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Bonjour Damien, on a vu deux chinois en finale masculine à Londres cette année. Quel bilan personnel dresses-tu de cette compétition?

Bonjour Ivan, c’est un bon bilan niveau chiffre. Première fois pour la chine qu’il y avait 3 hommes et 3 femmes de qualifiés pour un championnat du monde (seuls les USA et la Chine l'ont fait cette année). Nous avons deux hommes en finale dont un qui fait 4eme et qui a pu goûter au plaisir de se battre pour une médaille. Je suis donc satisfait de ce bilan.

Mon gros regret cependant est que la fédération n’a pu envoyer que ces deux garçons à Londres, car en septembre se tiendront les jeux chinois pour lesquels les provinces n’ont pas voulu libérer les autres sauteurs pour Londres.

C'est a dire que les provinces privilégient ces jeux nationaux à la participation de leurs meilleurs athlètes aux championnats du monde?

Oui, les jeux chinois sont une compétition interne à la chine qui se passe tous les quatre ans. C’est la plus importante compétition pour les chinois et tout particulièrement pour les provinces. Les provinces étant les employeurs des athlètes, elles peuvent ainsi décider de ne pas laisser les athlètes participer à des compétitions de l’équipe nationale. Au final, nous avons raté une occasion d’aguerrir de nouveaux perchistes.

Très bien, et plus généralement quels ont été les autres points forts de cette saison pour toi ?

Cette année, j’ai pu travailler sur un groupe qui va pouvoir se construire sur la durée. En effet, juste après Rio, j’ai demandé a la fédération de ne plus avoir Changrui à temps plein dans le groupe. Il avait beaucoup trop de difficultés à vivre loin de sa famille, et nous avons mis en place une autre organisation pour lui permettre de mieux s’équilibrer (cela a marché vu qu’il finit 4eme a Londres avec un nouveau record de Chine à 5m82).

De cette réorganisation, j'ai ainsi pu construire le groupe autour de HUANG Bokai, qui est un très bon leader et montre la voie aux jeunes. Malheureusement il s’est fait une fracture de fatigue au pied et n’a pas pu montrer tout son potentiel, mais je pense que le travail de cette année va mettre une ou deux saisons à réellement porter ses fruits.

Ta collaboration avec les Chinois se prolonge donc la saison prochaine ? Auras tu des objectifs précis sans mondiaux estivaux l'année prochaine ?

Oui, elle se prolonge, j’ai signé un nouveau contrat pour la prochaine olympiade, donc en théorie je serai « chinois » encore pour trois ans. Pour l’année prochaine nous n’aurons « que » les jeux d’Asie, donc cela sera une année parfaite pour continuer à renforcer le groupe avec des jeunes et préparer ainsi au mieux les deux années suivantes qui nous amèneront directement sur Tokyo 2020.

Tu travailles maintenant depuis quatre saisons avec les meilleurs perchistes chinois . As tu évolué dans ton approche et organisation d'entraînement sur cette période ?

Depuis janvier 2014, j’ai beaucoup appris dans la gestion des spécificités chinoises. C’est une autre culture, une autre approche de l’entraînement et des relations humaines. J’ai mis deux ans pour vraiment comprendre leurs méthodes et leurs points faibles et j'ai effectivement pu adapter mon entraînement en fonction de ceux-ci.

Par exemple ?

Par exemple tous les athlètes chinois ont eu par le passé ou ont maintenant des problèmes de pied. Ce constat fait, j’ai dû beaucoup remanier mes exercices et mes plans d’entraînement en fonction de cette fragilité. De même, du fait qu’ils n’avaient pas de fessier et de contrôle de leur bassin, j’ai dû modifier la quasi-totalité des exercices que je proposais en musculation et orienter cela sur des exercices de puissance et de développement de l’activation des muscles autour du bassin.

J'ai aussi commencé une collaboration avec Yann Remondin sur la préparation physique et les prévention des blessures, il fait un travail fantastique et cela me permet aussi de prendre du recul et de lâcher aussi le groupe à une personne de confiance. Yann étant un ancien étudiant de Clermont Ferrand qui dès la fin de ses études a travaillé avec de nombreux perchistes et sprinters de Clermont, il baigne ainsi dans la culture perche et comprend totalement mes attentes en matière de préparation physique.

Tu évoques Clermont Ferrand. Entraînes tu ou conseilles-tu encore d'autres perchistes français ou étrangers?

J’ai beaucoup de contacts à travers le monde, beaucoup d’athlètes et de coachs me contactent pour un avis ou pour plus. J’ai eu tout l’hiver dernier un couple de portugais et les deux meilleurs espagnoles du moment qui sont venus s’intégrer au groupe. Mais en revanche je n'ai plus de français même si j’espère pouvoir encore aider des jeunes à Clermont.

En ta qualité d'entraîneur qu'observes-tu de notable dans la perche mondiale en général actuellement?

Au niveau mondial, chez les hommes je vois éclore une nouvelle génération qui devrait faire monter le niveau d’ici peu. Mondo Duplantis en est le parfait représentant. Il va leur falloir deux saisons mais cela devrait redonner un gros coup de fouet à la perche mondiale. Chez les filles la saison n’a pas été très intéressante, il manque une ou deux filles qui enflamment les concours.

Hormis Renaud, peu de concurrents internationaux ont semblé s'inscrire a plus haut niveau dans la durée ces dernières années? Reverra t'on Braz selon toi ? Kendricks est il le nouveau boss des prochaines années ? Qui vois-tu arriver rapidement à plus haut niveau dans la jeune génération?

