Benjamin Bellamy premier de cordée

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Écrit par Ivan Moreau   
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Premiere sélection en équipe de France de course de montagne, 20e et premier français lors des derniers championnats du monde en Italie à Ponté di Legno le 2 septembre dernier, Benjamin Bellamy (dossard 111) a ponctué de belle manière sa saison 2012. Rencontre avec ce néo "montagnard". 

benjamin B

Bonjour Benjamin. Première sélection en equipe de France de montagne, 1er français à l’arrivée. Peux tu te présenter davantage aux lecteurs de Culture Athle : ton parcours athlétique, tes débuts notamment ?

J'ai débuté l'athlétisme à l'âge de 7 ans dans la foulée d'un père coureur ( ainsi que grand-père) au club de l'Entente Athlétique du Pays de Foix auquel je suis très attaché et toujours fidèle plus de 20 ans plus tard!

J'ai très rapidement eu une préférence pour les courses d'endurance et de pleine nature avec une affection plus particulière pour le cross-country.

Arrivé en cadet lors de mon premier championnat de France de cross-country à Carhaix (et peut-être un de mes meilleurs souvenirs) je termine 7ème n'étant que cadet première année et ayant terminé 7ème aux inters cela fut une énorme surprise pour moi et un plaisir mémorable. J'ai par la suite été vice-champion de France cadet à Grande-Synthe et obtenu une sélection pour les championnats d'Europe junior de cross-country en 2003 à Edimbourg où j'ai terminé 35ème et 3ème français.

Entre temps je n'ai pas pu atteindre mon objectif de mondial junior de cross-country et n'ai pas eu de résultats à la hauteur de mes espérances sur la piste non plus.

Quelles ont été ensuite en seniors tes meilleures performances ?

Arrivé espoir et donc senior par la force des choses j'ai eu le plaisir de voir augmenter le kilométrage en cross et me suis dirigé vers le 3000m steeple qui m'a permis de prendre plus de plaisir sur la piste et de remporter une médaille de bronze en espoir et au France de National (N2).

J'ai également participé aux championnats de France Elite sur le steeple en 2007 (6ème) et en 2008 (8ème) avant de porter mon record à 8'43"07 en 2009.

Ma compétition préférée reste toutefois le championnat de France de cross dont je n'ai raté qu'une édition depuis 2000 la faute à une opération de l'appendicite. Et cette année j’y ai fait mon meilleur résultat sur le cross long avec une 37e place très satisfaisante.

Un beau parcours déjà pour ceux qui ne connaissent pas les athletes « cross-piste » de niveau national. Qu’en est-il de ton investissement pour la montagne maintenant ?

C’est quelque chose que tu avais prévu de longue date ?

Oui et non en fait.

Suite à mes saisons sur steeple, un phénomène de lassitude s'est un peu fait ressentir et l'enchainement de blessures (tendon d'Achille) liées à la pratique de la piste, m'ont donné envie d'explorer d'autres horizons.

Depuis mon enfance et les courses où j'accompagnais mon père, j'avais envie de pratiquer ces courses en nature et plus particulièrement en montagne. C'est un environnement que j'apprécie particulièrement en raison du calme qui y règne, la beauté et variété des paysages ainsi que les rencontres fortuites avec les animaux.

Apres, depuis quelques années, l'été, je participais à une course en montagne au Pays Basque: la course de la Rhune et j'ai ainsi pu me faire une idée de la discipline, très belle mais très exigeante.

Exigeante et peut être encore plus surprenante au début quand on y vient avec de bonnes références pedestres non ?

Oui pas évident du tout au départ. L’an dernier par exemple après un début de saison difficile avec des chronos décevants sur piste, je me suis décidé après les France N2 à participer aux championnats de France de courses en montagne à Tardets. En assez bonne condition physique donc, je termine à cette occasion 24ème après 7 chutes dans la course dues à un parcours rendu extrêmement glissant par des pluies diluviennes.

Celà ne m'a pas découragé et 15 jours plus tard je gagnais enfin cette fameuse course de la Rhune avec un chrono intéressant, me confirmant ainsi que c'était une discipline dans laquelle je pouvais espérer combiner plaisir et bons résultats malgré mon expérience difficile à Tardets.

Qu’a tu découvert depuis par rapport à la piste, par ta pratique plus importante cette année des courses de montagne ?

Une petite anecdote toute bête, lors du championnat de France suite à une chute dans la boue sur une pente très raide, je n'arrivais pas à me relever, mes pieds patinant dans la boue et un concurrent m'a aidé alors que nous étions aux alentours de la 12ème place. C'est un petit geste mais cela reflète pour moi un bon état d'esprit qui m'a été confirmé depuis par des courses et après-courses fort sympathiques !

D'un point de vue plus athlétique, j'ai eu plus de mal à m'adapter aux descentes et même si j'ai depuis progressé dans cet exercice, il me faudra continuer à le travailler dans l'avenir. Lors des premières courses en descente, l'effort excentrique peut entrainer également des courbatures très importantes au niveau des cuisses si l'on n'y est pas préparé et je peux vous dire que dans ce cas là on maudit tous les escaliers que l'on croise les jours suivants la course!

Et la montée, pas trop difficile en comparaison ou peut on dire qu’il y a aussi un « style montagnard » à acquérir pour arriver à bon port au sommet ?

