1)

 

Bonjour Frédéric et tout d’abord merci pour cette intervention. On parle de danse dans l’athlétisme avec l’exemple actuel de Jimmy Vicaut. Peux tu nous expliquer en quoi cet apport est pertinent ?

Oui bien sûr. Ce n’est déjà pas un secret de dire que le complément apporté à Jimmy Vicaut vise à lui permettre plus de relâchement dans ses contractions musculaires . Mais c’est plus largement aussi le moyen de lui permettre d’accéder à la maitrise de sa haute intensité de production de mouvement.

C'est-à-dire plus précisément ? Par de simples exercices ou attitudes spécifiques à la danse  ?

Oui en travaillant sur le relâchement, la posture, essentiellement. On favorise ainsi la protection du muscle lors des mises en tension-renvoie (le réflexe myotatique). A travers des exercices décomposés notamment (mime de geste athlétique, courses, sauts, lancer, haies), qu’on va réaliser en marchant, puis en déroulant, puis en trottinant, puis en courant, puis en lâchant les chevaux. Et le tout bien sûr en maintenant le relâchement, permettant à l’athlète de ressentir et de vivre sa discipline.

C’est un condensé dans ma formulation mais c’est bien sûr une construction lente qui permet ainsi au cerveau de se créer son réseau de performances gestuelles et athlétiques.

D’accord. Pour autant même si ce lien athlétisme/danse te semble naturel, il est assez singulier et pas si évident que cela en première approche. Qu’en est il plus précisément de ton appréciation personnelle de ceci ?

Pour tout te dire j’ai débuté ma carrière professionnelle dans le monde chorégraphique. Tout d’abord 3 années dans un théâtre puis 5 ans avec une Compagnie de danse. Durant ces années, mon regard et mon oeil se sont aiguisés. L’affinement de ma conception de l’athlétisme commença son chemin dans ma relation à l’entraînement et à la pratique compétitive. Par le biais de cette « déformation professionnelle », j’ai eu ainsi souvent tendance à comparer le travail d’un chorégraphe et celui d’un entraîneur. Notamment à travers la relation geste/mouvement créant une cohérence des flux, et permettant une lecture fluide de cet art éphémère... tout comme une performance réalisée en compétition, dont il ne reste plus que des sensations, des brides de souvenirs pour l’athlète et des impressions à l’entraîneur. Le chorégraphe écrit et compose ainsi une oeuvre à travers ses danseurs, tandis que l’entraîneur maximise les aptitudes de ses athlètes afin qu’ils puissent s’exprimer et se réaliser. Chorégraphes et entraîneurs utilisent le corps à travers une gestuelle constituant un flux de mouvement adapté à chacun afin d’exprimer leurs visions sur un sujet ou sur une discipline. Ce regard porté par et sur la danse m’a habitué à déceler un geste, à voir un rythme et à lire un mouvement

Très bien. Tu nous proposes donc carrément une autre lecture du geste athlétique. Mais toutes les disciplines athlétiques peuvent elles être concernées par cette approche ?

Oui car il s’agit d’associer des gestes et de les mettre en mouvement, et en ce sens cela peut s’appliquer à toutes les disciplines de l’athlé et même à d’autres sports, si tant est que l’univers chorégraphique nous intéresse.

Dans mon cas j’ai facilement fait le rapprochement avec la longueur, car je l’ai longtemps pratiqué en temps qu’athlète et aujourd’hui je l’entraine en tant que coach. J’ai donc pu mettre en oeuvre un langage entre les différents gestes afin de les associer autour du saut en longueur, (et quand je parle de langage je parle aussi de technique bien sûr). Mais ma réflexion sur la porosité de la danse et de l’athlé est valable partout. S’il y a du geste du mouvement, du déplacement alors on est dedans. Ce n’est d’ailleurs pas une exclusivité athlétique car par exemple l’équipe de France de Beach Volley, travaille avec une violoniste du conservatoire, qui lui permet ainsi de réaliser des mimes afin de mieux se coordonner et sentir les déplacements du partenaire, comme lors d’une répétition pour un duo chorégraphique.

C'est-à-dire ?

Et bien lors des répétitions les danseurs travaillent sur leurs enchaînements, imposés ou improvisés, et ce sous l’oeil attentif du chorégraphe. Ainsi suivant les intentions que celui ci souhaite développer avec ses danseurs il est à même de voir si le tout est cohérent et d’y apporter les corrections nécessaires, en travaillant notamment sur des rythmes plus lents ou plus rapides suivant les besoins.

Oui mais en même temps c’est peut être moins flagrant pour les courses et lancers que pour les sauts non ?

Pas du tout là où il y a geste il y a une forme de chorégraphie. L’outil c’est le corps c’est tout.

Mais peut être est ce aussi une forme de représentation schématique de la chorégraphie « classique » relativement faite de sauts qui donne cette limite car en fait toutes les danses sont viables pour imager le geste athlétique, que ce soit du classique au contemporain, en passant par le Hip-hop, ou les danses traditionnelles. Il faut avant tout intégrer qu’une pièce chorégraphique est en mouvement et en rythme grâce à l’expression corporelle car à partir de là on voit plus aisément que ces éléments sont bien présents dans tous les sports, et sans conteste dans l’athlétisme.

Tu donnes de la valeur à cette prolongation que tu fais entre la danse et l'athlé et donc pour rester dans ta spécialité, la longueur. Ca te cause, ca te structure, mais quel conseil donnerais tu à un entraineur d'athlé qui voudrait s'y ouvrir lui aussi ? Des ouvrages références sur la danse peut être aussi ?

Ce que je pourrais conseiller à un entraineur c’est d’aller voir des pièces et assister à des répétitions si possible. Dans un premier temps il faut y aller et lâcher prise, juste observer ne pas se dire j’y vais pour chercher quelques choses de précis, mais plutôt s'y laisser porter.

Sinon je ne conseillerais pas au néophyte d’ouvrages particuliers, juste citer en référence deux d’entre eux qui ont guidé ma réflexion

-Paysages esthétiques de la danse - Édition Arcadi

-Danser sa vie- édition centre Pompidou

Enfin peut être plus simplement je conseillerais à tous d’aller voir simplement des œuvres chorégraphiques.