Nous reverrons Braz, il faut lui laisser le temps de gérer la médaille, il vit sur deux continents, cela n’aide pas à gérer le sportif quand on est devenu un héros. De plus il y a eu beaucoup de problèmes dans son environnement proche, ce qui a du le chambouler. Il est doué et très jeune, il faut lui laisser le temps.

Kendricks est un sacré bonhomme, il est complètement atypique dans son mode de vie et dans son saut. c’est un mec adorable et super fair-play, je pense qu’il sait comment faire évoluer son saut et il progresse régulièrement tous les ans, aussi il n’y a pas de raisons pour que cela s’arrête pour lui.

Enfin dans les gars qui vont éclore il y a en tout premier Mondo (Duplantis) qui est plein de talents, il a sauté 5m90 cette saison à 17 ans et devrait continuer sa progression et faire beaucoup de mal les prochaines années.

Et côté français, même question . Axel Chapelle , Kevin Menaldo ou d'autres peuvent-ils prendre le relais de Renaud a terme a haut niveau mondial selon toi ?

Personne ne peut prendre le relais de Renaud. Et surtout personne ne doit chercher à le faire. Renaud a un palmarès monstrueux et il faut que les autres français arrivent à se créer leur propre histoire. Mais très probablement, la génération post-Renaud aura beaucoup de mal à exister, comme cela fut le cas après Jean Galfione. Pour le moment les médias et donc le public ne veulent que du Renaud... les lendemains de fêtes risquent d’être difficiles. Les gars ont du talent, mais ils risquent d’avoir du mal à exister et à être reconnus à leur juste valeur.

Côté féminin , c'est un peu en retrait depuis quelques saisons ? Tu vois des explications à cela ? Simple question de génération selon toi ou un vrai sujet féminin ?

L’explication chez les filles vient en mon sens de la retraite de nombreuses patronnes  qui ont dominé la discipline pendant quinze ans. Les petites jeunes doivent maintenant trouver leurs places et s’aguerrir. De plus la maturité chez les filles en saut à la perche arrive tard, les filles ont besoin d’une période pour se poser et finir leurs études. Donc les filles prometteuses que l’on a pu détecter il y a quatre ans vont arriver a maturité pour la prochaine olympiade.

Enfin, bien qu'en partie expatrié te réjouis tu de voir les JO très probablement se tenir a Paris en 2024 ?

C’est très bien pour les sports olympiques et pour l’esprit national, c’est une très belle fête et le projet à l’air viable à long terme. J’espère que cela aidera la France à se professionnaliser, et à changer profondément. D’un point de vue sportif il faut très rapidement donner les moyens au terrain pour former la génération de sportifs qui pourra rendre la fête encore plus belle.

Mais pour le moment je regarde cela de très loin, mon métier fait que je ne sais pas pour qui je travaillerai dans quatre ans.

 

 

Benjamin Malaty, Yohan Durand .. une même passion du marathon

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Écrit par Ivan Moreau   
Catégorie : Interviews
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Bonjour Benjamin et Yohan,

Vous avez tous deux débuté sur marathon dans des conditions et avec un résultat probant analogues, merci de vous prêter à cette itw croisée sur cette « première fois », il y a quinze jours pour Yohan et en 2012 pour Benjamin.

Tout d'abord, quelle image gardez vous de ce premier marathon ?

YD : Pour ma part l'image que je garde de mon marathon c'est le sentiment du devoir accompli une fois la ligne franchie. Le moment où tu sais que tu es "marathonien". Cette sensation de lâcher prise une fois la ligne d'arrivée derrière. Ensuite si je vais chercher un autre souvenir, c'est celui du départ, les Champs Elysées complètement vide, uniquement pour nous, où l'on se dit que "la victoire" est au bout!

BM : C'était un moment fantastique. Je venais d'être champion de France de cross et j'avais préparé ce marathon de la meilleure des manières.

Je partais pour faire 2h13"40 (soit 3'10/km) et au final je réalise 2h13"15. Je me sentais à la fois spectateur et acteur de l’événement. Le départ est incroyable avec la descente des Champs, mon lièvre m'a un peu emballé en passant en 15'15 au 5km. La dernière ligne droite restera un énorme souvenir et la délivrance d'arriver au bout en réalisant une course aboutie. Je me suis dit, "tu es un marathonien".

Quel a été pour vous le km le plus agréable sur le plan des sensations ?

BM : J'ai eu des sensations incroyables pendant les premiers kilomètres. Je me souviens également d'un passage au 30ème avec la foule qui m'encourageait. Je me sentais bien, mais le plus dur commençait aussi …

YD : Pour moi les 30 premiers kilomètres se sont très bien passés. J'avais ce sentiment de facilité et de relâchement. Ce sentiment est indispensable pour réaliser une performance sur marathon. Être en "dedans" toute la première partie. Le dernier kilomètre est peut être le plus jouissif.

Et le moins facile ?

YD : Le 36eme avec un passage sur les pavés dans le bois de Boulogne. J'ai commencé à "piocher" au alentour du 34-35eme. Il est difficile de pouvoir relancer à cet endroit. Le public est moins nombreux, les jambes sont lourdes.. Et pourtant il ne reste que 6 kilomètres !

BM : De mon côté tout allait bien jusqu'au 32ème, j'étais encore en 3'05-06 et tout d'un coup 3'10 puis 3'15 et là tu comprends que le marathon commence ici.

Après la cote au 35ème, j'ai senti que ça tirait terrible, les derniers kilomètres étaient un vrai combat. Cependant, je remontais les coureurs un à un et ça me motivait. Vers le 37ème, il y avait un fort vent et là ce fut vraiment dur, tout comme à 2km de l'arrivée, vous n'attendez que la dernière ligne droite.

