Quand Guillaume Adam affole les chronos sur 1500m

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Omniprésente en Haute-Savoie, la course nature tend à monopoliser les manchettes, et par ricochet à réduire à la portion congrue les actions d’éclat qui émaillent l’athlétisme, qu’elles aient pour décor le stade ou la salle. Ce qui n’est pas la moindre des injustices, ne serait-ce que pour le haut niveau des prestations ou encore l’esthétisme de la discipline.

A bientôt 24 ans, le demi-fondeur Hassan Chadhi, sociétaire d’Arve Athlétisme Bonneville Pays Rochois, est naturellement le leader dans le département. Réalisés à Val-de-Reuil le 12 février dernier sur 3000m indoor, ses 7’56’’39 (N1), actuellement sixième performance nationale en 2013, sont là pour l’attester.

Encore moins éventées sont les prouesses qu’enchaîne un autre Haut-Savoyard qui vient d’avoir 23 ans : Guillaume Adam. Un athlète qui en réalité suit à vitesse grand V les traces de son glorieux aîné avec qui d’ailleurs il s’entraîne parfois dans l’agglomération lyonnaise où il bosse comme élève ingénieur dans la filière Génie Mécanique Développement, ayant rallié l’INSA à compter de 2008. Un athlète bien parti en effet pour intégrer dans un proche avenir le cénacle des meilleurs demi-fondeurs hexagonaux.

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La belle aventure continue pour la Bressane Carole Taponard

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LA BELLE AVENTURE CONTINUE POUR LA BRESSANE CAROLE TAPONARD A LA SUITE DE SA PROUESSE LORS DES INTERREGIONAUX CENTRE-EST DE CROSS-COUNTRY

L’Entente Athlétique Bressane (EAB) est en ébullition ! Alors que le nombre d’entichés de cross dans l’Ain dégringole à vitesse grand V, le prestigieux club burgien a l’immense bonheur de compter dans ses rangs une petite merveille qui ne cesse de surprendre tout son monde : la crosswoman et demi-fondeuse Carole Taponard, cadette 2ème année.

Bressane pur sucre pour avoir vu le jour à Viriat et grandi à Meillonnas, village de 1300 âmes situé sur les premiers contreforts du Revermont, Carole Taponard était, il y a un an encore, totalement inconnue dans le landerneau de la course à pied. Et pour cause, puisque cette ancienne karatéka jusqu’à l’année passée n’a étrenné véritablement les running qu’à compter de septembre 2011, et ce en ralliant la cohorte de l’EAB (1).

A l’occasion de la demi-finale des Championnats de France de cross-country, disputée le 10 février dernier en terre auvergnate à Riom, celle qui fêtera ses 17 printemps le 20 mars prochain aura été l’une des rares satisfactions dans le département. La championne de l’Ain en titre achèva en effet son escapade à une somptueuse 4ème place, synonyme bien évidemment de billet pour les France du 3 mars qui enflammeront la cité berrichonne de Lignières dans le Cher. Un fait d’armes qui ne pouvait que combler son mentor Daniel Paillard, responsable du demi-fond à l’EAB où il jouit d’une formidable aura (2).

 Carole Taponard avec son coach Daniel Paillard / Photo de  Serge Rapy, correspondant au « Progrès »

Pourtant, la virée n’aura pas été une sinécure, le parcours long de 3660m ayant été au préalable transformé en un épouvantable bourbier par les hordes de vétérans, imitées a posteriori par celles des minimes. Manquant de vitesse, elle laissera filer d’emblée le groupe de tête, se contentant des 9ème ou 10ème positions avant qu’elle n’accélère à 1km du but, grâce à son remarquable foncier doublé d’une forme étincelante, échouant donc au pied du podium. Franchissant la ligne en 14’38, elle ne concédera que 28’’ à la lauréate et future étoile AlixBranchflower, 17 ans le 16 mai prochain et revêtant les couleurs de l’Entente Sud Lyonnais.

