Pole Espoir mode d'emploi par Laurent Freund

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Écrit par Ivan Moreau   
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En prolongement des interviews consacrées à l'athletisme chez les jeunes, Culture athle est allé interviewer Laurent Freund responsable du pole espoir de Fontainebleau. Pour un petit panorama d'une structure d'entrainement dédiée à la performance , mais pas seulement ...

Bonjour, vous êtes le responsable du pole Espoir de Fontainebleau. Pouvez-vous nous en expliquer rapidement le fonctionnement ?

Le pole de Fontainebleau fonctionne avec une trentaine d’athlètes tous pour la plupart sur liste Haut Niveau (liste espoirs ou jeunes). C’est un pré-requis pour y entrer à quelques exceptions parfois. Nous accueillons ainsi de jeunes athlètes de qualité, motivés pour bénéficier de meilleures conditions d’entrainement en accord avec leurs objectifs scolaires.A ce titre nous fonctionnons avec deux établissements scolaires : le lycée Uruguay et le lycée François Couperin tous les deux sur Fontainebleau. Pour le premier, les horaires de cours sont aménagés et les athlètes sont disponibles pour l’entrainement et les soins à partir de 15h30. L’autre structure nous permet d’étendre également le choix des filières scolaires possibles même si nous aimerions bien pouvoir bénéficier aussi d’aménagements horaires pour les jeunes athlètes y étant scolarisés.

Je vous coupe… Est-ce fondamental pour le bon fonctionnement du pôle ?

Oui pour partie dans la mesure où nous accueillons pratiquement toutes les spécialités et avons besoin de travailler à la fois par groupe de spécialités et en même temps en cohésion inter-groupe sur certaines séances dans la semaine. Par ailleurs ces aménagements permettent aussi aux athlètes de s’investir parfois davantage dans leurs études sur des périodes particulières en compensation de temps consacrés davantage à leur pratique sportive, comme les déplacements en compétitions nationales, voire internationales, ou les stages nationaux également pour certains d’entre eux.

Cet entrainement par groupe repose t’il sur des entraineurs spécifiques au pôle ?

Oui et non. Je suis entraineur permanent à ce titre en plus du travail de responsable administratif  du pole et nous avons ensuite des entraineurs spécialisés par famille de disciplines, et en charge de chaque groupe. Nous avons ainsi pour le demi-fond Thierry Choffin par ailleurs professeur agrégé en EPS, Serge Helan pour les sauts horizontaux, Alex Menal pour le sprint, Charlus Bertimon pour les lancers et moi-même pour les haies. Ces entraineurs gèrent leurs groupes ,et les athlètes qui les composent, en autonomie et un peu de coordination de ma part quand cela est nécessaire, pour certaines séances collectives notamment.

Quels sont les objectifs sportifs pour une structure pole par rapport à un club ?

Les mêmes avec vraisemblablement davantage d’exigence pour l’ensemble des athlètes : compte tenu de leur potentiel, nous cherchons à avoir de bons résultats en championnats de France, ainsi que des athlètes sélectionnés en Equipe de France. Pour le pôle bien sûr  mais aussi pour que ses athlètes puissent prolonger leur parcours de haut niveau quand ils nous quittent ensuite.

Pour le pôle, c'est-à-dire … ? Avez-vous des obligations de résultats ?

Non mais c’est dans l’esprit de la démarche initiée par la LIFA. Il y a un investissement financier important de la ligue pour permettre à ces athlètes de s’exprimer dans le haut niveau, la plupart sont licenciés dans des clubs d’Ile de France, c’est aussi une démarche collaborative avec ceux-ci. Je suis par ailleurs détaché par la FFA en qualité de CTR pour exercer mon rôle d’encadrement sur le pole et c’est aussi une exigence personnelle et professionnelle de valider le travail fait, par des résultats. Nous sommes un pôle pour le haut niveau.

Pour un entrainement adapté à la progression future de ces jeunes athlètes néanmoins ?

Oui, comme je vous l’ai dit l’objectif c’est le haut niveau et pas seulement tant qu’ils seront au pôle. On a un peu oublié de le signaler à cette occasion mais les deux médaillés français au derniers Jeux Olympiques sont aussi des athlètes passés par des pôles. En ce sens c’est aussi à long terme, une satisfaction du travail accompli, quand on est responsable d’un pôle quel qu’il soit.

Que pensez-vous des centres de formation de clubs appelés des vœux de certains clubs et de la FFA pour l’avenir ?