En terme de préparation, estimez vous avoir chacun préparer un marathon parmi d'autres ou plus précisément était-ce plutôt pour vous la prépa d'un premier marathon ?

YD : Je pense que c'était plus la préparation d'un premier marathon.

Avec cette inconnue qu'il y a au bout. Même si l'articulation d'une préparation se ressemble, elle varie quand même en fonction de la saison à laquelle on prépare son marathon, du parcours aussi, de ses blessures, ou du nombre de marathons déjà courus. Je pense que ma préparation ne sera pas la même quand j'aurais déjà une dizaine de marathons à mon actif.

BM : J'ai préparé UN marathon avant tout … J'avais peu d'expérience sur la route et je voulais optimiser mon résultat. J'ai pris des risques et ça a payé. J'avais bien préparé ce rendez-vous et je voulais devenir un marathonien.

Le fait que ce soit Paris a t'il influencé aussi cette préparation dans votre tête ? Avec son exposition médiatique notamment…

BM : Nous venons de la piste et du cross où il n'y a pas le même engouement. Alors je me foutais royalement de l'exposition médiatique sur le moment. Je me préparais pour une nouvelle expérience sans connaître l'impact et la médiatisation d'un tel événement.

Je sais depuis que ma performance m'a permis une exposition et de nouveaux partenaires (ce qui m'a permis de continuer ma passion), mais surtout des nouveaux challenges que je voulais réaliser (Championnats du Monde et Championnat d'Europe) et une perspective pour les JO.

Après j’ai voulu faire Paris, car c'était un grand marathon et dans une ville magnifique. Et pour un 1er marathon, globalement je pense que c'est l'idéal.

YD : Moi j'ai choisi Paris car c'était le plus simple au niveau de la logistique et de l'environnement. Après le parcours n’est pas réputé idéal, mais pour un premier je ne visais pas forcément un chrono stratosphérique. De plus nous étions une dizaine de Français de niveau quasiment similaire, ça aide. Avec un lièvre mis en place par la fédération. Mais c’est vrai que celà permet aussi d'avoir une visibilité médiatique non négligeable.

En ayant assisté au résultat de chacun, que vous êtes vous dit alors ?

BM : J'étais très content pour Yohan. Nous sommes potes depuis cadet-junior et je sais à quel point il a galéré depuis 2 ans avec les blessures.

C'est un athlète doué. Je le pensais capable de faire 2h12 dès son premier. Il a couru seul le 2ème semi et a géré le 1er. Il a une belle marge de progression.

YD : Benjamin m'avait impressionné sur son premier marathon car les conditions étaient difficiles. Il a ensuite prouvé avec son chrono de 2h12 que ce n’était pas le fruit du hasard mais d'une préparation très bien menée. Il a un peu brisé une barrière psychologique car beaucoup de Français s'étaient cassé les dents sur Marathon. Sa performance m'a aidé en tout cas à sauter le pas et à monter sur la distance.

 benM yohanD 

Benjamin et Yohan cet hiver pour un footing commun à Bordeaux (source facebook) 

L'un et l'autre avez les même entraineurs depuis des années. Quelle a été leur part d'influence dans cette aventure du marathon ?

YD : Pour ma part c'est une décision que nous avons prise en commun avec mon coach (Pierre Messaoud). Sur un plan personnel, j'étais déçu de la piste. Et je voulais me lancer un nouveau défi. J'avais besoin de ça pour relancer ma carrière. Amener mon corps sur des zones de travail inconnues, repousser les limites physiologiques.. Mon entraîneur était d'accord avec moi, et il était aussi excité par ce nouveau challenge.

BM : Forcément, le coach (Messaoud Settati) est un grand artisan de cette réussite. Pour moi il a su parfaitement gérer ma transition sur le marathon avec un plan cohérent. C'est un entraîneur qui sent les choses.

Après un été 2011 très décevant, j'évoquais la possibilité d'arrêter de courir. On a pensé à la même idée au même moment pour se relancer sur une nouvelle expérience, celle où j'exploiterais le plus mes qualités de fondeur avec ma foulée économique. Le marathon s'est présenté naturellement. On se comprend sans se parler et on a une relation fusionnelle même si on est à distance. Il me connaît depuis 20 années.

Pour un résultat semblable sur un premier marathon, lequel de vous deux aurait la plus grande marge de progression ?

YD : En réalisant 2h12 à Paris, Benjamin à montré qu'il pouvait courir en 2h10 sur un marathon plus rapide. Moi je n'en suis qu'à mon premier. C'est simplement très encourageant pour la suite.

BM : Sans hésiter, Yohan. Il a de meilleures références sur la piste et possède un gros foncier. Ne pas oublier qu'il a fait aussi 3'36 au 1500 et 13'17 sur 5000m.

Votre regard sur les coureurs de tête, quasiment tous éthiopiens ou kenyans désormais ? Un léger complexe à vous envisager un peu en retrait de ces coureurs ou bien envie de les accrocher un jour?

BM : Cela ne change pas depuis des années donc on s'y habitue. On est fataliste en quelque sorte. Pour ma part, je cours avant tout pour moi et dépasser mes limites que je connais. Je suis un passionné de course à pied et j'adore me préparer pour atteindre mes objectifs.

YD : Pour ma part je ne regarde que très peu les performances des étrangers. Elles sont d'un autre monde et elles ne m'intéressent pas forcément. Il y a tellement de coureurs capable de courir en moins de 2h08 qu'il est devenu difficile de s'identifier à quelqu'un (comme avec Haile ou Tergat dans le passé). J'essaye davantage de me concentrer sur moi-même, de voir comment je peux m'améliorer, qu'est ce que je peux faire de plus pour abaisser mon chrono.