Greffe réussie

A y regarder de près, son ascension est tout bonnement fulgurante. Ainsi, au regard de sa rivale rhodanienne, Carole gagne en un an 30’’ sur les Inter à La Tour-de-Salvagny (16ème en 17’42 pour Carole contre 4ème en 16’44 pour Alix), et 1’03 sur les France à La Roche-sur-Yon (73ème en 15’57 pour Carole contre 2ème en 14’26 pour Alix).

Au vu de son étonnant état de fraîcheur au terme de sa cavalcade, il est clair qu’elle avait le potentiel d’accrocher le podium qui lui tendait les bras. 8 et 15’’ la séparaient en effet des talentueuses Haut-Savoyardes, respectivement l’Annécienne Clémentine Chamot (née le 17 avril 1996) et l’Evianaise Clara Fantini (née le 25 octobre 1996). Comme principal enseignement, son entraîneur en tirera celui de bosser ses points faibles, en premier lieu sa vitesse. Car à l’heure actuelle, elle ne peut, non seulement entamer une compétition tambour battant, mais également sprinter victorieusement à l’arrivée.

Aussi, elle concourra cette saison un 800m et surtout quatre ou cinq 1500m, deux épreuves du demi-fond court où elle est loin d’exceller. Remontant à l’an passé, ses marques personnelles s’élèvent en effet à 2’30’’87 (R1) pour le 800 et 5’11’’62 (R2) pour le 1500. A titre de comparaison, Clémentine Chamot qui se classe donc 3ème à ces Inter détient un temps référence sur 1500m en 4’38’’64 (N4), un chrono à des années lumières de celui de Carole et datant pareillement de 2012.

Osmose parfaite

Elève à la fois disciplinée et mâture, parfaitement consciente de la tâche à accomplir pour continuer à progresser, cette ravissante jeune fille d’1m73 pour 57kg ne rechigne aucune des consignes et autres exhortations prodiguées par Daniel Paillard. Ultime exemple qui illustre ainsi la complicité qui l’unit à son formateur, sa prestation sur les Régionaux à Vénissieux, le 27 janvier. Victime d‘une grippe une semaine auparavant, elle ne prit le départ qu’à condition de cavaler tranquillement, sans jamais dépasser sa coéquipière Charlène Delhorme. Ce qu’elle fit sans barguigner, finissant 12ème en 14’46, soit un rang et une seconde devant elle !

Certain de sa qualification, son coach fit cependant exception pour les Interrégionaux où il décida de lui accorder une totale liberté, n’exerçant aucune pression sur elle. Simplement, il lui demanda de faire sa course comme elle le sentait en essayant de surprendre agréablement.

Carole Taponard au Cross National des Myriades à Saint-Priest / Photo de Bernard Suzat

Concernant l’apothéose de la saison de cross-country, il l’incitera à prendre des risques, concrètement à démarrer au quart de tour : « Dès le déclenchement des hostilités, Carole doit s’insérer dans les 20 premières si elle veut être à son avantage. Et je suis persuadé qu’elle ne quittera pas cette avant-garde, car une fois partie, Carole ne lâche jamais rien. Le top 20 ou au pis 30, car les places se jouent à la seconde près aux France, lui sera alors promis. » Et celui qui lui sert de guide d’ajouter : « A contrario, si elle se positionne loin derrière, entre les 20ème et 50ème rangs, elle subira l’épreuve et en conséquence ne pourra plus revenir. »

Voie dégotée

Daniel Paillard ne tarit pas d’éloges sur sa protégée : « Elle a un énorme potentiel à exploiter. J’en veux pour preuve les actions d’éclat qu’elle aura enchaînées alors qu’elle n’a seulement qu’une saison complète d’athlétisme dans les jambes. »