Concernant la montée, c'est un effort assez particulier où la plus faible vitesse de progression permet de pouvoir ressentir au maximum l'effort. Il n'est pas facile de trouver son équilibre et la bascule dans le rouge peut être très rapide et dans ce cas là on reste planté dans la pente et l'on peut perdre énormément de temps.

Il y a donc tout un travail d'adaptation de la foulée à faire, trouver le bon compromis fréquence/amplitude ainsi qu’un travail d'alternance marche/course pour les pentes les plus raides (30% environ) mais également une adaptation au manque d'oxygène pour les courses en altitude.

De bonnes réflexions techniques pour qui voudrait venir à la course de montagne. Te concernant quelles sont désormais tes ambitions après cette première expérience de saison estivale consacrée à la montagne ? T’améliorer encore, revenir à la piste ou t’engager encore vers d’autres expériences type trail ?

Cette année le bilan est pour moi très positif car les résultats ont dépassé mes espérances. Je compte cependant continuer les cross pendant la saison hivernale car j'adore ça (surtout dans la boue!) et l'été poursuivre sur le format course en montagne.

Après autour de ces saisons et surtout si j'ai la chance de ne pas être blessé, pourquoi ne pas inclure quelques courses un peu plus longues pour commencer à m'adapter aux plus longues distances car il y a certaines courses que j'aimerais vraiment découvrir dans le futur (Sierre-Zinal, Marathon de montagne de Zegama, Marathon du Montcalm chez moi en Ariège ...) mais bon chaque chose en son temps.

Et qu’en est il de ta situation professionnelle ? Tu es kiné de formation, exerces tu à temps plein ou as-tu coupé la poire en deux entre ton sport et ton métier comme on le voit parfois chez certains athlètes?

En dehors de la course je suis Masseur-Kinésithérapeute salarié au CREPS de Toulouse et je m'occupe donc de sportifs en pôle France ou Espoir, avec des disciplines, des âges et des niveaux assez variés. Je travaille 38h30 par semaine avec 2 matinées de libre. Mes horaires (sortie du travail à 19h45) ne me permettent pas de m'entrainer en groupe et je dois donc le plus souvent m'entrainer seul entre 12 et 14h ou les matins où je ne travaille pas

Cela me fait donc des journées assez chargées et parfois la fatigue se fait ressentir, c'est pourquoi j'essaie d'adapter mon entrainement à la forme du jour.

Mais ce travail me plait beaucoup et j'apprécie particulièrement le fait de pouvoir travailler en équipe (médecin, infirmière, kiné, ostéo, podologue, dietéticienne, psychologue...).

Bien entouré professionnellement mais un peu esseulé donc au niveau sportif, ce n’était peut être pas évident pour découvrir sérieusement ainsi une nouvelle discipline ?

Oui mais j’arrive parfois à retrouver un ami pour les footings longs du mercredi matin et le week-end j'ai pu partager cette année une partie de mes sorties montagne avec Pierre-Laurent Viguier spécialiste également de la montagne.

C'était vraiment un plus car nous avons ainsi pu beaucoup échanger sur la discipline et nous avons passé de bons moments ensemble.

Pour le plaisir de la formulation, tu as pris avec la montagne un peu de hauteur sur ta pratique de demi-fondeur classique cross-piste. Quel regard portes tu sur le 1/2 fond français que tu as côtoyé de très près à un certain niveau sur steeple ?

Depuis petit, j’ai toujours suivi et admiré les performances des meilleurs demi-fondeurs français.

Puis effectivement j’ai eu la chance et le plaisir d’en côtoyer certains et de mieux connaître ce milieu.

Je reste très admiratif de ce qu'ils font car c'est un niveau d'exigence incroyable et cela demande un investissement énorme. J'ai moi même essayé d'y parvenir sans succès, mais je ne le regrette pas du tout, je n'en avais sûrement pas le niveau et je suis très heureux dans ma vie actuelle tout en continuant à pratiquer ma passion avec plaisir. C’est le plus important pour moi. Apres c’est un milieu qui ne fait pas de cadeaux et la concurrence est énorme, sans parler de la concurrence « déloyale ».

J'ai également eu la chance d'aller au Kenya ainsi qu'en Ethiopie en tant que kiné accompagnant et je peux vous dire que le nombre de coureurs qui ne font que ça et rêvent de s'en sortir par la course y est hallucinant ! Ce sont des voyages qui marquent et font forcément relativiser pas mal de choses.  

Maintenant mes foulées m’amènent vers de nouveaux horizons mais je continue à suivre attentivement leurs résultats et reste très admiratif de ce qu’ils font tant le niveau d’exigence et d’investissement est important.

Parmi ces athlètes que tu connais bien, s’agit il du groupe d’entrainement qui a sévi par sa bonne humeur du côte de Font Romeu il y a quelques années ?  

Oui tout a fait.

J’ai de super souvenirs de stages où nous partions tous dans un même appart’ à Font-Romeu avec Sophie Duarte, Yoann Kowal, Yohan Durand, Benjamin Malaty pour les plus connus mais également avec d’autres amis coureurs tout aussi sympathiques et avec lesquels j’ai partagé des moments de vie mémorables. D’ailleurs déjà à ce moment là c’était dans les côtes que je m’en sortais le mieux !