Et à quand un marathon ensemble au départ alors ?

YD : A Rio en 2016 ça serait magique ! Mais pour cela il faut encore travailler et progresser.

BM : Le plus tôt possible j’espère. Et oui pourquoi pas à Rio !!

Yohan Durand à l'aventure du marathon

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Écrit par Ivan Moreau   
Catégorie : Interviews
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ITW de Yohan Durand à quelques jours du marathon de Paris dont il prendra le départ pour une grande première sur la distance ...
  
Bonjour Yohan, on s'était quitté sur une précédente  itw où tu évoquais ton envie de passer sur marathon en 2016 . Tu seras au départ de l'édition 2015 du marathon de Paris. Un pari de Nouvel an perdu avec un ami ou une réelle tentative sérieuse des cette année ?
 
Oui c'est vrai que j'avais encore il y a peu, envie de rester sur la piste et le cross au moins jusqu'en 2016: un gout d'inachevé sur 5000 avec mon record en 2012 mais ma non qualification aux JO de Londres..le souhait aussi de ne pas monter trop vite en distance non plus .Mais j'ai eu depuis de nombreuses difficultés à enchaîner mes objectifs sur piste et en cross sans blessures ni contre-temps et de fil en aiguille le marathon m'est apparu comme un projet intéressant des cette saison
 
N'est ce pas non plus l'appat du plan marathon mis en place par la fédération qui a été déterminant ?
 
Oui peut être un peu mais non en réalité car cela est venu se positionner plus naturellement dans mon actualité sportive avec ces difficultés et problèmes récurrents aux tendons notamment. Là j'ai par exemple enchainé deux mois complets d'une préparation marathon plus douce que ce que je faisais avant et je suis nickel au niveau blessure ou désagrément physique . Ca compte et c'est agréable dans la pratique du haut niveau qui est déjà assez exigeante comme cela 
 
En cela tu ne t'es donc pas vu monter sur le 10000 mètres et ses 25 tours de piste auparavant ?
 
Non . Le marathon s'est imposé à moi comme projet motivant et je sais aussi que de toute façon une prépa marathon reste très intéressante pour revenir sur les distances inférieures comme le 10000 mètres. Donc je ne me ferme aucune porte pour la suite .
 
Pour être plus clair  tu arrives donc sur la distance avec de grosses ambitions ou seulement l'envie de te tester à maintenant à 29 ans? 
 
J'ai de l'ambition pour ce premier test et j'y vais en tout cas en quête de performance. Ma préparation finale que j'ai quasiment fait en intégralité à Gujan Mestras depuis deux mois me laisse sur de bonnes sensations. J'ai accumulé des kilomètres et pu travailler les bonnes séances de capacité ou spécifique marathon puisque c'est le tarif quand on s'engage sur cette distance. Apres ce sera une première tentative ... 
 
Tu évoques ces seances spé marathon. A combien de km es tu monté au plus haut sur ta plus longue seance ? Cela a t'il été difficile de t'adapter à ce regime "quantitatif" ?
 
Je suis monté une fois à 38 km . Ca s'est très bien passé dans le prolongement de deux autres grandes sorties longues que j'avais positionnées en amont . La difficulté ne s'est pas trop fait sentir dans la mesure où j'y étais sans doute préparé par des préparations antérieures sur semi marathon (sélectionné en 2010 aux championnats du monde de semi-marathon) et le choix de m'entrainer a Gujan pendant cette période a été un bon choix je crois aussi... 
 
 
C'est a dire ? Tu n'es pas monté en altitude donc .. tout en te délocalisant de tes bases à Bergerac ... Pourquoi ce choix de ne pas partir en stage au bout du monde ? Tu t'inspires de ton compère et voisin Benjamin Malaty fervent défenseur d'une préparation at home ? 
 
Oui peut être un peu . Tout comme Benjamin je vais souvent au Portugal où les conditions sont souvent tres bonnes , mais cette fois ci j'ai eu envie d'essayer Gujan . Pour la première raison, à savoir ne pas partir trop loin et devoir gérer des adaptations pas toujours simples .. et aussi car je ne pouvais pas rester a Bergerac où le relief est un peu trop marqué pour travailler dans le regime "soft" d'une préparation marathon et de ses longues fractions . Ici a Gujan on trouve de nombreuses pistes cyclables, pour un entrainement de qualité sur macadam et en même temps un cadre nature et des sols souples pour les kilometres de récupération et d'assimilation . On verra si ce choix sera bon mais j'ai en tout cas pu travailler idéalement ici. 
 
Tu n'es donc pas suivi de trop près par ton entraineur Pierre Messaoud qui entraine lui à Bergerac ? Ce n'est pas un inconvénient pour toi ?
 
pierre messaoud yohan durand
Avec Pierre on fonctionne très bien, il me connaît , depuis longtemps,  et sait entrainer ..et pas que moi . Notre relation est établie sur la confiance et le dialogue. Apres il est vrai aussi qu'une présence physique et un œil sur son évolution dans un cycle important comme celui ci reste indispensable et le choix de Gujan c'était aussi la possibilité de revenir quelquefois a Bergerac pour quelques séances où je me soumettais à son regard et ses retours sur ce qu'il y voyait . C'est un mode qui me convient en tout cas et je ne le considère surtout pas comme un handicap. 
 
On t'attend donc a Paris parmi les premiers français . Tu as des objectifs précis en temps ? Des minimas à réaliser pour une sélection aux JO de Rio peut être ?
 