Rien de bien polémique si c’est le sens de votre question.

Avec notre expertise et nos moyens nous constatons au quotidien que l’exercice n’est pas aisé : Il faut des structures, des moyens financiers, du personnel qualifié. Nous ne sommes pas venus de nulle part ici à Fontainebleau puisque dans le prolongement d’une section sport étude. En étant bien conscient de ce qui a été facilité par cet héritage je ne peux que souhaiter à certains clubs d’y parvenir également là où cela est possible. Nous accueillons des athlètes demandeurs, pour beaucoup en internat sur la semaine, preuve qu’il y a de toute façon un besoin.

Sur la composition du pole avez-vous des disciplines phares pour lesquelles davantage d’efforts sont consentis ? Des choix dans la sélection à l’entrée en pôle ?

Non, nous avons en fait de bons résultats sur certaines disciplines plutôt que d’autres selon les années  mais l’admission se fait en fonction du niveau des athlètes qui postulent à l’entrée. A l’exception de la perche, nous sommes en mesure d’accueillir toutes les disciplines. Nos entraineurs sont qualifiés, avec des profils très intéressants en tant qu’ex athlètes de haut niveau ou formateurs de qualité. L’admission se fait sur la base du niveau de l’athlète et de sa volonté de mener son double projet athlétisme/étude : Il intègre le pole dans ces conditions sans distinction de discipline.

Aucun souci avec le « recrutement » d’athlètes ?

Absolument pas, des lors que l’athlète et souvent ses parents et entraineurs de clubs en font la démarche, nous les accueillons sur critère de niveau tout simplement. Nous avons aussi la chance de travailler avec deux sections sportives implantées sur les deux établissements scolaires. Ces athlètes d’un niveau inférieur mais motivés par l’athlétisme nous apportent aussi un plus en ce sens que les athlètes du pôle ne sont pas coupés du reste du monde quand ils viennent au stade. Par ailleurs, certains comme par exemple Maxime Salmeron dernièrement, en profitent pour progresser et s’investir davantage, avant de pouvoir intégrer ensuite le pôle.

Dans un rapport gagnant-gagnant en quelque sorte… Vous évoquiez aussi le double projet athlétisme/étude de ces jeunes athlètes. Qu’en est-il de votre rôle en tant que responsable du pôle ?

Mon rôle est clair. Je suis responsable du pôle espoir. Les athlètes, et donc élèves lors de leur temps scolaire, sont sous la responsabilité de leur chef d’établissement. A l’internat du Pôle les sportifs sont en revanche sous ma responsabilité. Nous nous tenons informés de leur scolarité en constatant le plus souvent qu’une bonne scolarité va de paire avec  leur bonne pratique de l’athlétisme. C’est mon souhait pour chacun d’eux. Sans ambiguïté.

En cas de souci scolaire, redoublement, mauvais résultats, avez-vous du coup des exigences particulières ?

Non bien sûr. Le partenariat entre  le pole et les établissements scolaires est bien évidemment un élément incontournable au bon fonctionnement du pôle mais chacun est responsable sur son domaine. Nous pouvons avoir à écarter du pole en revanche tout élève exclu de son lycée. Non pas par sanction supplémentaire mais parce que le partenariat scolaire est une composante du pole tout simplement. Par ailleurs j’insiste sur le fait que les filières scolaires proposées sont diverses et sans distinction de valeurs : l’entrée au pôle se fait bien sur la valeur sportive de l’athlète qui peut ainsi continuer ses études dans la filière scolaire la plus adaptée pour lui.

Voilà qui pourra intéresser nos jeunes lecteurs franciliens. Pour l’aspect sportif, vous évoquiez aussi les résultats attendus. Dans quelle mesure êtes-vous actifs sur l’aspect compétitif des athlètes ?

Nous entrainons les athlètes sur toute la semaine 5 jours sur 7 et pour ceux qui restent le week-end cela peux monter à 6 voire 7 entraînements. Nous avons donc avec eu le même rapport que tout entraineur de club avec un athlète en ce sens que les objectifs de l’athlète sont partagés et pris en considération au quotidien. Entre celui qui pourra prétendre à une sélection internationale comme Hamza Habjaoui par deux fois cet hiver, ou celui qui souhaitera se qualifier aux France pour y faire un podium sur sa discipline, les entraineurs du pôle s’adaptent donc. Pour ce qui est des championnats de France jeune, l’activité du pole ne s’arrête pas avec l’année scolaire. Nous partons tous en stage début juillet pour que les athlètes soient opérationnels lors des France sans couper avec leurs habitudes de l’année. C’est une mesure bénéfique dont nous sommes plutôt satisfaits car elle permet de faire valider à tous les athlètes leur investissement sportif de toute une année. D’autre part cela permet de créer une émulation et une forte dynamique de groupe avant les France.