Le 19 février 2012, à l’occasion des Inter, dépourvue alors de la moindre expérience, elle se qualifiait ainsi pour les France de cross-country où elle s’appropriera la 73ème place sur quelques 295 classées. Puis sa performance réalisée le 6 juillet à Louhans sur 3000m (5ème en 11’00’8, R1) lui ouvrait les portes des Championnats de France cadets-juniors sur piste à Lens où elle terminait 16ème en 10’50’’97 (IR4), en l’occurrence son nouveau record personnel. Un double exploit qui achèvera de convaincre son coach de son avenir dans l’athlétisme : « Indubitablement, son profil physiologique est à l’avenant d’une coureuse de demi-fond long, opérant donc sur 3000 et 5000m. »

Si cette saison, la Bressane cherchera à gagner en vitesse en multipliant les 1500m, elle n’en oubliera pas autant sa discipline de prédilection qu’est le 3000m. Sans en faire autant que l’année dernière (quatre au total), elle répondra présent pour les Championnats de France jeunes qui se tiendront à Dijon du 19 au 21 juillet. Au préalable, il lui faudra intégrer le top 24 du 3000m hexagonal chez les cadettes. Sans entraves, elle devrait y parvenir, d’autant plus qu’elle visera les 10’40.

Douée, rigoureuse, passionnée, ambitieuse, déterminée, telle est Carole Taponard. A n’en pas douter, cette perle rare n’a pas fini de faire perdre la tête à son entourage sportif et familial ainsi qu’à ses aficionados, de plus en plus nombreux au fil de ses prouesses !

François Vanlaton

 

(1) En réalité, CaroleTaponard avait déjà épinglé le dossard le 8 mai 2011 à Cuvery-Retord sur le 4,6km du Cross des Jonquilles dévolu aux minimes. Unique fille, elle s’était classée 3ème au scratch en 25’09 sur quatre athlètes à l’arrivée.

(2) Daniel Paillard a ainsi formé Gaël Le Coz à l’Entente Athlétique Bressane et continue aujourd’hui de l’entraîner malgré son départ en septembre 2009 pour le club lorrain d’Athlétisme Metz Métropole. Rappelons que Gaël a été un grand spécialiste du 1500m avec une marque personnelle établie le 25 juin 2010 en 3’39’’96 (N1), soit la 11ème meilleure performance hexagonale cette année-là.
Désormais, âgé de 29 ans, le Messin d’adoption s’adonne au demi-fond long. Ses temps étalon, accomplis en 2012, sont les suivants : 8’10’’99 sur 3000m (N3) et 13’55’’88 sur 5000m (N2).

Fiche FFA de Carole Taponard

Vidéo du 1500m des championnats de France Elite en salle 2013

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Le 1500 mètres hommes a été l'une des courses phares des championnats de France Elite en salle 2013 à Aubière ! Simon Denissel remporte le titre dans le temps canon de 3'38''42, synonyme de minima pour les championnats d'Europe en salle (fixés à 3'40''50). Benjamin Pires (3'43''19) et Bryan Cantero (3'44''01) complètent le podium. Ce 1500 mètres ayant été l'une des seules courses non diffusées sur Canal+, Culture Athle vous propose de revivre cette course en exclusivité !

 

Résultats Finale 1500m
1 3'38''42 DENISSEL Simon Lille Metropole Athletisme*
2 3'43''19 PIRES Benjamin Ac Cauffry-liancourt-rant-laig
3 3'44''01 CANTERO Bryan As Aix-les-bains
4 3'45''97 MARTINET Antoine Efs Reims A. *
5 3'46''61 ADAM Guillaume Athle St Julien 74
6 3'48''53 CATTIN MASSON Thomas As Aix-les-bains
7 3'48''86 URRUTY Pierre Athle Sud 77*
8 3'49''82 CALANDREAU Benoit Ea Centre Isere*
9 3'50''24 BOULEKOUANE Sofiane Ac Ondaine Firminy
10 3'51''72 JOLIVET Jeremy Clermont Athletisme Auvergne *
11 3'56''36 MANDOUR Abdelkbir Amiens Uc
- AB MAHMOUDI Abdelkader Lille Metropole Athletisme*