Non ces minimas ne sont pas encore connus malheureusement . De fait comme c'est une première fois je vais y aller sans annonce particulière de chronos à réaliser. Je sais que le marathon est une course à part et j'espère y trouver les mêmes bonnes sensations qu'a l'entrainement. J'ai pu réaliser aussi un semi marathon probant début mars à Paris aussi avec un chrono intéressant de 1h03'46'' dans ce cycle lourd de préparation pourtant.
Apres beaucoup de choses peuvent se passer sur cette distance , avec des meneurs d'allure  pas toujours adaptés aux meilleurs Français (2 lièvres sont ici prévus pour les Français).., des conditions météos parfois capricieuses comme le vent ou le climat changeant en avril  et toute sorte d'imprévues que je connais pas encore . C'est un peu l'aventure en quelque sorte!

Benoit Nicolas le miler devenu champion du monde de duathlon

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Écrit par Ivan Moreau   
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Ancien tres bon miler de niveau national (3'38 au 1500m), excellent crossman (1 sélection en championnats du monde), le Brestois Benoit Nicolas est devenu champion du monde de duathlon ce printemps. Rencontre avec ce coureur toujours athlète dans le coeur...

benoit duathlon

 

Bonjour Benoit, te voila champion du monde de duathlon apres deux podiums consécutifs aux deux éditions antérieures.Tes impressions après coup? Toujours sur ton petit nuage ou déjà d'autres objectifs à venir ?

C’est 3 podiums en fait. Car en 2011 j’avais récupéré une 3e place avec Silva contrôlé positif. La pour le coup le titre cette année je ne réalise pas, d'ailleurs j ai presque l’impression qu’il ne s’est rien passé… J’ai pris la compétition l’esprit léger, histoire de minimiser l’événement. Pour le petit nuage ça va, j ai pris de l'âge et je suis zen par rapport à ça. J’ai aussi les France de duathlon qui approchent le 22 juin et comme j’ai envie d’y faire un truc, notamment si je peux enchainer un triplé 2012, 2013 et 2014… Ensuite il y aura les Europe le 23 aout, donc ca va venir vite tout ça.

Pour Culture-athle.com c’est aussi en tant qu’ancien athlète que nous nous intéressons à toi. Beaucoup d'athlètes de qualités sont devenus duathlètes comme toi non ? Certains "redeviennent" athlètes ensuite , parfois meilleurs qu'avant leur passage au duathlon… Celà t'inspire t'il un possible retour a l'athlétisme pour un objectif particulier comme le marathon ou le trail ?

Sur la première question, beaucoup ont essayé le duathlon oui. Le plus marquant de tous a été Yann Millon qui était un des meilleurs crossman français dans les années 95-2000. Il y a eu aussi Fabien Lacan, Augusto Gomes qui étaient de tres bon crossmen mais le passage sur le vélo est trompeur, car des fois tu passes car la course est tactique et le jour ou ca roule tu exploses et tu finis détruit ! L’époque des Capoferri, Galinier, Valenti, Derobert ca roulait fort avec les belges et là dedans tu comprenais rien quand tu débarquais de l'athlé !

Apres certains progressent encore en course a pied en passant sur duathlon… c’est vrai. Damien Derobert a battu ses records sur 5000m dans sa préparation duathlon, mais il faut analyser ces éléments en duathlon car en ne se focalisant sur la partie pédestre rien ne dit qu’on passe au mieux ensuite sur la partie vélo.

Sinon me concernant je fais toujours les cross l’hiver, enfin plus que deux essentiellement, mes départementaux et les régionaux de Bretagne , car après on arrive vite sur la saison de duathlon, et je ne veux pas courir 3 saisons en une.

Mais pour répondre à la question je ne pense pas refaire de l’athlé « pur »… je préférerais découvrir une vraie saison de vélo plutôt, ou partir sur triathlon longue distance si vraiment je devais choisir.

Tu es donc tenté par l’aventure du triathlon ? L’Iron Man ? Hawai en ligne de mire peut être, pour le mythe que ca représente ?

C’est compliqué car j'ai tout axé sur le duathlon maintenant. Faire un triathlon demande une autre organisation. Un triathlon apres, c’est a voir dans le cadre d’un entrainement duathlon, peut être pour améliorer aussi l'enchainement vélo-course a pied, qui est très spécifique mais sinon pour Hawai, je pense que préparer un Iron Man demande des heures et des heures d’investissement, et actuellement je préfère me dire que je veux garder mon titre aux monde l’an prochain, et qu’ensuite je ferai des gosses, achèterai un chien, une baraque, et un voilier pour faire des balades en mer avec ma canne a pêche lol

La mer mais pas en maillot de bain alors ! Tu es prof d'Eps par ailleurs. Une carrière dans l'entrainement dans les deux sports s'offrirait à toi demain. Ce pourrait être dans tes objectifs à moyen ou long terme ?

Pour ce qui est d entraîner en athlé ou duathlon, la dessus je viens de l athlé donc pour moi c'est plus facile car même si j’ai maintenant des notions en vélo que j ai pu approfondir, en duathlon on appartient à la fédération de triathlon, donc pour assumer par exemple un encadrement fédéral c'est compliqué, il faut passer d'autres diplômes...

Disons aussi que j'ai beaucoup donné jusqu’à présent en engagement sportif et que ça compte. Avec le duathlon ça fait déja 5 ans que je m entraîne 2 fois par jour, alors si il y a un projet intéressant autour d'un club motivé, je dirai peut être oui pour entraîner des jeunes motivés mais me retrouver à être 5 fois au stade par semaine avec des gamins qui ont fait le fête la veille ça ne m’intéresse pas trop, enfin pas pour le moment du moins...