Et pour son introduction dans l’entrainement, quels pourraient être les premiers exercices simples utilisant la danse , et applicables bien sûr sur un groupe de plusieurs athlètes  ?

Incontestablement des exercices qui vont apporter du relâchement et favoriser l’étirement musculaire. C’est un moyen d’éviter la crispation et de favoriser l’effet de mise en tension-renvoie.

Pour un groupe et une transmission entraineur/entrainé efficiente je conseille de travailler sur un geste puis d’aller vers le mouvement. On est dans la logique du plus lent au plus vite. Et ce tout en gardant une vue d’ensemble sur la discipline.

De mon côté sur ma spécialité du saut en longueur je travaille toujours sur l’ensemble du saut, de la première foulée à la sortie du sable. Et je pars du ramené puis je construis un ensemble cohérent et fluide dans une vision globale. Cette manière de travailler me permet d’intervenir sur tous les points clefs du saut et permet aux athlètes de comprendre ce qu’ils font. Ainsi on développe un vocabulaire commun, entre ce que j’ai dans la tête et ce que les athlètes ressentent. Je les fais devenir acteurs de leur pratique. Mais je devrais plutôt dire danseurs en fait …

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Mais que peuvent ils ressentir de plus ainsi ?

Sur un plan de développement de qualité athlétique j’ai le sentiment qu’en terme de vitesse gestuelle et de changement de rythme, les athlètes les ressentent plus. C’est aussi intéressant au point de vue de la maîtrise technique.

Une autre question triviale encore. Avec ton approche établis tu plus de connexion avec les athlètes filles que garçons ?

Je ne suis pas certain que ça parle vraiment plus aux filles qu’aux garçons. Je pense que le temps ou le sport était pour les mecs et la danse pour les filles est un peu révolu. Les danseurs sont  des athlètes, et pour s’en apercevoir tout simplement il faut encore aller assister aux spectacles chorégraphiques je pense

En revanche ça parle clairement aux gens impliqués ou ayant un intérêt pour la danse quelle qu’elle soit. J’en ai la preuve tous les jours sur le terrain. Mais c’est peut-être aussi parce que je suis habité par cette transversalité, même si je ne l’impose jamais, libre aux athlètes d’y adhérer ou non ... et filles ou garçons bien sûr !

Très bien et pour l’entraineur que tu es quels sont les bénéfices de cette approche et l’intérêt plus général que tu y portes dans tes méthodes ? En développant un peu …

Je parlerais déjà de correspondance, … la correspondance entre les deux univers et qui s’établit dans le mouvement et la fluidité. Le chorégraphe écrit une pièce chorégraphique, on parle d’ailleurs dans ce milieu d’écriture chorégraphique, c’est une liaison de gestes qui entraînent une succession de mouvements, de ressentis … sur scène c’est instinctif, presque animal, mais cela demande des heures et des heures de répétition, de précision.

Si on y regarde de plus près on s’aperçoit alors que c’est similaire à ce que nous faisons chaque jour sur le terrain en athle. On prend l’exemple de la longueur il y a plusieurs gestes dans la course d’élan, dans l’appel, dans la suspension et dans la réception, et on doit lier l’ensemble pour qu’il y ait une cohérence. Pour être plus clair toutes les phases sont ainsi liées les unes aux autres. De fait quand on observe une erreur technique, il ne faut pas simplement s’arrêter sur l’erreur en elle même, mais plutôt savoir ce qu’il s’est passé en amont car l’erreur est souvent une conséquence de ce qu’il se passe avant…

Mais il faut également observer ce qu’il se passe après. Je le dis tout est lié car nous sommes dans une cohérence de mouvements, et la danse est un excellent moyen de sensibiliser son regard aux mouvements.

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Et qu'en est-il des résultats de tes athlètes avec cette approche ?

Depuis 2010 j’ai eu 11 athlètes qualifiés aux championnats de France (Longueur, Triple saut, 60m, 100 m, hauteur, Épreuves Combinées, Javelot et relais) dont 3 qualifiés aux élites en 2011 et 2013 et cette année. C’est aussi 13 participations en finales de ces différents championnats et 4 médailles au final. Cette année tous ont battus leurs records.

Apres comme je te l'ai dit je n’impose pas cette vision, c’est quelque chose qui est propre à mon fonctionnement d'entraineur et me donne des repaires d’observations.

C’est surtout le travail et l’implication personnelle que les athlètes peuvent mettre à l’oeuvre tous les jours à l’entrainement qui comptent et dans ma démarche j’ai ainsi beaucoup de chance d’avoir ces athlètes investis ainsi qu'un binôme entraîneur avec lequel nous échangeons aussi énormément

 

       (1) Frédéric Beuzard a débuté l’athlétisme en 1995, pour un arrêt de sa pratique compétitive en 2009, et se consacrer depuis à l’entraînement à l’US Ivry dans le Val de Marne. Pendant ces 14 années d’athlète, il a pratiqué sprint, sauts et lancers, pour au fil du temps s’orienter vers les sauts, et plus particulièrement le saut en longueur et le triple saut.

En 2010 il intègre l’ETR de la Lifa (Ligue d’Ile de France d’Athlétisme) et est depuis 2013 agent administratif du Comité Départemental d’Athlétisme du Val de Marne.

Mondiaux de Pekin: revue d'effectif sur la perche avec Damien Inocencio

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Écrit par Ivan Moreau   
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Bonjour Damien, nous revenons vers toi à quelques jours des mondiaux de Pekin où tu séjournes en ta qualité d'entraineur national de la Perche chinoise (voir article ICI)

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Tout d'abord quel est ton bilan de saison côté athlètes chinois que tu entraines ?