Ce temps est un peu révolu pour moi. Je travaillais alors en libéral ce qui me permettait de me libérer plus facilement qu’actuellement mais nous sommes restés assez proches et leur réussite actuelle me fait vraiment plaisir.

J’ai aussi côtoyé sur la fin de leur carrière Laetitia Valdonado et Nicolas Aissat ce qui m’a permis de prendre conscience que la course même pour ces grands athlètes n’était pas tout et que l’extra-sportif était aussi très important.

Et bien merci Benjamin pour ces paroles rafraichissantes !

 

Fiche FFA de Benjamin Bellamy

Montée du Phare d’Eckmuhl : pour coureurs à pieds, mais pas seulement !

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Écrit par Ivan Moreau   
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6e édition de ce rendez vous du mois d’aout dans le Finistère sud, organisé par le club du CA Bigouden avec cette année encore un beau succès populaire puisque les 144 places réservées ont été pourvues sans encombre.

eckmuhl

Au rayon des nouveautés de cette  édition, un lauréat surprise en la personne de Quentin Thomas, escrimeur de 20 ans venu se frotter aux déjà habitués de cette épreuve.

Lauréat surprise donc et nouveau recordman de cette montée de phare dans un temps voisin de 52’’ soit 4 secondes de moins que le précédent record stabilisé depuis 3 éditions pourtant. 

 

Rencontre avec Quentin Thomas et Corentin Peoch organisateur de l’épreuve et figure de l’athlétisme finistérien des trente dernières années.

Bonjour Corentin, quel bilan coté organisateur pour cette 6e édition ?  

Un excellent bilan puisque tout ou presque a déjà été dit sur cette belle édition qui nous encourage encore davantage à continuer l’aventure l’année prochaine. Nous avons eu la confirmation que cette épreuve était somme toute particulière dans le monde de la course hors stade au point d’avoir un vainqueur 100 % étranger au peloton des coureurs finistériens que nous connaissons bien par ailleurs* (* le CAB est aussi l’organisateur de la classique course sur route automnale « La Torche- Pont l’abbé » devenue "La Bigoudenne" cette année). Je peux déjà annoncer que pour répondre à ce succès nous allons avancer l’heure de début de l’épreuve pour en permettre une fin moins tardive et la possibilité d’avoir 12 participants supplémentaires. 

Oui, un format d’épreuve atypique et des conditions également particulières qui nécessitent une organisation bien huilée comme j’ai pu le constater sur place. Pourquoi ces départs échelonnés de 12 coureurs seulement ? 

Monter en haut du phare est une chose. En redescendre en est une autre et nous avons du mettre en place un système permettant le meilleur enchainement et des conditions sympathiques pour tous les participants lorsqu’ils arrivent en haut de leur ascension. Aussi 12 est le bon nombre de personnes possibles en haut du phare avant de faire redescendre tout le monde pour la série suivante. En espaçant chacun des participants toutes les minutes au départ, on arrive au final à gérer une série en 20 minutes. L’occasion pour moi de remercier la mairie de Penmarc’h qui nous réserve le phare tout ce dimanche d’août en le fermant à la visite habituelle des touristes. 

Touristes qui chaussent parfois leurs baskets pour participer à l’épreuve n’est ce pas ? Quelle est la répartition des concurrents sur cette course ? 

Nous avons majoritairement des coureurs hors stade bien sûr mais également des sportifs du cru qui viennent s’essayer à la montée du phare. Des participants venant d’autres régions également puisque notre précédent recordman de l’épreuve est nantais.

Petit regret cependant de voir notre épreuve peu tenter les bons coureurs sur route finistérien même s’il est vrai que le format explosif de la montée peut faire peur. La performance de Quentin Thomas, quimpérois, est en tout cas un joli défi aux meilleurs coureurs locaux. 

Qu’en est il donc de cette surprenante victoire ? Quentin a-t-il bluffé son monde et que penser de son profil de vainqueur ? 

Comme il l’a lui-même expliqué après sa course c’est sur ses qualités d’escrimeur qu’il s’est exprimé. Apres pour l’avoir eu en contact lors de son inscription et comme pour d’autres inscrits sans références lorsque je prépare les groupes de coureurs par niveau, il s’en est allé réaliser un 400 m sur mes conseils et le petit 61’’ qu’il a réalisé montre que pour quelqu’un qui ne travaille pas du tout sa technique de course il a certainement de la qualité physique. L’enseignement plus général c’est que la montée du phare nécessite aussi pas mal de coordination et comme nous avons pu voir sur le film de l’ensemble des concurrents, qu’il avait gravi les marches 3 par 3 contre 2 par 2 pour beaucoup d’autres il semble avoir eu un avantage en puissance sur ses concurrents. Je serai curieux de voir à l’œuvre quelques triple-sauteurs de bon niveau à l’avenir. Peut être seraient ils très performants eux aussi. 

Ce qui ne manquerait pas d’intérêt d’autant que l’athlétisme et plus particulièrement les concours pâtissent un peu de leur manque de visibilité hors stade. Quelques triathlètes pourraient peut être également venir se frotter au meilleurs non ? 

Oui en fait nous sommes vraiment une épreuve ouverte à tous les profils de sportifs et c’est en tout cas intéressant d’avoir monté cette course pour laquelle au départ nous nous demandions si elle aurait déjà le succès actuel en termes de participants présents. Pour un club organisateur comme le notre, désireux de financer ainsi nos sections sportives dans leurs déplacements en compétition, c’est aussi une belle occasion de faire parler de l’athlétisme plus largement. 