Quel est le sportif qui t'a le plus inspiré de toute ta carrière ? Un duathlete ou un athlete ?

Plein, plein de sportifs bien sûr… Quand tu es jeune tu veux faire comme celui qui est devant toi… Quand j’étais benjamin, on avait François Person à mon club du Stade Brestois, grand crossman breton des années 80, ensuite Eric Dubus aussi, mais je suis resté plus petit que lui… j ai oublié de grandir !

Plus proche de nous en Bretagne Mickael thomas, et il y a eu aussi Gael pencreach le steepler, Quentin Jarmusciewick, aussi, mes potes d’athle qui faisaient des gros chronos alors que moi j étais chèvre !

J’ai apprécié aussi Alexis Abraham un super gars, et Moktar Benhari qui sont restés mes modèles en athlétisme. Dans le duathlon c’est beaucoup Yann Millon qui a été ma référence : je suivais son parcours quand j’étais junior en athlé, c'est dire…, et athlete je connaissais déja aussi de nom les références du duathlon français tels Galinier, Capoferri, Valenti et compagnie ...

benoit piste

Puisque tu évoques tes jeunes années et en exclusivité pour Culture-athle, certains dans le monde de l’athlé t’appelle "cuir". Tu peux nous en dire plus sur cette légende ?

Alors ça oui c’est une vieille histoire : ca date de 1996, un stage FFA à Tarnos en junior… on faisait les pitres dans la chambre avec Thierry Quiret, Cedric Andres et Anthony Le Calvé et un soir on tombe sur un film avec des gars habillés en cuir…apparemment ils étaient pas la que pour faire de la moto, enfin tu vois un peu...

Donc le lendemain c’était le gros sujet de conversation entre nous, et on s’appelait de chambre en chambre en demandant si on était « cuir » ou pas… Et puis je me suis trompé de sens dans les numéros de chambre et j’ai appelé la chambre à ma droite au lieu de la gauche, et j ai fait 3 chambres comme ça... jusqu’à ce que le 3e sorte en furie de sa chambre en demandant qui était le con qui appelait les gens en demandant des trucs pas propres… il était furax!. C’était le DTN de l’époque... et l’entraineur national juste avant,… Richard descoux et Jean Claude Vollmer, crois moi je me suis fait petit. Mais depuis certains m’appellent CUIR effectivement !

D’accord… Il y a prescription maintenant de toute façon.

Sujet qui fâche… la coupe du monde de foot a débuté. Le foot c'est beaucoup de moyens financiers par rapport a l'athlétisme et le duathlon non ? En nourris tu une petite frustration personnelle aujourd'hui avec ce titre de champion du monde peu médiatisé ?

Quand je vois la masse d entrainement que me demande le duathlon, 12-14 entrainements par semaine, soit 25 à 30h, c'est sur qu’on peut se poser des questions …

Qu’on gagne des clopinettes c'est pas ça qui me dérange car le football à ce niveau c’est aussi beaucoup de business… mais c’est juste triste de voir les medias ne parler que de ça. On dirait que le sport = foot, et à coté de ça on n’a pas eu un mot au niveau national sur les 2 titres mondiaux gagnés en duathlon cette année par Sandra (Levenez) et moi… J’ai trouvé ça triste, et je pense que les gens sont demandeurs pourtant pour voir autre chose, ou pour avoir des informations sur les sports secondaires… les journaux sportifs des petites chaines ne font pas leur boulot au final : tu regardes combien de sports existent et tu fais le compte au final … tu as quasi aucune info, et puis un jour on te pond un truc farfelu et ca fait des reportages sportifs tres médiatisés, genre le « mud day ». C’est rigolo ok, mais la performance disparait…

Après en terme de retombée du coup c’est difficile le duathlon… et pourtant on court, on pédale, et ce sont deux sports de éférences pourtant.. Au final niveau aide des marques c’est la galère, et on a juste de quoi se payer une bonne paire de roues a la fin de l'année. Un peu frustrant oui…

Autre frustration peut être, on évoque souvent le dopage dans les épreuves de fond et d'endurance ? A ceux qui doutent de tout qu'as tu à répondre sur la possibilité qui subsiste encore de faire une belle carrière dans ces sports ?

Si tu regardes le très haut niveau en cyclisme et en athlétisme, tu es obligé de te poser les questions. Quand par exemple tu vois certains gars monter aussi vite les cols que Lance Armstrong ou Pantani qui étaient archi dopés, on dispose d'éléments quand même. Mais j’ai envie de dire qu’on peut faire une belle carrière en athlé et que je regarde des athlètes comme Medhi Baala, Bob Tahri ou Mahiedine Mekissi comme des exemples. En fait il faut connaitre des athlètes proches de soi en qui tu n as aucun doute pour avoir une idée des limites possibles, car quand tu connais pas forcement tu peux avoir des doutes.

La grande référence de l’athlétisme français actuellement, Renaud Lavilennie, s'oxygène de la perche avec la pratique de la moto ? Et toi c'est quoi ta came en dehors de la course et du duathlon ?

En fait je n’ai plus beaucoup de temps après 5h d entrainement par jour, mais je joue de la guitare et de la batterie (enfin j'essaie) dans des groupes de rock alternatif sur Brest. On fait un max de bruit, genre « sonic youth » en plus hard tu vois ! Mais des fois je dis au gars du groupe, molo la, je transpire j ai mal au bras je sors d une séance, j ai plus de biceps !! c'est quasiment le seul truc que je fais en dehors du duathlon… et puis j ai bien sûr mes heures d’enseignant en EPS à assurer…

Question athle et « demi-fond ». Toi qui a été un très bon coureur de 1500, quel regard portes tu aujourd'hui sur le demi-fond français ? Les Carvalho, Denissel, Kowal, Durand etc ?