Bonjour Ivan, mon bilan est à mon sens mauvais. Malgré la bonne progression de Bokai HUANG et sa première place au bilan mondial junior 2015 (premier non qualifié aux mondiaux), je ne peux que constater que je ne réalise pas les objectifs que nous nous étions fixés pour cette année avec la fédération. Le groupe à perdu ses deux meilleurs éléments en court d’année. Changrui XUE le plus talentueux qui avait fait une très bonne année 2014 s’est fait une petite fracture au pied suite à une entorse. Malheureusement il a du être opéré et donc nous prenons le temps de le remettre complètement sur pattes. L’ancienne valeur sûre chinoise Yansheng YANG s’est lui aussi blessé bêtement. Ayant perdu les deux meilleurs athlètes du groupe les objectifs ne pouvaient plus être atteints.

D’accord, pour autant es tu dans les temps de ta mission ? Quelles sont tes principales sources de satisfaction cette saison ?

Etant donné que la fédération mise beaucoup plus sur les jeux olympiques que sur ces mondiaux, je peux toujours réaliser les objectifs que nous nous sommes fixés. Je suis d'ailleurs beaucoup plus exigeant et agacé par les résultats de cette année que la fédération peut l’être. Mais le travail réalisé payera... Nous avons pris du retard en matière de performances mais nous avons beaucoup travaillé techniquement.

Ma satisfaction première cette année vient d’ailleurs des entrainements et des indicateurs qui y sont au vert : les athlètes vont beaucoup plus vite et ont beaucoup évolué en technique. Maintenant il faut réussir à mettre les choses bout à bout en compétition.

Et des difficultés particulières rencontrées aussi ?

Bien évidement nous rencontrons des difficultés, les plus grandes sont celles de la culture et de la langue. Les Chinois ne sont pas comme les Français et parfois ce qui est évident pour moi ne l’est pas ici. Les athlètes français sont beaucoup plus autonomes et beaucoup plus réactifs. Par exemple, je peux plus facilement jouer sur les réactions d’orgueil des Français que sur celui des Chinois.

Ils n’ont pas non plus ce grain de folie que nous trouvons généralement chez les perchistes. J’ai aussi rencontré beaucoup de difficultés à gérer le médical avec mes deux blessés, les Chinois fonctionnent très différemment de nous, et ils n’ont pas les moyens que nous pouvons avoir en France (IRM réalisé rapidement, radios, bilans rapides et efficaces d’expert…).

D’accord. Au vu de cela tu ne seras pas de la partie en tant qu’entraineur aux championnats du monde cette année alors ?

Si car je vais superviser un autre athlète, Jie YAO. Ca me met dans une position délicate que je n’apprécie pas beaucoup car c’est un athlète que je n’entraine pas à l’année mais avec qui j’ai pu collaborer en stage et échange video. Je ne le connais pas assez bien et je pense qu’il aurait été plus judicieux qu’il décide de rester avec son coach que de venir avec moi à 3 semaines des mondiaux.

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Mais du coup tu vas l’accompagner quand même sur la compétition ?

Oui bien sûr, je me serai juste plutôt vu dans le costume de conseiller que d’entraineur car je pense que l’entraineur qui à fait tout le travail doit être celui qui gère le concours. Jie préfère que cela soit moi donc nous allons suivre les désirs de l’athlète, pour qu’il soit dans les meilleures conditions psychologiques.

Y a-t-il pour le coup une pression particulière du fait que ces championnats se déroulent à Pekin ?

Non je ne ressens pas vraiment de pression, la fédération sait parfaitement que nous ne ferons pas de médailles et comme je te l’ai dit ils sont plus concentrés sur Rio.

Venons-en à l'épreuve de la perche à ces mondiaux. Tu as une idée de ce qui peut se passer tant chez les hommes que chez les femmes ? Renaud parait encore au dessus et s’achemine normalement vers ce titre qui lui manque non ?

Il n’y a jamais de titre sans problème. Evidement Renaud est favori mais tout l’intérêt d’un championnat du monde au saut à la perche est que rien n’est gagné d’avance. Il y a 6 hommes à plus de 5m90 cette année, donc le concours peut donner une très belle bagarre.

Renaud n’a jamais eu le titre, il va être très motivé, mais cela fait 3 fois qu’il échoue aux championnats du monde en arrivant comme favori.

Raphael HOLZDEPPE est champion du monde en titre et à battu son record cette saison. C’est un homme de championnats qui a encore une belle marge de progression.

Shawnacy BARBER le jeune canadien est très régulier et à l’air d’avoir très bien préparé les championnats après avoir terminé sa saison universitaire.

Le bresilien Thiago BRAZ qui est aussi très jeune a enfin réussi de belles choses cette année après deux ans de galère physique. Il est coaché par PETROV qui sait mieux que personne préparer quelqu’un pour un championnat du monde. Au vu de ses déclarations dans la presse, je ne serai pas étonné qu’il nous prépare une belle surprise d’ici peu.

Nous devrions aussi voir comment COSTAS le Grec champion du monde en salle et qui a battu son record cette année va évoluer à Pékin. Il est en plus extrêmement régulier.

En gros rien est fait, Renaud a montré qu’il était très fort mais il a subi deux défaites en Diamond League. Les jeunes eux manquent de maturité mais sont en pleine progression et n’ont rien à perdre. Le concours peut être superbe.

Et pour les femmes ? La discipline n'a plus de grande star. Y en a t'il une en devenir a surveiller néanmoins ou aura t'on encore un concours très ouvert cette année ?

Du coté des filles il y a 13 filles engagées avec plus de 4m70 cette saison. Nous avons toujours les filles d’expérience qui devraient faire la différence et jouer la gagne. Yarisley SILVA la cubaine qui malgré des problèmes de confiance a su s’adapter avec son coach au fait qu’elle ait du mal à prendre du levier. Elle est en tête des bilans mondiaux et c’est une sacrée compétitrice. Fabiana MURER aussi est en forme et à un an des JO à la maison, devrait chercher à marquer le territoire. Enfin la troisième prétendante au titre est pour moi l'américaine Jennifer SUHR qui est la seule à avoir déjà franchi 5m et qui malgré des pépins physique ces derniers temps peut envisager la victoire.