C’est en tout cas un beau challenge relevé par le CA Bigouden et un exemple d’organisation atypique qui méritait bien ce petit coup de projecteur ... Pour un phare c’est presque un pléonasme.

 

Quentin Thomas le vainqueur a bien voulu revenir lui aussi sur son expérience .

 

Ni athlète, ni coureur, l’escrime étant assez éloignée de l’athlétisme quelle a été ta préparation pour cette course et l’as-tu seulement préparée ?  

Oui je l’ai préparé un peu, sur la base de ce que je fais en préparation foncière pour l’escrime : courses courtes en fractionné et travail dynamique dans les gradins. Apres j’étais venu reconnaitre un peu la configuration du phare en le visitant et j’avais voulu mesurer la hauteur des marches pour m’en faire une idée. Seul hic elles ne sont pas de la même hauteur... 

Pas un handicap au final au vu de l’écart mis avec le précédent record qui n’est certes pas un record du monde du 100 mètres mais qui était détenu par un athlète consistant. Pourquoi cette différence de 4 secondes selon toi ?  

Je pensais avoir une bonne condition physique. Souvent en stage d’escrime je le constatais et l’idée de me tester sur la montée du phare a fait son chemin sans que je puisse dire que j’ai préparé cette épreuve très spécifiquement. Maintenant l’escrime nécessite de bons appuis et de la résistance physique d’autant que mon arme est le sabre , discipline la plus puissante des trois (épée, fleuret, sabre) mais peut être est ce le caractère asymétrique de l’escrime qui m’a aussi permis d’être performant  sur cette montée en rotation. 

Avec en plus ces marches inégales peu propices aux athlètes aux longues foulées rectilignes c’est peut être l’explication technique qui prévaut. Tu remettras ton titre en jeu l’année prochaine ? 

Oui sans doute. C’était sympa comme expérience et j’ai bien aimé et pourquoi ne pas essayer de faire un petit peu mieux l’année prochaine. 

Tu n’as pas envie de tester l’athlétisme et la course d’ici là ?

J’aime tous les sports. Mais actuellement c’est un peu plus compliqué depuis 3 ans car je fais des études de médecine (en 3e année ndlr) alors j’ai beaucoup de temps à consacrer à ces études et ma pratique sportive n’est plus « de compétition ». 

Pour te situer sportivement, quel a été ton meilleur niveau d’escrimeur jusqu’ici ?

Niveau « participation aux championnats de France ». Mais pas davantage avec un entrainement hebdomadaire de deux-trois séances c’est difficilement envisageable d’ambitionner plus, les meilleurs s’entrainant beaucoup plus. Mais ayant commencé l’escrime à l’âge de 6 ans ça reste mon sport numéro 1.

 

Pour plus d'infos (photos, videos) sur cette course, le site internet du ca bigouden : http://cabigouden.free.fr/index.php?page=82

 

 

 

 

David Grard : rencontre avec un entraineur formateur

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Écrit par Ivan Moreau   
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Valentine Huzé, sélectionnée aux championnats du monde junior de Barcelone sur 400m haies et licenciée au SPN Vernon, est entrainée par David Grard depuis 2006.
Nouvelle rencontre pour Culture Athlé avec un entraineur d'athlète en devenir.

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Bonjour David, tu entraines Valentine au club de Vernon depuis 2006 je crois. Quel est ton parcours d’entraineur jusqu’ici ? Et pourquoi le 400 m haies ?

J’entraine au club de Vernon depuis 1994.
D’abord en école d’athlétisme en parallèle de ma pratique de ½ fondeur , puis en demi-fond toujours en pratiquant également avant de me voir proposer un emploi par le club pour gérer l’administratif et la coordination du club tout en entrainant des athlètes de niveaux différents.
Mon évolution est ainsi parallèle à celle du club de Vernon qui a accédé l’an passé au niveau N1C aux interclubs et compte dans ses effectifs des athlètes de qualités pour la plupart formés au club, Mamoudou – Elimane Hanne, arrivé cette saison ou Antoine Nabialek arrivé la saison dernière étant les exceptions qui confirment la règle.
Dans cette logique je suis surtout un entraineur polyvalent dans le domaine des courses et la rencontre avec Valentine, dont les qualités pour aller vers cette épreuve m’ont paru évidentes, m’a naturellement amené à progresser dans l’approche du 400 m haies sans délaisser pour autant les autres distances.

Tu évoques ton parcours avec le club de Vernon et ton emploi dans ce club. C’est en prolongement d’études STAPS que tu as pu envisager cette possibilité ?

Non pas du tout. J’ai en réalité une formation en lettres modernes et je ne me projetais pas au départ vers une activité professionnelle en rapport avec le sport. C’est dans le cadre de mon service militaire civil que l’opportunité de servir mon club s’est présentée avec la participation de la municipalité de Vernon.
Même si mon statut me permet d’en vivre c’est avant tout le gout d’entrainer qui me conduit aujourd’hui à passer beaucoup de temps sur les stades en étant conscient de la chance de pouvoir allier passion et activité professionnelle, si accaparante puisse – t’elle être parfois. 

Tu te considèrerais donc plutôt comme un entraineur de club qu’un entraineur d’athlète … ?