 

L’irresistible ascension de Guy-Noel Rouania

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L’IRRESISTIBLE ASCENSION DE GUY-NOEL ROUANIA APRES SES COUPS DE GENIE SUR 10KM ET EN CROSS-COUNTRY A L’OREE DE 2013

Dépourvu d’expérience sur terrain gras, Guy-Noël Rouania ne s’en est pas moins lancé, à l’entame de cette Nouvelle Année, dans la palpitante aventure du cross-country. Dans l’optique, à la fois de préparer ses disciplines de prédilection (800m, 1500m et 10km), et de qualifier son club du Lyon Athlétisme aux Championnats de France qui se disputeront le 3 mars dans le Cher, précisément à Lignières-en-Berry.

Résultats des courses ? Une somptueuse seconde place sur la courte distance aux Championnats du Rhône le 13 janvier à Belleville-sur-Saône. Puis deux semaines plus tard, une performance de même acabit aux Régionaux rhônalpins dans le parc de Parilly à Vénissieux, cette fois-ci sur le long, qui le verra finir 12ème dans un contexte extrêmement relevé. Bref, deux authentiques faits d’armes dont Guy-Noël Rouania sera le premier surpris et qui, indubitablement, attestent bien de l’étendue de ses qualités athlétiques.

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Les trente glorieuses de l'Athlé Saint-Julien 74

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Lors des Championnats de France d’Ekiden concourus le 3 juin 2006 aux Pennes Mirabeau (Bouches-du-Rhône), les femmes de l’Athlé Saint-Julien 74 recueilleront l’argent après avoir avalé les 42km195 en 2h42’14.

Porté sur les font baptismaux en 1982, le club d’athlétisme de Saint-Julien-en-Genevois aura connu une exceptionnelle croissance en raflant une kyrielle de titres. Trente plus tard, ses ambitions demeurent intactes. 

En février 1982, Claude Chypre et Gérard Reix mirent leurs idées en commun en vue de la création d’un club d’athlétisme à Saint-Julien-en-Genevois. C’est dans le cadre de la Maison des Jeunes et de la Culture (MJC) que cette escouade vit le jour.
Le 26 avril 1982, celle-ci s’affilia à la Fédération Française d’Athlétisme sous l’appellation « Athlétisme MJC Saint-Julien », devenant alors le dixième club du département avec dix licenciés, le comité directeur se composant des personnalités suivantes : Gérard Reix président ; Jacqueline Breton, secrétaire ; Claude Chypre, trésorier ; Jean-Pierre Heritier, conseiller sportif ; Michel Gazeau, conseiller pédagogique ; enfin, Pierre Duret, conseiller médical.
Deux ans durant, la formation des bords de l’Aire connaîtra une période charnière. Suite à un rapprochement avec Annecy, elle se transmuera en 1995 en simple section du réputé Annecy Haute-Savoie Athlétisme (AHSA). Répondant au souhait de la plupart des athlètes désireux de porter la tunique de la cité frontalière lors des compétitions, la décision fut prise en 1997 de rompre le cordon avec la préfecture haut-savoyarde. Et ainsi de donner naissance à un authentique club indépendant tel que nous le connaissons aujourd’hui : l’Athlé St-Julien 74 (ASJ74).