Le demi fond français actuellement… les gars sont solides, et je dirai exemplaires : ils sont honnêtes, ont une démarche propre, ça déjà c’est important. Leur discours derrière est humble : quand je vois Yoann Kowal faire la finale aux monde sur steeple, c'est beau. Florian carvalho c’est pareil, il lui manque pas grand chose pour rentrer dans une finale mondiale sur 1500 voire jouer un podium, Simon Denissel c’est un gros finisseur aussi, et son heure va venir, quant à Yohann Durand c'est un gros bosseur et faire 13’17’’ au 5000 proprement c'est beau. J’aime bien aussi Benjamin Malaty qui est un bel exemple de sincérité.

A contrario je me souviens de certains autres gars du demi fond français, je vais pas les citer, et des filles en nombre aussi, qui ont trusté le devant de la scène française il y a quelques années …en comparaison c’était catastrophique... je crois qu’on doit approcher la douzaine de cas de dopage sur cette époque …là au moins on a des gars sains! Y a des secondes à gagner en franchissant la ligne rouge, certains l’ont fait, mais eux ils acceptent de bosser proprement et ça c’est respect pour moi !

Toujours au niveau de l’athle et avec ton regard d’ancien athlète toujours, que penses tu du plan marathon décidé par la fédé cette année ?

Le plan marathon de ce que j’en ai compris, c'est bien. Ca relance un projet autour de l’équipe de France. Au moins les jeunes vont pas baisser les bras, car se sentir soutenus, c’est important, à un moment quand tu n’es pas loin de l'équipe de France… car quand ça passe pas, tu stoppes ou tu passes à autre chose. Certains vont plutôt sur le trail actuellement, par le passé sur le triathlon, le duathlon aussi… quand ca se finit pas par faire de la randonnée sur le GR20 ! La FFA a fait un bon truc avec ce projet marathon. J'aurais bien aimé qu'elle en fasse de même pour le cross discipline de base de la course à pied.

Yohan Durand : "cette distance pourrait me plaire ..."

Date de publication
Écrit par Ivan Moreau   
Catégorie : Interviews
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Grande confirmation sur 5000 en 2012 avec un chrono de 13’17’’90, Yohan Durand avait disparu du paysage national du demi-fond ce printemps 2013. Explications.

Bonjour Yohan et merci pour cet entretien depuis Font Romeu où vous avez pris vos quartiers cet été pour une reprise progressive après blessure semble t’il ?  

Oui c’est cela. Je reprends progressivement depuis 3 semaines après une interruption due à une tendinite persistante au talon d’Achille doublée d’une fissure de 5mm à ce même tendon. C’est pour l’instant une reprise tout en douceur, mais tout va bien après une bonne période de repos et soins en juillet et malheureusement une saison estivale 2013 sans compétitions.  

Vous n’avez pas été non plus trop visible cet hiver ?  

C’est exact. Cette année n’a pas été une bonne saison pour moi. J’ai eu des résultats moyens cet hiver malgré une préparation très sérieuse et dès avril j’ai été blessé au genou ce qui m’a contraint a d’abord lever le pied puis à différer mes objectifs estivaux initiaux qui étaient calés sur le mois de juin avec une première compétition au meeting de Rabat. J’ai envisagé alors pouvoir me positionner sur des compétitions en juillet avec les France Elite comme objectif mais j’ai été contrarié par cette tendinite au talon d’Achille. Je ne pouvais plus courir plus de vingt minutes en footing malgré tous les soins apportés et j’ai donc mis un terme à ma saison estivale pour me soigner.  

Vos fans ont du coup été un peu déçus après votre belle saison 2012. Avez-vous des à présent des objectifs pour cet automne ?  

Non bien sûr, ce serait prématuré. Je suis a Font Romeu car ma reprise se passe bien et que j’aime cet endroit pas trop loin de chez moi. Mais c’est sans autre objectif que d’arriver à produire progressivement un bon volume d’entraînement pour amorcer une préparation foncière autour d’une dizaine d’entrainements hebdomadaires. Il y a quelques coureurs ici comme Romain Collenot Spriet, Simon Munyutu, Fredy Guimard ou Charles Henri Barreau avec qui je vais sans doute pouvoir faire quelques footings. Ceci dit pour répondre à vottre question, je n’écarte pas quand même de prendre le départ de courses sur route cet automne, au feeling selon la forme… car j’ai envie de remettre un dossard…   

Sur cette saison 2013, on vous a vu rejoindre un collectif d’entrainement plutôt novateur en France en demi-fond puis le quitter à l’issue de l’hiver. Pouvez vous revenir sur cette expérience, succintement ?  

Oui, j’ai effectivement participé à la constitution d’un groupe d’entrainement de demi fondeurs français réunis autour de la personne de Bob Tahri et de son nouvel entraineur Bastien Perraux. Ca a débuté en septembre 2012 dans le prolongement des stages que j’avais pu faire déjà avec Bob. Nous nous sommes ainsi entrainés collectivement en Alsace, au Kenya et en Afrique du sud pour essayer de tirer au maximum partie de cette collaboration entre nous. Expérience très enrichissante comme celle vécue aussi au départ en stages auprès de Bob qui est toujours de précieux conseils dans le partage de son expérience.

Votre carrière montre aussi que vous aimez ainsi changer de conditions d’entrainements. Vous avez la bougeotte ou c’est une approche plus réfléchie ?  