Oui en grande partie, mais en réalité je ne m’identifie pas ainsi mais davantage dans ce que Jacques Piasenta décrivait à travers les concepts d’entraineur repreneur (ceux qui entrainent des athlètes confirmés venant à eux) et d’entraineur formateur qui me correspond davantage. Apres le terme d’entraineur de club ne me déplait pas non plus en ce sens que je ne conçois pas entrainer d’athlètes régulièrement s’ils ne font pas partie du club avec l’engagement que ça signifie vis-à-vis du club.

Vaste sujet, car la notion de club formateur s’oppose bien à celle de clubs plus tournés vers le haut niveau et bénéficiant des structures plus importantes en nombre et moyens que bon nombre de  «  petits » clubs formateurs.
Ton opinion en quelques mots à ce propos ?

C’est d’abord un constat qui peut être fait, effectivement et la difficulté de certains clubs à pouvoir conserver leurs talents là où ils ont les compétences pour permettre à l’athlète de continuer à progresser.
A Vernon nous progressons en ce sens en fonction des athlètes dont nous disposons. La question est aussi de savoir répondre aux besoins des athlètes, sportifs, certes, mais pas seulement. Et pour ce qui me concerne c’est aussi possible de le faire sur un club comme le notre car les athlètes bénéficient de l’avantage de la continuité du projet mené avec eux depuis leurs débuts. Ce n’est pas quelque chose de dogmatique bien sûr mais ce sont aussi des choses qui comptent pour ne pas casser la dynamique d’athlètes de bonne valeur et que la politique des pôles, par exemple, peut parfois mettre en péril. 

Dans ce rôle d’entraineur formateur de club, quelle catégorie est pour toi la plus intéressante à entrainer ?

Toutes sans hésitation. Il est évident que certaines sont parfois plus … « fatigantes » que d’autres à entrainer mais le projet éducatif doit aussi être sous-jacent quand on s’inscrit dans une démarche de formation athlétique.
C’est aussi sur ces valeurs qu’on construit un athlète au-delà de tout ce qu’on lui apprendra techniquement et qui est une base commune à quasiment tous les entraîneurs, en principe. Je pense que l’entraînement est avant tout une science humaine et que la différence se fait bien souvent sur la communication, la psychologie et d’autres aspects pouvant apparaître périphériques. 

Par rapport à cela, ton expérience avec Valentine cette année et la quête « comme les grands » de minimas à satisfaire pour être du voyage à Barcelone a-t-elle été enrichissante ou difficile pour toi ?
Ce contact avec le haut niveau t’encourage t’il à vouloir aller plus loin dans cette démarche ?

Valentine n’est pas la première athlète à avoir été internationale parmi les athlètes que j’ai pu entrainer (Tristan Druet, plusieurs sélections en jeunes et en « A » avec l’Irlande et Laure Funten 1 sélection chez les jeunes en hors – stade) mais cette année a été plus difficile me concernant pour répondre aux besoins de Valentine sur les nombreux meetings où elle a tenté ces minimas tout en conservant une présence satisfaisante auprès des autres athlètes que j’entraine.
Je n’ai d’ailleurs pas fait le voyage à Barcelone avec Valentine en juillet pour compenser cela auprès des athlètes en compétition sur la même période. Valentine s’est d’ailleurs très bien débrouillée sous la responsabilité de l’encadrement fédéral. L’essentiel pour moi était de l’avoir accompagné jusque-là, sachant que le travail était fait.
C’est bien sûr très enrichissant par ailleurs d’avoir un projet de haut niveau avec une athlète comme Valentine et l’objectif est évidemment d’aller le plus loin possible et pourquoi pas jusqu’à Rio ! 

Avec le recul sur ces douze années d’investissement, quels seraient tes souhaits pour les 10 prochaines années ?

Pas d’objectifs particuliers sur 10 ans. J’ai conscience du chemin parcouru, de ce que les choses prennent comme temps et si notre club pouvait accéder en N1B aux interclubs sur les saisons à venir ce serait déjà un premier objectif qui me satisferait.
Apres concernant les athlètes, continuer à nous développer en misant très majoritairement sur le contexte local reste mon leitmotiv et évidemment je souhaite pouvoir accompagner ceux que j’entraîne le plus haut qu’il leur sera possible d’aller.
A titre personnel continuer à m’enrichir, à comprendre et assembler mes connaissances techniques pour un coaching encore plus intuitif, est ce vers quoi j’aimerai continuer à progresser.
Continuer l’aventure en somme ! 

Concernant Valentine, avant de conclure cette ITW, quels objectifs plus précis envisagez vous ensemble à l'avenir et précisément pour l’année prochaine ?

Pour l’avenir nous souhaitons continuer à évoluer sur le schéma à 16 foulées que nous avons commencé à mettre en place cette saison.
En espérant approcher les 57’’ quand cela se sera consolidé jusqu'à la 6e haie, ce qui est théoriquement un minimum selon les grands pontes de la discipline tels Jean – Jacques Behm. Pour l'instant elle tient jusqu’à la 4ème.
Valentine, dont les progrès sont constants depuis plusieurs saisons n’a aucune raison de s’arrêter là.
Avec 3 ou 4 entraînements par semaine en junior, elle a atteint une demi-finale mondiale à Barcelone et remporté 3 titres de championne de France. Valentine a eu par ailleurs un parcours intéressant en épreuves combinées en minimes (4440 points à l’hepta) et a un véritable projet sportif avec l'obtention de son bac puisqu’elle se dirige vers le STAPS ou son statut de haut - niveau va lui dégager du temps pour l’entraînement.
N’ayant par exemple jamais touché une barre de musculation, elle a une grande marge de progression dans certains domaines comme la vitesse et la puissance.
Une participation aux championnats d’Europe espoirs sera si tout va bien le grand objectif estival.