Les femmes en leaders naturels

Très vite, « Saint-Ju » va être auréolé d’un prestige sans précédent en Haute-Savoie en se forgeant un extraordinaire palmarès, essentiellement chez les féminines qui vont jouer leur rôle d’avant-garde à la perfection.
Dès la première année, sous la présidence de Patrick Denys, les nanas décrochent leurs trois premières médailles par équipe lors d’un championnat de France féminin : l’or sur semi-marathon et course de montagne, l’argent sur 10km. En 1999, les « Jaunes et Bleus » orchestrent leur première manifestation : l’Ekiden des 4 Hameaux, disputé au stade de la Paguette à Saint-Julien. Deux ans plus tard, celui-ci accueillera les Championnats de France de la spécialité qui se solderont par le triomphe des Saint-Juliennoises, avec record à la clef en 2h32’25. De même, les féminines seront sacrées, toujours en 2001, championnes d’Europe du relais 4x1500m au Danemark.
Surgie seulement en 2007, la section Elite masculine de l’ASJ74 ne mettra pas longtemps pour s’illustrer. Un an après, elle décrochera sa première breloque, en l’occurrence l’argent, lors du Championnat de France par équipe en course de montagne.

 

Le 13 octobre 2012 à Vénissieux, les hommes de l’Athlé Saint-Julien 74 récoltent la médaille de bronze par équipe lors du championnat de France du 4x1500m, accomplissant un chrono de 15’45’’35.

Le tournant de 2008

En novembre 2008, Patrick Vukicevic, responsable à Saint-Julien de la compagnie d’assurance Allianz (ex-AGF), de même premier adjoint au conseil municipal de Valleiry, prend les commandes du beau navire qu’il assume toujours à l’heure actuelle. Cet homme, originaire de Mâcot-la-Plagne, ouvre ainsi une nouvelle ère marquée par une certaine stabilité qui tranche avec la succession effrénée de présidents depuis l’orée de la décennie 2000 : Dominique Pittet et Olivier Péton en 2000, Dominique Pittet seul en 2002, Jean-Luc Fries en 2004, enfin Claude Chypre en 2006.
Le Tarin ne se contente pas d’accumuler les années. Il se veut avant tout innovant. Dès son irruption, la Marche Nordique voit le jour, le club se dotant d’une section. En 2009, la sous-préfecture saint-juliennoise enregistrait le transfert du siège social du club au stade ultra-moderne de la Paguette.
Mais c’est surtout sur le plan des manifestations concoctées par l’ASJ 74 qu’il va asseoir son autorité. En 2009, l’Ekiden des 4 Hameaux, après voir disparu en 2003, faute de moyens financiers, renaît de ses cendres grâce au volontarisme de Patrick Thomas, une des figures de proue de Saint-Ju.
L’année suivante, deux nouvelles épreuves s’ajoutent à l’Ekiden : l’Ultra-Montée du Salève à Etrembières, qui n’a pas son pareil en France (maximum de montées sur 3,3km pour 660m de dénivelée dans un laps de temps de 6h avec descente en téléphérique) ; ensuite, la Vitam’Run à Neydens, organisée en synergie avec les responsables du renommé Vitam’Park à Neydens.