Apres concernant l’avenir de la perche féminine cela devrait être meilleur bientôt car de la densité que nous voyons à plus de 4m70 actuellement, il devrait en sortir une ou deux filles très fortes dans quelque temps. De plus on peut constater un grand nombre de juniors et d’espoirs à plus de 4m60.

Alors je pense aussi que le concours des femmes devrait être intéressant et aussi nous permettre de voir comment les plus jeunes vont réagir en grands championnats pour une vision un peu plus précise de ce qui se passera dès l’année prochaine.

Et côté Français, en plus de Renaud, tu vois cela comment sur tes observations de la saison ? Des médaillables, des finalistes possibles à ton avis ?

Coté français, Renaud est forcement dans les médaillables, ensuite Kevin (MENALDO) devrait lui aussi rentrer largement dans les finalistes. C’est un vrai compétiteur, 5m90 est une hauteur dans ses cordes depuis quelque temps et il n’a pas encore réussi à exprimer son potentiel. Il ne part pas favori pour le podium mais peut créer une très belle surprise.

Chez les filles, il n’y a qu’une française suite aux problèmes rencontrés par la recordwoman de france Marion FIACK. Marion LOTOUT a les moyens de passer en finale mais devra pour cela être au niveau de son record.

Très bien et avant de conclure… sur de l’extra-sportif... Certains medias ont annoncé des risques de problèmes de pollution dangereux cette année à Pekin. Qu'en est il pour toi sur le terrain ?

Il y a de la pollution à Pékin. La Chine ne peut pas produire tout ce qui se vend dans le monde et avoir un environnement non pollué. Mais il est arrivé plusieurs fois cet hiver que Paris ait des taux de pollution supérieurs à Pékin.

Pour les Monde et le saut à la perche l’impact ne devrait pas se sentir. Pour le marathon cela devrait être moins évident à gérer surtout s’il fait très chaud et humide.

La catastrophe qui s’est produite à Tianjin ne devrait pas se sentir sur Pékin. En tout cas rien ne s’est senti ici cette semaine.

L'entrainement en demi-fond par Fodil Dehiba : Partie 2

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Écrit par Ivan Moreau   
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Bonjour Fodil, nous poursuivons l'échange que nous avons eu dans un entretien précédent où tu évoquais ton expérience du haut niveau par l'accompagnement de ta femme Hind (à retrouver ici), mais pas seulement... Penses tu qu'il y a une méthode et des bases qui seraient spécifiques à cette pratique à haut niveau ?

Non bien sûr par le simple fait qu'il y a tellement de contre-exemples d'athlètes ayant réussis différemment, que je peux seulement dire que l’entraînement ne peut pas être complètement compris d'un bloc, et qu’il n’y pas une, mais mille méthodes. Ceux qui pensent le contraire se trompent.

A ce sujet et pour être concret , en France on a eu par exemple nos vieux dinosaures de l'entraînement qui ont eu du mal à évoluer car nous avons rencontré dans les années 1990 un changement radical dans l’entraînement des ½ fondeurs venu de l’apport des athlètes maghrébins naturalisés. Ce qui a quelque peu battu en brèche certaines certitudes jusqu'alors bien établies en France.

C'est un peu polémique comme propos non ? Tu peux étayer ou développer ton propos?

Oui, en effet c'est un peu polémique mais de mes échanges avec certains athlètes étrangers hommes et femmes arrivés en France à ce moment là j'ai pu entendre qu'ils n'avaient pas été compris dans leurs habitudes d'entraînement par les cadres techniques français. Par exemple certains de ces cadres n’avaient pas l'habitude d’aller en stage à l’étranger et ne connaissaient que Font Romeu comme site d’entraînement en altitude et ce sans chercher à comprendre l'intérêt d'autres sites. Pour moi ça et pour être clair ca pointe du doigt un système relativement consanguin et qui ne cherchait pas à évoluer. Il y a eu ainsi une période compliquée pour ces athlètes naturalisés pourtant pour beaucoup ensuite, et d'excellent coureurs comme Ismaël Sghir, Hassan Lassini, ou Driss Mazouzi ont eu beaucoup de mal à être compris dans leur méthode de travail, axé sur un gros travail foncier, de musculation et d’altitude. De plus comme ces coureurs avaient la possibilité d’être bons sur plusieurs distances, ça a été un choc pour beaucoup et seulement quelques entraîneurs ont su s’adapter comme Philippe Dupont qui a eu des résultats avec l’Algérien Ali Saïd Sief (Vice Champion Olympique en 2000 sur 5000m avec des chronos à 3’29’’ sur 1500, 7’24’’ sur 3000m et 12’49’’ sur 5000m). D'autres sont restés reclus et ne se sont pas assez ouverts même si quelqu'un comme Jean Michel Dirringer a ouvert une porte en évoluant sur sa conception de l’entraînement en l'apportant à Medhi Baala très jeune avec la réussite qu'on lui connaît.

Ok mais toi dans tout ça, comment as tu fait ce constat dans ta pratique propre de l'entraînement ?

J’étais un jeune athlète à l’époque et j’ai pu accompagner et partager des entraînement avec ces athlètes (loin derrière cependant) et j’ai vu de l’intérieur que leurs programmations étaient pertinentes, bien calculée, pesée, millimétrée … j’ai donc naturellement adhéré à cette méthode. C'était quelque part le fruit de l'école Marocaine, dont Saïd Aouita a été le précurseur, et tous ces athlètes ont évolué avec ces principes de base de l’entraînement. Parmi ceux là, un m'a particulièrement marqué en la personne de Driss Mazouzi, athlète de Haut niveau mondial faut il le rappeler (Champion du Monde Indoor sur 1500m et Médaillé de Bronze au Mondiaux 2001) car lui en plus n'avait pas d'entraîneur ! Aujourd’hui encore ça reste pour moi un exemple, car il avait compris tout l'entraînement et il savait aussi écouter son corps. Je déplore d'ailleurs qu'après sa carrière de coureur, on ne lui a pas donné sa chance, alors qu’il avait tellement à apporter à la discipline en France.

C'est a dire... On lui a mis des bâtons dans les roues ?