Et bien bonne continuation pour la saison prochaine et merci encore d'avoir bien voulu répondre à ces questions.


<spanstyle="text-decoration: underline="">Compléments : La fiche FFA de Valentine Huzé:
http://bases.athle.com/asp.net/athletes.aspx?base=biographies&seq=168001

Meeting Herculis de Monaco : Les réactions des Français

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Écrit par Culture Athle   
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Lors du meeting Diamond League de Monaco, les français n’ont pas été à la fête mais ils restent très concentrés avant d’aborder les Jeux Olympiques, qui constituent pour beaucoup le rêve d’une vie. Il reste deux semaines à nos athlètes français pour arriver en forme olympique à Londres. Retrouvez les réactions d’après course de Garfield Darien, Myriam Soumaré, Aurélie Chaboudez, Yoann Kowal et Pierre-Alexis Pessonneaux ainsi que la réaction d’après concours de Vanessa Boslak.

En exclusivité pour Culture Athle.


Garfield Darien (6ème en 13’’27) : « si je suis en finale, je voudrais gagner l’or tout comme les sept autres mecs dans les starting-blocks. »

- Comment t’es tu senti ce soir ?

J’étais fatigué, après une grosse préparation ces deux dernières semaines. Cette fatigue je l’ai ressentie dès l’échauffement, je n’avais pas beaucoup de rythme. J’essaye de m’accrocher, c’est important de quand même répondre présent ce soir. Il fallait être là, j’ai donné mon maximum. J’arrive à faire 13’’27 malgré mon état de fatigue, pas si loin de mon record personnel (ndlr : 13’’15). Ca reste un gros chrono, qui devrait me permettre de rentrer en finale des Jeux.

- Justement, comment vas-tu te préparer jusqu’aux JO ?

Maintenant on va travailler la fraîcheur pour être fin prêt pour les Jeux. Je ne me fais pas de soucis, on a déjà fait le gros du travail, et je sais que j’arriverai avec beaucoup plus de fraîcheur à Londres. Je vais faire peu de séances, de la musculation très légère, pour avoir du jus le jour J.

- Quel sera ton objectif aux JO ?

Il faudra passer les différents tours, passer en finale, et si je suis en finale, je voudrais gagner l’or tout comme les sept autres mecs dans les starting-blocks. Sur 110m haies tout peut se passer !


Vanessa Boslak (8e de la perche avec 4,45m) : « Ma priorité d’ici les Jeux sera de travailler ma course d’élan. »

- Comment s’est passé ton concours ce soir ?

Je fais une bonne entrée dans le concours, je suis bien à 4,35m au premier essai puis à 4,45m de nouveau au premier essai. Puis à 4,54m, je change de perche et j’ai encore beaucoup d’irrégularités dans mes courses d’élan. Il ne reste pas longtemps, seulement deux semaines, pour travailler cette course d’élan d’ici les Jeux. Ce sera ma priorité.

Pour faire un podium, il faudra passer au 1er essai à 4,70m voire 4,75m. Mon objectif sera d’être performante et surtout de ne pas sortir frustrée des Jeux, à l’opposé de ce soir à Monaco où je sors frustrée de la compétition.
 

Myriam Soumaré (8èmedu 100m en 11’’37) : « A Barcelone en 2010, cela m’avait réussi de courir sur les trois distances »

- Ce meeting Herculis, c’était une bonne dernière compétition avant les JO ?

J’avais la forme ce soir, mais malheureusement je rate mon départ et à ce niveau là ça ne pardonne pas, les filles vont vite et on a pas le temps de se rattraper. Je suis aussi contente pour le relais. C’est le dernier meeting avant la vraie compétition « stress » que sont les JO. Dans 10 jours ce sera bien différent, rendez-vous à Londres ! La c’était les derniers réglages, même si tout n’a pas fonctionné ce soir.

- Tu seras alignée sur 100m-200m-4x100m ?

Oui 100m-200m-4x100m je fais tout. J’y vais pour me faire plaisir. Je sais qu’il y a des athlètes qui galèrent pour se qualifier aux championnats de France, je suis qualifiée sur les trois aux JO je ne peux pas me permettre de faire l’impasse sur une discipline. A Barcelone, cela m’avait réussi.

- On sent une joie retrouvée dans le 4x100m féminin français ?

Le relais, je n’y étais pas en 2011, je dois encore me régler avec Linda (ndlr : Linda Jacques-Sebastien), ce n’est que la deuxième fois qu’elle me donne le témoin. J’avais souvent l’habitude de prendre le départ sur le relais. Notre performance de ce soir ne m’inquiète pas, nous sommes très motivées, on a une belle équipe. Dans un relais tout peut se passer, vous le savez-bien. Il y a une bonne ambiance entre nous, on a presque toutes le même âge et on s’entend super bien.
 