Profusion de sections…

L’image de club huppé qui colle à la peau de la formation frontalière est pourtant loin de refléter la réalité. Preuve en est l’existence de pas moins de trois sections au côté de celle regroupant les élitaires, qui au 31 août dernier n’excédait pas les 40 athlètes. Certes, celle-ci demeure la vitrine mais les trois autres maillons, essentiels, pour ne pas dire incontournables, sont le poumon du club, galvanisant sans relâche les troupes.
En premier lieu, la section Jeunes (85 membres au 31 août 2011) démontre l’ambition de Saint-Ju de former soi-même les futures étoiles, et ainsi d’éviter les recrutements hasardeux. Pareillement, la section Marche Nordique (51 membres au 31 août 2011), la dernière née, témoigne, outre de l’essor spectaculaire de cette récente discipline, que les randonneurs ont toute leur place. Enfin, la section Loisirs (82 membres au 31 août 2011) qui porte aux nues les sans-grades, traduisant ainsi la volonté des dirigeants de s’attirer la faveur de la masse, celle qui avant tout est là pour se faire plaisir.
Nonobstant cette hétérogénéité, l’ASJ 74 reste malgré tout un club où prévaut une stupéfiante symbiose. La plupart des jeunes, marcheurs, loisirs et autres élites ont en effet l’occasion de se côtoyer à l’entraînement grâce aux tranches d’heures similaires. Mais aussi lors des différentes compétitions en cavalant, en s’encourageant mutuellement ou en s’épaulant sur les plans médical et logistique. Autres lieux de confluence entre les quatre sections, les multiples manifestations festives que connaît Saint-Ju.
Mais ce n’est pas tout ! La philosophie de cette escouade repose encore sur le don de soi, symbolisé depuis 2009 par le versement de 50% des bénéfices engrangés par l’Ekiden des 4 Hameaux au Club Kiwanis Annemasse Genevois Salève venant en aide aux enfants autistes et défavorisés. Le 30 novembre dernier, celui-ci a ainsi remis un chèque de 3600 euros à l’association « Objectif Vaincre l’Autisme 74 » qui a ouvert, en juillet 2012 à Monnetier-Mornex pour le secteur annemassien, une nouvelle structure expérimentale de prise en charge des enfants et adolescents porteurs d’autisme. Dans la logique des choses, cette magnanimité incitera Saint-Ju, le 24 février dernier, à rallier sans l’ombre d’une hésitation, via ce marathon en relais de six, le Challenge des Cinq Soleils qui agrège à compter de 2011 cinq courses caritatives des Pays de Savoie.

 

Jeunes pousses, marcheurs, loisirs et élitaires réunis sur la même photo, attestant bien du caractère symbiotique de l’Athlé St-Julien 74.
 

… et d’adhérents

Dans ces conditions, nul ne sera surpris de voir les adhésions grimper en flèche depuis une douzaine d’années : 90 en 2000, 120 en 2005, 146 en 2006, 196 en 2007, 197 en 2008, 231 en 2009, 284 en 2010 et 301 en 2011. Le record sera d’ailleurs annihilé cette saison puisque on recensait déjà fin décembre quelques 292 pensionnaires, la section Jeunes explosant littéralement (131 « bleuets », un chiffre sans précédent). En tout cas, ces statistiques ne peuvent qu’attester du caractère hautement attractif de la formation phare du Genevois haut-savoyard.
En 2012, suite à un classement élaboré par la Fédération Française d’Athlétisme concernant le palmarès, l’ASJ 74 décroche le label cinq étoiles (sur six au maximum), soit la 20ème position des clubs nationaux, le troisième de la région et le premier du département.
Les quinze années qui se sont écoulées depuis son affranchissement d’AHSA auront ainsi été jalonnées par une myriade de prouesses aussi retentissantes les unes que les autres. Ce sont trois médailles que les hommes empocheront lors d’un championnat de France par équipe (deux en argent, une en bronze). Mais c’est sans commune mesure avec leurs pairs féminins qui en totaliseront 54 par équipe (23 or, 20 argent, 11 bronze) et 25 en individuel scratch senior (11 or, 7 argent, 6 bronze).