Disons qu'on ne l’a pas aidé à passer des diplômes professionnels, et qu'au contraire on s’est « arrangé » pour qu’il reste un peu à l’écart de ces process de validation... un beau gachis !

Maintenant tous les entraîneurs Français de Haut Niveau ont reçu cette influence car ils ont du s’adapter, certains ont résisté mais au bout d’un moment les athlètes ont pris le pas sur ces entraîneurs, car ils avaient compris qu’ils leur manquaient quelques choses pour rivaliser avec le niveau international. Même Bruno Gager, qui ne prescrivait jamais un footing de plus de 30minutes pour les coureurs de 800m a du revoir sa copie au fil du temps, souvent sur insistance des athlètes en plus. Mais l'essentiel n'est pas là car maintenant il a selon moi davantage d’armes pour exploiter ses excellentes compétences techniques par ailleurs. On le voit bien avec Pierre Ambroise Bosse aujourd'hui...

Tu dis que les entraîneurs en général se sont adaptés. Mais comment donc alors ?

Les entraîneurs sont devenus demandeurs d’expériences à l’étranger, ils sont allés en stage aux USA, au Kenya, au Maroc, en Ethiopie ou en Afrique de sud. Et là sur les sites ils ont rencontrés d’autres pratiques et visions de l’entraînement, ils ont pu et peuvent encore échanger, c’est la mondialisation. Moi J’ai eu la chance de faire cela jeune à la fin des années 1990, c’est même comme cela que j’ai rencontré mon épouse !

Au delà de ces constats sur cette pratique d'excellence à l'age adulte quels sont alors les incontournables pour avoir un demi-fondeur opérationnel pour cette entrée dans le haut niveau en demi-fond ?

Sur ce point, je pense qu’un athlète qui aura énormément travaillé sa VMA et son foncier (grâce au football par exemple, à la natation ou au cyclisme etc..) avant la puberté , c'est a dire en moyenne entre 13 et 17 ans, car il existe un décalage entre fille et garçon, aura plus de chance de faire une longue carrière s'il atteint le Haut niveau en ce sens que pour performer, il n'aura pas besoin d’attendre 30 ans et un certain volume de travail comme c'est encore le cas en France .

C’est la première clef de la réussite. Un autre point me parait intéressant, c’est le développement des qualités neuromotrices. Ainsi un enfant (entre 4 et 10 ans) qui aura pratiqué un sport tonique très jeune, pourrait être mieux disposé a faire plus du Haut Niveau plus tard, car cette acquis reste à vie et il se développe très facilement chez les enfants. Des sports comme le Taekwondo, le Karaté, la gym, le patinage artistique ou simplement la corde a sauter ou l’élastique dans les cours de récréations permettent, en s’amusant, de développer un réseau neuromoteur qui va capter plus de fibres musculaires en en améliorant notamment l'efficience et la rapidité d'exécution. Ce développement me paraît en tout cas essentiel pour faire une belle carrière de Haut Niveau en ½ fond.

Effectivement mais on en est parfois assez loin et sans trop de maîtrise dans la formation de ces athletes, au regard des parcours hasardeux de nombreux athlètes confirmés ?

C'est le problème, et il y a toujours un problème, c’est qu’il est impossible de préparer à coup sûr actuellement en France un athlète aussi tôt. Ce sont uniquement les circonstances de la vie qui peuvent amener un jeune adolescent sur le stade. Si par chance, il a pratiqué des sports ou eu une hygiène de vie qui ont développé ces qualités (sur un patrimoine génétique prédisposé qui plus est) alors on peut avoir un diamant brut susceptible d’aller à très Haut niveau.

La chose à faire aussi est peut être d'aider ce jeune à se forger un mental de guerrier.

C'est facile et presque inné chez certains comme un Mahiedine Mekhissi ou ma femme Hind et ça leur donne toute la détermination nécessaire pour un entraînement sans concession. Mais a contrario quand tu as un jeune talentueux qui n’a pas cette hargne, c'est plus dur car il ne faut pas oublier que l'athlétisme est une école de la vie et c’est ceux qui ont le plus faim qui réussissent le plus souvent. Notre difficulté d'entraîneur sera alors de les aider à canaliser cette énergie et ça, aucun bouquin ne pourra nous l’apprendre. On se cassera les dents autant de fois qu’il le faudra pour comprendre comment le gérer. Car chaque individu est unique et on doit tout recommencer à zéro à chaque fois. C’est ce que j’aime le plus dans le sport.

Revenons en au haut niveau... Beaucoup de demi-fondeurs passent plus de temps à l'étranger en altitude que chez eux. Est ce néanmoins nécessaire ? Faut il une grande maîtrise du processus d'entraînement en altitude pour cela ?

Je le pense. J'ai tenté beaucoup de formule d’entraînement en altitude possibles et il y en a deux qui me sont apparues comme efficaces et... réalisables. Là-dessus, on est plusieurs à avoir fait ce même constat car pour en avoir parlé avec Philippe Dupont il y a quelques années, on a compris que des stages longs avaient des inconvénients. Ils sont très difficiles à assimiler au niveau de la récupération post-stage. Ils augmentent les risques de blessures à cause de la déshydratation qui y est plus prononcé (problèmes de tendinites récurrentes par exemple) et sur la durée ils entraînent aussi une perte de la masse musculaire.

Pour moi , La durée moyenne de 19 à 22 jours avec la technique du« High-High » (vivre-dormir et s’entraîner en altitude) reste le dispositif le plus efficace, mais à condition de renouveler cela plusieurs fois dans la saison, en espaçant les sessions en altitude d’un délai de 8 à 15 jours au niveau de la mer.

Si on fait bien attention à respecter ce principe, on voit les résultats très vite.

Après, la technique du High-Low elle (dormir en altitude et s’entraîner au niveau de la mer) est censée être plus efficace en absolu, mais peu de site dans le monde permettent d’éviter de long trajet journalier en voiture pour redescendre au niveau de mer en soirée. En théorie c’est mieux, mais difficilement réalisable car trop contraignant.