C’est un peu plus réfléchi bien que lié aussi aux circonstances. En 2009 par exemple j’ai la double opportunité au vu de mes résultats d’intégrer l’armée et en même temps d’être recruté  par le CA Montreuil 93. Les deux m’offrent alors de très bonnes conditions nouvelles pour moi avec un statut professionnel au Régiment de Suippes et un soutien et une attente de performances avec mon club. J’y rencontre en même temps des personnes disposées à favoriser mon épanouissement d’athlète comme à Montreuil où j’ai pu conserver mon entraineur  Pierre Messaoud qui me suit depuis cadet, tout en bénéficiant des conseils de Jacques Darras. De la même manière mon régiment me permettait de m’entrainer aussi au mieux en me laissant partir en stages ou chez moi à Bergerac.  

En gros vous avez appris  votre « métier » d’athlète professionnel dans ces conditions ?  

C’est un peu cela, et avec plus de maturité aussi. Ca s’est vraiment bien passé car les deux structures (Montreuil et Suippes) sont aussi à dimension humaine. Je n’y ai eu que de bonnes raisons de respecter les termes de mes contrats en participants aux compétitions importantes pour elles. Je prolonge d’ailleurs très prochainement mon contrat avec l’armée.  

Vous avez en revanche quitté Montreuil pour un retour à Bergerac en 2012 . Dans quelles conditions ?   

Ca a été un heureux concours de circonstance. Je suis toujours resté attaché à mes racines et en 2012 un nouveau club s’est créé à Bergerac avec une équipe de dirigeants soucieux de développer une image dynamique de l’athlétisme et du sport sur la commune. J’avais pour ma part l’objectif de participer aux jeux olympiques de Londres, un projet que j’avais muri de mon côté pour trouver soutiens et sponsors. Le club m’a alors proposé de les rejoindre en m’aidant dans cette recherche de partenaires locaux et l’alchimie s’est faite sur cette convergence de projets.  

Vous êtes donc l’ambassadeur de Bergerac et de son club. Envisagez vous plus tard d’entrainer également si l’occasion se présente ?  

Elle s’est déjà présentée en fait car j’entraine des benjamins et minimes du club... plutôt ceux qui sont motivés par le demi fond. Apres pour être honnête je suis en complément d’un entraineur référent et ce  quand je ne suis pas en stage, mais c’est quelque chose d’intéressant et plaisant.  

Et une bonne dynamique pour le club ?   

Oui je pense. Le club présidé par Bernard Lajonie comporte plus 200 adhérents, on y vit bien bien avec un groupe important de coureurs hors-stade et trailers, la piste étant plutôt pratiquée par les plus jeunes catégories avec un bon groupe marche et demi-fond. 

Vous êtes aussi estampillé « sud ouest » et certains aficionados  de la course à pied n’hésitent pas à parler aussi d’une « génération Saint Galmier » du sud ouest, très fraternelle, en référence à des début internationaux lors de ces derniers mondiaux de cross organisés en France. Légende ou réalité ?  

Réalité bien sûr ! A ceci près que né en 1986 je n’étais pas de cette équipe junior à forte représentation sud ouest. Apres oui nous nous entendons toujours très bien, Benjamin Malaty, Yohan Kowal et Denis Mayaud sont des adversaires parfois mais avant tout des amis de longue date depuis nos premières compétitions et stages régionaux chez les jeunes. On n’a pas tous évolué à la même vitesse mais chacun à fait son bout de chemin et il nous arrive encore de faire quelques séances ensemble à l’occasion.  

Et quel regard portez-vous sur l’élite du demi-fond français en comparaison ?  

A peu près le même dans l’état d’esprit. J’ai un peu l’impression que ma génération est plus partageuse que la précédente, plus habituée aussi à s’entrainer ensemble lors des rassemblements en équipe de France. C’est en tout cas une chose qui m’apparait naturelle actuellement.  

Et dans ce contexte où de nouvelles têtes apparaissent en sénior, quels vont être vos objectifs pour l’année prochaine ?  

L’année prochaine ce sera les championnats d’Europe, à Zurich, et j’aimerais vraiment y être sur 5000 qui est je pense désormais ma meilleure distance. J’aimerais déjà confirmer ma saison 2012 et pour cela je n’aurai pas d’autres gros objectifs.  

Pas de route sur semi marathon avec les mondiaux au printemps ou d’envie d’une sélection aux Europe de cross avant ?  

Non je ne pense pas car j’ai appris en 2011 que je ne pouvais pas espérer arriver en forme l’été en ayant fait une saison  trop longue avant. Je ferai les cross pour mon club sans doute en préparation, les cross militaires avec l’objectif de conserver les titres nationaux qui sont importants pour mon régiment mais pas d’objectif sur la saison indoor ni de chronos sur la route non plus.  

C’est un peu dommage compte tenu de votre large palette . Vous pourriez aussi vous orienter sur 1500 avec votre bon chrono en 2012 pour mieux rebondir ensuite sur 5000  pour les JO 2016 ?  

C’est un peu tôt pour l’envisager. J’ai pour habitude de faire un bilan chaque saison avant de me donner les objectifs pour la suivante et je pense qu’après 2014 je vais faire ce bilan avec plus de réflexion . Ou je descend mes chronos sur 5000 et j’essaye d’aller plus loin sur cette distance ou peut être irai je aussi tenter quelque chose sur marathon...  

C’est presque un scoop… ce sont les bons résultats de votre ami Benjamin Malaty sur la distance qui vous inspirent ?  

Oui en grande partie. Il a trouvé sa voie et c’est une bonne chose. Maintenant je sais que ce serait une autre orientation pour moi aussi mais j’aurai 29 ans et cette distance pourrait me plaire…