Aurélie Chaboudez à Herculis 2012 / © Culture AthleAurélie Chaboudez (7e du 400m haies en 57’’93) : « Une médaille pour terminer la saison c’est parfait. »

- Qu’est ce que ça te fait de courir face à Lashinda Demus et Melaine Walker ?

Ca fait plaisir dans un premier temps. Après c’est un autre monde, je le savais en venant ici, mais c’est une très bonne expérience. Cela me montre que j’ai encore du travail a réaliser pour le plus haut-niveau mondial. Ce soir je suis partie un peu vite.

- Cela vient-il couronner ta saison, après les mondiaux junior de Barcelone, où tu va décrocher une médaille d’argent alors que tu n’avais que le 7ème meilleur temps des engagées ?

A Barcelone, tout s’est bien passé du début à la fin. Une médaille pour terminer la saison c’est parfait. Je crois que ne pas être favorite cela me va bien, même si je ne le fais pas exprès. Je me réveille quand il faut on va dire.

- Quels seront tes objectifs à venir ?

Ce n’était pas prévu que je cours ici à Monaco mais l’occasion s’est présentée après les mondiaux junior, c’est super pour moi. Maintenant place au repos, je vais prendre des vacances et je me préparerai pour ma première saison chez les grands l’année prochaine. Je n’ai pas d’objectif fixé à long terme même si je pense bien sûr dans un coin de ma tête aux Jeux de Rio 2016, comme tous les jeunes de ma génération. Mais après, je n’y pense vraiment qu’un petit peu, j’ai encore du chemin à parcourir.
 

Yoann Kowal (10e du 1500m en 3’35’’03) : « J’aimerais rentrer en finale à Londres, même si les gars sont très forts. »

- Tu as couru dans une course très relevée ce soir, tu étais encore au contact au 1200m…

C’est dommage que je n’ai pas pu coller le groupe de tête qui relance dans le dernier tour, j’ai un peu été gêné par l’Espagnol Alvaro Rodriguez. Je fais 3’35’’03, j’aurais aimé faire un peu mieux car la course était très relevée. J’ai tenté, mais j’ai eu un peu de mal. Je suis toujours en période de travail et ça n’est pas évident. Mais l’important, ça reste les Jeux Olympiques ! J’aimerais rentrer en finale, même si les gars sont très forts, ça sera tactique.

Yoann Kowal à Herculis 2012 / © Culture Athle

Pierre-Alexis Pessonneaux (3ème relayeur du 4x100m, 4ème en 38’’73) : « Le temps ce soir n'est pas alarmant, on manque un peu de fraîcheur. »

- Comment s’est passé cette dernière répétition pour le relais 4x100m avant les Jeux ?

Au niveau des marques ça a été, c’est pas trop mal, même si on attend le retour vidéo pour voir ce qu’il y a à améliorer. On est venu testé des choses, pour voir ce que donne la préparation du relais. Cela fait une semaine déjà que l’on est réuni pour préparer le relais, et encore pour deux jours à venir. On a bien travaillé. Le temps ce soir n’est pas alarmant, on manque un peu de fraîcheur. L’équipe changera sûrement un peu avec Christophe (Lemaitre) et Jimmy (Vicaut) mais c’est au coach de décider.

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Laura Valette, athlete licenciée au club de l’ASPTT Nantes a battu le record de France du 80 m haies minime en 11’’19 lors de sa participation à la Finale nationale des pointes d’Or 2012 à Albi.
Performance remarquable et remarquée.
Rencontre avec Nicolas Trouvat son entraîneur à l’ASPTT Nantes.

Bonjour Nicolas, Laura Valette athlète que vous entraînez a battu un record de haute tenue lors de la finale des pointes d’or à Albi la semaine dernière. Une grosse satisfaction pour l’athlète comme pour l’entraîneur je suppose ?
Oui c’est une performance qui nous a fait très plaisir sur cette discipline qu’elle affectionne. Laura est une compétitrice et s’est investie avec beaucoup de sérieux cette année.
Ca lui tenait à cœur de finir avec le meilleur temps des pointes d’or 2012 sur cette épreuve.
Le record en revanche n’était pas réellement programmé mais nous n’avons pas boudé notre plaisir de l’avoir battu.

Ce record la place dans la lignée d’hurdleuses de talent comme Reina Flor Okori, précédente recordwoman de France en 11’’44. Pouvez nous indiquer le parcours sportif de Laura jusqu’ici ainsi que ses qualités principales ? 
Elle pratique l’athle depuis ses débuts en école d’athlétisme en 2004 , jusqu’ici en parallèle avec d’autres activités sportives comme la gymnastique et la danse . C’est une athlète très volontaire et depuis cette année elle a décidé de s’investir davantage dans l’athlétisme en cessant ces autres sports.
Elle a pu intégrer le centre d’entraînement nantais sportif qui lui offre de très bonnes conditions pour évoluer dans cette approche.
Sur ces principales qualités, c’est une jeune fille qui aime l’activité sportive et ses qualités sont autant physiques que dans sa motivation à vouloir progresser.
Elle n’a pas pour l’instant de qualités techniques spécifiques avec un gabarit « moyen + » (1m72).