Ce qui fait que par exemple sur la base de la première méthode , nous avions ainsi avec Hind un pied à terre à Rabat (Niveau de la Mer) à 2 heures de route d’Ifrane (Altitude 1700 mètres), pour nous permettre de monter et descendre d’altitude toute les 3 semaines sans faire trop de dépenses et ainsi pouvoir faire un travail de qualité et de foncier très efficace.

Et cela n'est pas possible en France ? Avec le site de Font Romeu par exemple ?

En France on pourrait faire cela en habitant dans le sud Ouest ou près de Perpignan. Mais la neige l'hiver ne rend cela possible que l’été. C'est pour cela que l'hiver on va devoir rechercher de bonnes conditions climatiques sur le plateau du Nouveau Mexique, la vallée du Rift, l’Atlas voir Ténérife pour certains. C'est l'avantage de ces sites que de permettre cela toute l'année.

Et la tente à Hypoxie ?

La tente à Hypoxie est aussi un outil que l’on peut greffer sur l’entraînement. Plusieurs athlètes de l’équipe de France utilisent cette technique ou celle des chambres à Hypoxie (Prémanon, Insep, Doha etc...). Là pour ce qui me concerne, je suis allé à la pêche aux infos vers les cyclistes et les skieurs de fond et biathlètes. J’ai commencé en 2012 à travailler avec ces méthodes en Very High-Low (dormir à 3000m en tente à Hypoxie, vivre et s’entraîner au niveau de la mer, mot que j’ai « inventé »pour expliquer la méthode) mais aussi en Very High-High (dormir en tente Hypoxique à 3000m mais vivre et s’entraîner à 1700m). Mais pour être honnête j'ai mis 3 ans de recherche et surtout de réflexion avant de l’utiliser. Et dans mes contacts, j’ai eu quand même du mal à faire accepter l'idée de la tente aux anciens, car ils sont plus méfiants par rapport à la nouveauté, aussi je la recommande d'abord aux jeunes athlètes de 20 ans. Dans la pratique d'ailleurs le prix moyen d'une tente étant de 6000 euros, il vaut mieux en acheter une au début de sa carrière, ça en amorti le coût d'autant, avec l’aide de la Préparation Olympique par exemple pour ceux qui le peuvent.

Mais bien entendu, il est aussi important de rappeler que cet outil permet aussi de résoudre les problèmes de calendrier à l’approche des compétitions importantes lorsque l’athlète ne peut pas monter en altitude et qu’il doit enchaîner des compétitions. L’apport de cet outil permet ainsi de gagner en moyenne 4% en hématocrite, ce qui se ressent forcément au niveau de la performance.

Ca devient fin et poussé comme approche. Il n'y a pas de risque de se planter notamment lorsque l'échéance compétitive est là toute proche ?

Là aussi il faut écouter son corps, et y aller progressivement pour trouver son altitude idéale et celle que ne pénalisera pas le sportif. C'est une question de précaution mais aussi de bon sens dans l’intérêt de l'athlete et de ses performances. Je vous propose un tableau explicatif (ICI) qui s'inspire pour la partie verte de la thèse de Doctorat de Laurent Schmitt, un des rares doctorant en France à s'être penché sur cette étude de l’Hypoxie .

Pour compléter la partie droite rosée du document est une suggestion constatée et discutée avec des amis entraîneurs sur plusieurs athlètes de niveau International. Ca reste une suggestion car ces observations n'ont pu être faites que sur un nombre restreint d'athlètes ayant eu accès a ces méthodes... personne n'ayant encore compilé les données et croisé les résultats des Athlètes, Nageurs, Skieurs et Cyclistes adeptes de cette pratique.

Effectivement. Une dernière question sur l'échange des expériences… Tu évoques beaucoup de relations de circonstances en stage et sans doute aussi en compétition mais dans quelle mesure serais tu intéressés par des retours et échange avec d'autres entraîneurs, via l'AEFA, la fédération ou d'autres réseaux plus modernes (facebook etc) ?

Je suis déjà intervenu dans la revue de l'AEFA en septembre 2010, après le succès des Championnats d’Europe de Barcelone dont Hind faisait partie et je l'accepterai de nouveau de bon cœur si on me le proposait. Après régulièrement je suis contacté par email, téléphone ou via les réseaux sociaux pour des questions spécifiques liés à l’entraînement, et je ne manque jamais d’y répondre. Même sur Facebook. Mais cela est peut être insuffisant... Enfin je le pense.

Claire Perraux : "la concurrence c'est bien"

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Écrit par Ivan Moreau   
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Bonjour Claire et merci pour cette interview dans ces circonstances d’arrêt de saison pour toi. Tout d’abord comment va ta blessure ? De quoi s’agit il exactement ?
 
C’est une fissure du 4ème métatarse du pied droit. Cela nécessite 6 semaines d’immobilisation minimum (sans courir) et c’est pour l’instant le seul protocole à suivre avant de se prononcer sur la guérison de la blessure.
 
Tu arrêtes donc ta saison en ayant tiré une croix sur les France Elite ainsi qu’une qualification aux mondiaux de Pékin. Envisages-tu quelques compétitions fin août début septembre pour autant ?
 
Non, pour l’instant ces 6 semaines d’immobilisation vont m’empêcher tout entretien de ma condition physique alors je n’ai pas de projet de reprise rapide et encore moins de compétitions, d’autant que j’ai accumulé pas mal de petits soucis physiques cette année avec l’émergence de problèmes d’asthme depuis ce printemps. Je dois aussi régler cela dans la période et comme les rendez vous avec les pneumologues ne s’obtiennent pas tout de suite c’est aussi un sujet à traiter avec patience.
 
Claire PERRAUX Halluin 2015
 
On te retrouve donc avec un bilan mitigé pour cette saison 2015. Ce problème de microfissure et le steeple sont ils liés selon toi ? N’est ce pas un frein pour continuer sur cette discipline traumatisante ?
 
Non j’aime le steeple et je me suis employée à progresser pas à pas sur les questions techniques de cette discipline. Du travail en séance qui me plait bien et que j’assimile progressivement (comme le passage de la rivière des deux pieds) et ce depuis mon premier essai sur les barrières il y a 4 ans. C’est aussi mon projet pour 2016 que de ma qualifier pour les Jeux Olympiques sur cette distance alors je vais bien sûr prolonger mes efforts pour essayer d’y parvenir !
 