Constellation de stars

Les Jaunes et Bleus peuvent ainsi s’enorgueillir d’avoir compté dans leurs rangs d’authentiques icônes de l’athlétisme français, à l’image de :
- Joalsiae Llado, championne d’Europe de cross-country individuel et championne du Monde, toujours de cross-country, par équipe ; un record de France du 5000m en 15’11.
- Catherine Lallemand, championne d’Europe de course de montagne individuelle.
- Aurélie Coulaud, championne de France du 800m et du 1500m.
- Patricia Farget, championne de France individuel et vice-championne du Monde par équipe de course de montagne. C’est tout simplement l’athlète la plus titrée de l’Hexagone sur les Championnats de France par équipe avec 28 médailles.
- Karine Herry, septuple championne de France du 100km avec une marque personnelle en 7h42’36 ; une fois championne de France des 24h en portant son temps référence à 222,657 km.
- Aline Camboulives, double championne de France de marathon et une fois championne de France de course de montagne.
- Anne Docouto, 23 médailles sur les Championnats de France par équipe.
- Christiane Lacombe, 20ème aux Championnats du Monde du 100km.
Quant aux hommes, les récompenses ne sont pas du même calibre même si elles sont loin d’être anodines. Indubitablement, trois d’entre eux auront marqué de leur empreinte leur passage à Saint-Julien :
- Arnaud Fourdin, champion de France individuel et médaillé de bronze aux Mondiaux par équipe de course de montagne ; 18ème aux Championnats d’Europe de cross-country et vice-champion de France du 5000m.
- Pascal Dépret, champion de France du 25 km en 1h15’57 et vice-champion de France du 10000m.
- Jean François Bertron, membre de l’équipe de France de cross-country, temps étalon établi en 1h05’31 sur semi-marathon.
Trois décennies après son éclosion, l’Athlé Saint-Julien 74 est plus que jamais sur le devant de la scène. Son développement, en particulier au niveau des effectifs, est naturellement dans le viseur de l’équipe en place. Mais l’objectif prioritaire est bien de monter un collectif élite masculin tout aussi performant que son alter ego féminin, celui-là même qui aura porté au pinacle la tunique du club. Une tâche complexe, longue, âpre, mais nullement insurmontable au vu de la grande détermination de leurs dirigeants. En vérité, bien dans la lignée de sa formidable histoire qui l’aura transplanté au panthéon de l’athlétisme français.

Jérôme Brouard et François Vanlaton pour le compte de la page sport de la Haute-Savoie du « Dauphiné Libéré », en date du jeudi 20 décembre 2012.
Article majoré et entièrement refondu au regard de la version papier.


PALMARES DE L’ATHLE SAINT-JULIEN 74 DE 2007 A NOS JOURS :
Il figure sur le site Web du club

LIEN VERS « TRAIL-RUNNING EN PAYS DE SAVOIE / AIN »

Légende complète de la première photo :
Lors des Championnats de France d’Ekiden concourus le 3 juin 2006 aux Pennes Mirabeau (Bouches-du-Rhône), les femmes de l’Athlé Saint-Julien 74 recueilleront l’argent après avoir avalé les 42km195 en 2h42’14.

De gauche à droite, on reconnaît les six héroïnes :
- Coralie Subra, 1ère relayeuse en 19’41 sur 5km.
- La Franco-Suisse Astrid Schaffner, 3ème relayeuse en 18’21 sur 5km.
- La Portugaise Hélèna Da Costa, 6ème et dernière relayeuse en 28’10 sur 7,195km.
- La Franco-Portugaise Régine Castanheira, 5ème relayeuse en 19’29 sur 5km.
- La Franco-Australienne Corinne Roy, 2ème relayeuse en 38’41 sur 10km.
- La Franco-Suisse Patricia Farget, 4ème relayeuse en 37’52 sur 10km.
En quinze années, l’escouade féminine totalisera ainsi 54 médailles lors d’un championnat de France par équipe.

Légende complète de la deuxième photo :
Le 13 octobre 2012 à Vénissieux, les hommes de l’Athlé Saint-Julien 74 récoltent la médaille de bronze par équipe lors du championnat de France du 4x1500m, accomplissant un chrono de 15’45’’35.
Absolument rarissime pour ne pas être souligné, les masculins, 24 ans de moyenne d’âge, supplantent par la même occasion leurs coéquipières qui se contentent de la 6ème position en 19’52’’41. Simple parenthèse ou prémices d’une nouvelle ère ? Seul l’avenir le dira…
De gauche à droite, on discerne : le Suisse Pierre Fournier (2ème relayeur en 3’57), Alexandre Jodidio, l’athlète à la triple nationalité, américaine, néerlandaise et suisse (3ème relayeur en 3’56’50), Guillaume Adam (4ème relayeur en 3’50’’50) et son frère jumeau Romain (1er relayeur en 4’01’’50).