Vous évoquez le C.E.N.S, centre pour jeune sportifs , de quoi s’agit il ?
C’est un centre ouvert aux enfants scolarisés à partir du collège qui accueille différents sports et offre des conditions d’étude particulières permettant la pratique du sport. Il s’agit en fait des infrastructures de l’ancien centre de formation du FC Nantes.
On y retrouve par exemple les jeunes basketteurs de l’Hermine de Nantes tout comme 18 autres sports en pôle espoir et pôle France pour beaucoup.
Tout ceci est mis en place en partenariat avec les clubs.
Les moyens mis en œuvre permettent une optimisation du temps scolaire (classes de huit élèves, -30 % de temps de cours, pas de cours d’EPS).
Je suis enseignant en anglais dans cette structure en tant que vacataire et les conditions y sont excellentes pour l’ensemble des jeunes.

Laura s’entraîne donc déjà régulièrement, quels sont les principaux axes de son entraînement ainsi que ses conditions générales d’entraînement ? 
Depuis cette année et son entrée en seconde (1) Laura a décidé de s’investir davantage dans l’athlétisme. C’est un projet concerté entre elle, ses parents et moi mais Laura s’entraîne dans un groupe où les fréquences d’entraînement diffèrent selon les athlètes. Son assiduité me permet de lui donner des bases nécessaires à la découverte du haut niveau ou du moins à pouvoir l’envisager à terme. Travail technique athlétique mais aussi des séances de relaxation, souplesse, étirements.
Avoir un objectif est la seule condition que je fixe aux athlètes en évaluant cela avec eux au moins deux fois par an pour m’adapter en conséquence.

Un entraîneur qui s’adapte à ses jeunes athlètes de la sorte c’est assez rare pour être souligné. Quelles en sont les raisons vous concernant plus précisément ? 
J’ai entraîné six ans en "high school" aux Etats-Unis à Santa Fé au Nouveau Mexique d’abord comme préparateur physique dans mon sport d’origine le basket puis en athlétisme où la culture US encourage les entraîneurs à encadrer d’autres sports selon les besoins.
J’ai d’abord apporté ma compétence de préparateur physique avant de pouvoir apprendre à entraîner spécifiquement en athlétisme au contact de coachs spécialisés. Ca m’a été très profitable et instructif et je suis aujourd’hui plutôt spécialisé sprint-haies et sur les relais.
A mon retour en France en 2010 c’est avec cette expérience que je me suis rapproché de l’ASPTT Nantes qui m’a permis de prendre en charge un groupe sprint-haies et de l’organiser en fonctions des athlètes qui le composaient. Une chance pour moi, et aujourd’hui c’est ce fonctionnement qui prévaut, ma règle de conduite étant d’être disponible selon le potentiel et la volonté des athlètes du groupe.

Votre groupe est constitué de jeunes athlètes donc, ce qui doit peut-être permettre à Laura d’avoir quelques partenaires d’entraînement privilégié ? 
C’est un groupe qui était fort de cinq minimes cette année sur lesquelles se base une bonne partie de la dynamique des entraînements. Il y a aussi une très bonne cadette sur 400 m (2) et une sprinteuse irlandaise senior (3) qui s’essaye également depuis cette année au 400 m avec une certaine réussite.
J’entraîne actuellement ce groupe d’une quinzaine d’athlètes qui me donne beaucoup de satisfactions dans son ensemble et c’est cette dynamique qui profite également aux athlètes.

On évoque assez peu souvent la satisfaction de l’entraîneur quand on parle d’entraînement de jeunes et de performance. Pas d’inquiétude particulière à évoluer un peu à contre-courant d’entraîneurs plus réservés sur cet aspect performance ?
L’objectif pour un entraîneur tel que je le conçois est très globalement tourné vers la performance et j’en ai eu la démonstration encore aux pointes d’or la semaine dernière.
J’ai le souci de ne pas amener un athlète jusqu'à un point de rupture dans l’excès de ce qu’il peut réaliser.
J’ai été Head coach salarié en lycée aux USA avec la responsabilité d’une équipe d’assistants et d’étudiants investis dans le sport et les études.
Ma motivation est la même en tant que bénévole ici : le sport comme source de dépassement et d’éducation.
Par ailleurs nous avons mis en place pour l'ensemble du groupe un suivi médical (kine, podologue et psychologue) et Laura bénéficie aussi d’un environnement familial très positif et en phase avec les contraintes que cela sous-entend.
C'est l’opportunité du C.E.N.S et du partenariat mis en place avec eux qui me permet de concrétiser ce projet pour Laura aujourd’hui. Ce serait difficile autrement.
L’idée est bien de faire du sport de compétition et j’espère voir d’autres athlètes bénéficier de ces conditions à Nantes.
A ce titre nous avons fait une demande à la FFA pour permettre une officialisation de notre structure en tant que structure de formation FFA.

C’est sans doute une précision qui sera appréciée de tous .
Je vous remercie pour cet entretien sans détour et la transparence de vos réponses.
On souhaite à Laura de continuer sur sa lancée, des vacances bien méritées et une excellente continuation à votre groupe.

 laura valette albi

Pour plus d'informations
La page Facebook du groupe sprint de l'ASPPT Nantes : http://www.facebook.com/pages/Asptt-Nantes-Sprint/203800342974275
Le site officiel du C.E.N.S : http://www.cens44.fr/

(1) Laura possède un an d’avance dans sa scolarité.
(2) Célia Audibert, cadette , en 58’’21 au 400 metres.
(3) Shauna Cannon, athlele irlandaise spécialiste de sprint en 11.93 au 100m, 24.4 au 200m et 56.31 au 400m.