Des JO qui sont un peu le graal de beaucoup d’athlètes. Pour ce qui te concerne cela s’accompagnera t’il d’autres objectifs comme les Europe de cross en France par exemple ?
 
Je ne sais pas encore, cela dépendra de ma reprise, mais l’année prochaine ce sera d’abord tout pour les JO. Les minimas ne sont pas encore connus mais on doit pouvoir les envisager autour des 9’30’’ au vu des 9’36’’ exigés cette année pour les mondiaux. J’espère en être, et ce sera en tout cas vers avec cet objectif principal en ligne de mire que ma préparation se fera.
 
On a vu de bons résultats des françaises sur steeple aux Europe des -23 ans le week-end dernier (2e et 3e avec des records personnels battus). Cette relève, tu la vois arriver comment ?
 
Ben positivement. C’est de la concurrence mais elle est la bienvenue pour pouvoir avoir des courses de bon niveau en France et atteindre un niveau chronométrique meilleur pour toutes.
 
Sincerement ?
 
Oui bien sûr.  Cette année  le meeting de Montreuil a par exemple annulé son épreuve du steeple, ça a fait une course de moins pour aller chercher les minimas pour les mondiaux. C’est un vrai problème de trouver les bonnes courses en France alors que l’on s’entraine bien et j’ai déjà raté une qualification aux Europe pour 1’’ en 2012 à défaut d’avoir pu concrétiser mon état de forme dans la bonne course le bon jour. Alors oui la concurrence c’est bien .
 
Tres bien. Et niveau entrainement ton registre d’excellente coureuse de cross ne t’incite t’il pas à essayer un 5000 à l’avenir ?
 
Ce n’est pas dans mes plans. En essayer un pourquoi pas un jour mais là c’est le steeple où j’ai envie de concrétiser et valider mes progrès entrevus cet hiver dans le domaine foncier.
 
Une petite question sur tes conditions d’entrainements. Tu t’entraines avec ton mari Bastien, à Décines. Pas trop esseulée pour le coup ?
 
Non, car c’est avec un groupe d’athlètes masculins de bons niveaux où la bonne ambiance et l’émulation fonctionnent plutôt bien. J’y trouve mon compte et j’ai la chance d’avoir un entraineur qui me connaît très bien aussi et avec qui nous fonctionnons en pleine confiance forcément.
 
Et par rapport à ton club de la SCO Sainte Marguerite, quel est le moteur de cette collaboration et n’y a t’il pas de difficultés a gérer ton appartenance à un groupe ici à Décines?
 
Tout d’abord il faut aussi préciser que je travaille chez Lee ingénierie un bureau d’études de VINCI Energies à Rillieux  c'est-à-dire dans la banlieue Lyonnaise. Ensuite je suis à la SCO pour répondre aux conditions de collaboration que nous nous sommes donnés avec ce club. A savoir que lorsque j’ai commencé à m’entrainer en allant dans une structure nouvelle montée par mon mari en Alsace, très vite la question du financement d’un groupe s’est posée. Notamment pour aller en stage au Kenya et en Afrique du sud. Là quand nous y allons (avec Bastien qui plus est)  c’est un budget et le soutien financier de la SCO m’est très précieux. En contrepartie je fais bien sûr les compétitions importantes pour mon club et cela fonctionne plutôt bien dans cette approche du haut niveau.
Je tiens à remercier la SCO pour son soutien, le DMA (club de Décines) pour son accueil au quotidien, ainsi que mes partenaires qui m’accompagnent dans mon projet olympique : New Balance, Terre de Running.
 
C’est très clair. Merci. Il ne me reste donc qu’a te souhaiter une bonne convalescence en attendant une reprise pour une bonne saison 2016 olympique !

Romain Collenot-Spriet : "J'ai envie de me concentrer sur ma pratique"

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Écrit par Ivan Moreau   
Catégorie : Actu
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Bonjour Romain, et merci pour cet interview pour Culture Athle
 
Tu t'es exprimé sur ta page Facebook concernant un bilan de ta saison et ton investissement à venir dans le haut niveau... Nous revenons avec toi sur ces propos.
Tout d'abord à l'heure de ce bilan, ta saison 2014-2015 est-elle terminée ?
 
Non cette saison va se terminer par les France Elite sur 3000 steeple. J'ai décidé de les faire et d'aller jusque là malgré un saison estivale où j'ai couru avec un retard de préparation pour des resultats décevants mais logiques. Alors je vais aller jusqu'a ces France avant de me projeter sur la prochaine saison.
 
La prochaine saison, que tu annonces donc avec de nouvelles résolutions. Peux tu nous expliquer pourquoi ?
C'est asssez simple j'ai fait le constat que l'athlétisme de haut niveau était tres exigeant en terme de préparation et d'investissement global. Jusqu'ici je n'ai pas pu avoir cet investissement, en raison de mes études plutôt prenantes et chronophages, sans compter l'énergie qu'elles demandent. J'ai accumulé aussi un sentiment de frustration vis à vis de performances douteuses ou de fort soupçon d'un dopage présent dans le haut niveau. Alors je ne veux pas rester sur cette impression et je veux me donner les moyens de réaliser une très bonne saison 2016.
 
Tu vas donc t'organiser davantage ? Alléger déjà tes études ou les mettre de côté peut-être ?
Je vais bénéficier d'amenagement par l'intermédiaire d'un dispositif RSE que je vais activer la rentrée prochaine. Mes études seront donc effectivement plus légères pendant cette période et celà me donnera plus de temps pour m'entrainer.
 
Pour t'entrainer... Est-ce à dire que tu ne t'entrainais pas jusqu'ici ?
Non bien sûr que je m'entrainais et plutôt avec détermination mais je disposais de peu de temps pour programmer de grandes phases d'entrainement. De la même façon j'ai eu tres peu de temps consacré aux soins kiné ou à la récupération et celà m'a fait des saisons très denses pour arriver à combiner quand même mes calendriers d'athlète et d'étudiant à plein temps.
 
Et y aura t'il d'autres changements ?
Oui et je suis actuellement en pleine réflexion pour pouvoir partir sur des bases saines et nouvelles. Niveau entraineur par exemple, compte tenu de l'éloignement d'avec mon entraineur Cyrille Nivault la semaine où j'étudie à Tours alors que lui est sur Blois, je vais m'adjoindre un nouvel entraineur en la personne de François Tomal, qui sera plus au quotidien aupres de moi pour me suivre sur mes séances à Tours et m'apporter son regard d'entraineur en direct. C'est important pour moi d'avoir cette relation car quand on s'entraine seul trop souvent, les séances sont parfois plus usantes psychologiquement aussi.
 
Ta collaboration avec Cyrille prendra donc fin à la rentrée prochaine?
Non plus. En fait je vais chercher à avoir trois entraineurs qui satisferont des besoins différents. François par sa présence au quotidien et dont je sais qu'elle me sera profitable. Cyrille par tout ce qu'il sait de moi depuis mes débuts à ses côtés et un troisième entraineur dont je recherche encore le profil idéal (connaissance du haut niveau, recul et expérience) pour avoir ce troisième regard plus expert et détaché.
 
Cet expert que peux t'il apporter selon toi ?
Qaund on avance dans une carrière on doit évoluer. Prendre des decisions et les appliquer. Recourir a quelqu'un qui sait est le meilleur moyen de ne pas faire d'erreur comme j'ai pu en faire par le passé en gérant par exemple assez mal mon premier stage en altitude il y a 2 saisons. C'est du détail mais je pense que celà peut m'être tres profitable.
 
C'est intéressant. Et qui sera l'entraineur principal... celui qui décidera des orientations à prendre ?
Ce sera une collaboration à quatre et on se réunira dans un premier temps pour bien en fixer les bases avant le début de la saison. J'ai envie de me concentrer sur ma pratique aussi c'est important que celà soit bien stabilisé pour que chacun des trois entraineurs sache ce qu'il pourra m'apporter en complément des deux autres.
 
Ca suppose aussi beaucoup d'échanges entre eux et avec toi. Tu vois celà comment ?
Je crois que celà devra coller à mes planifications d'entrainements. Ca peut fonctionner par exemple sur des périodes de 2 semaines par 2 semaines, avec à la fin de chacune une discussion entre les trois coachs. Et ainsi de suite pour adapter et optimiser chacune des périodes d'entrainement suivantes.
Après également, tout au long des semaines bien évidemment le contact sera important et continu.
 
Parlons donc de ces bases. En une année olympique, l'objectif est il clairement d'aller aux JO ?
L'objectif est d'essayer d'y parvenir sans avoir de regret. L'objectif est du coup de me faire une programmation de saison en ce sens sans me disperser pour pouvoir réaliser de grosses périodes de travail que je n'ai pas faites si souvent jusqu'ici. Des stages sur 3 semaines je sais faire. De longues préparations, un peu moins alors c'est un peu là qu'est l'objectif premier aujourd'hui au delà du résultat espéré ou envisageable du moins.
 
On te verra peu en compétition alors ? Un peu moins qu'a l'accoutumée ?
Oui c'est celà. Dans l'idéal j'ai envie d'engager une grosse période d'entrainement sans compétition avec pour objectif de valider ce premier travail en janvier 2015 sur 10km à la Prom'Classic à Nice, puis en réalisant un 1500 et un 3000 en indoor. Ce sur une courte période de compétition où je pourrai (je l'espere) valider les premiers effets de mon nouveau fonctionnement. Ensuite il faudra retravailler sur un autre cycle long pour arriver au meilleur de ma forme sur la saison estivale...
 
On ne te verra pas donc aux cross automnaux comme souvent pourtant ces dernières saisons ?
Oui en principe. Ils ne sont en tout cas pas dans mon projet car je me répète, mais je ne veux plus me disperser. Depuis des saisons cette période automnale est trop dense pour moi, j'y ai laissé pas mal de jus chaque année en voulant le plus souvent aller aux championnats d'Europe de cross depuis mes années juniors.
 
C'est quand même dommage l'année des europe de cross en France non ?
Oui mais en plus je ne serai plus espoir l'an prochain donc ça devrait plutôt bien tomber pour ne pas être "tenté" par une sélection.
 
Revenons sur ta saison , on t'aura vu sur le podium cet hiver aux France de cross (court) . C'était plutôt bien parti pour ta saison. Pourquoi n'as tu pas été plus performant ensuite ce printemps selon toi ?
Parce que cet hiver, aux France, j'ai surtout sauvé les meubles. J'avais déjà eu des trous dans ma préparation avant ça (decembre 2014) et cette place aux France je l'ai obtenu sur un mode réactif avec trois bonnes semaines d'entrainement avant l'échéance. De fait il me manquait beaucoup de travail foncier cette saison et je l'ai payé cash au printemps où j'ai en plus essayé de rattrapper le retard dans la période pré-compétitive où normalement j'aurai du baisser le pied. Bref des erreurs que je ne souhaite plus reproduire.
 
Tu évoques aussi un plus grand investissement sur les à-côtés d'un athlete de haut niveau ? Vraiment ?
Oui vraiment. Niveau soins kiné ca a toujours été le strict minimum pour moi, par manque de temps et par manque de vision du bénéfice que celà apporte a ceux qui vivent le haut niveau à 100%. J'ai aussi de gros efforts a faire niveau diététique et de la même manière que je vais solliciter un kine sur Tours pour des séances hebdomadaires, ja vais aussi m'adjoindre un diététicien qui m'aidera à me canalyser comme de ne pas aller au fast food deux fois dans la même semaine par exemple...
 
Et côté préparation mentale, tu n'envisages pas de travail particulier ?
Je n'y ai pas pensé pour l'instant mais ce n'est pas une piste inintéressante c'est vrai. L'idée de toute façon est d'être le mieux accompagné pour réussir ma saison 2016 !
 

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