On peut donc dire que la bonne santé du pôle s’évaluerait assez facilement au vu de vos résultats en championnats de France jeune ?

Oui d’une certaine manière avec un petit bémol cependant concernant la valeur d’un bilan sur ce  seul aspect : certains athlètes ont des objectifs de sélections internationales et donc des pics de forme, fonction des périodes et épreuves sélectives, parfois en amont des championnats de France. C’était le cas cet hiver pour ceux qui ont ciblé leur saison sur la possibilité d’une sélection au match international junior en salle et qui ont pu être moins performants  lors des championnats de France. Comme expliqué déjà nous ne sommes pas à comptabiliser les médailles et podiums du pôle. Leur mise en perspectives consiste uniquement à nous permettre d’évaluer  la bonne dynamique collective qu’elle suggère.

Un bon bilan collectif que je laisse donc lire à nos lecteurs en annexe. En vous remerciant pour cette ITW et la découverte de ce pôle en particulier.

 

Bilan Pôle Espoir Fontainebleau Hiver 2012-2013 

=> Les athlètes du Pôle Espoir de Fontainebleau comptabilisent sept sélections dans les équipes de France jeunes. 

Championnats d’Europe de Cross  

 Hamza Habjaoui (EFCVO) :  20e individuel - 2e par équipe avec l’ équipe de France junior 

Championnats du Monde de cross 

Johanna Geyer-Carles (Athlé Sud 77) seule athlète française junior femme sélectionnée  

Hamza Habjaoui (EFCVO) en juniors hommes 

Match junior France-Italie-Allemagne à Ancône 

Doris Deshayes (ESR Arpajon) : 60 mètres et  relais 4x200 mètres. 

Déborah Sananes (EA Bourg en Bresse) : 400 mètres   

Zohair Laroussi (CS Meaux) : longueur, meilleure performance française junior de la saison en 7,55 mètres

Cyrille Bernot (Athlé Sud 77) : 60 mètres haies.  

=> Au niveau des différents championnats de France 

  • Championnats de France des lancers longs   

Cynthia Louis (CS Montereau) : 2e du lancer de disque cadettes (39,02 mètres) 

Rizlaine Amdaa (Athlé Sud 77) : 2e du lancer de javelot espoirs femmes  (42,93 mètres). 

  • Championnats de France de cross :  

Johanna Geyer-Carles (Athle Sud 77) : championne de France juniors femmes 

EmmaOudiou (Athlé Sud 77) : 8e junior femmes 

Manon Pareau (Athlé Sud 77) :  10e junior femmes 

Camille Laplace (Athlé Sud 77) : 13e juniors femmes 

Titre par équipe Juniors femmes pour l’Athle Sud 77 

Hamza Habjaoui (EFCVO) : 4e de la course juniors hommes 

Alexis Bosio (Bussy Saint George Athlétisme) :5e de la couse cadets hommes  

Cécile Chevillard  (Ouest Athle78) : 3e espoir du cross long femmes 

Renelle Lamote (Athlé Sud 77) : 10 e du cross court femmes 

  • Championnats de France Jeunes/Espoirs en salle 

Renelle Lamote (Athle Sud 77) : 1ere du 800 espoirs femmes  (2’09’’51) 

Cynthia Louis (CS Montereau) : 1ere de la hauteur cadette (1,74 mètres) 

Déborah Sananes (EA Bourg en Bresse) : 1ere et RF du 400 mètres juniors filles (55"28).  

Finalistes  

Cyrille Bernot (Athle Sud 77) :4e sur le 60 mètres haies juniors hommes(8’’00).  

Carole Zahi (Athlé Sud 77) : 4e du  60 mètres juniors hommes (7"68).  

Zohair Laroussi (CS Meaux): 5e de la longueur  juniors hommes

Solène Chavinier (CMS Pontault Combault) : 6e du 400 mètres cadettes (61’’30) 

Alexis Bosio (BSGA) : 7e du 800 mètres cadets (chute à 50m de l'arrivée). 

Et aussi hors pole mais en sections sportives 

Benjamin Nguerret (ASP Sénart): 1er longueur  juniors hommes (7,20)

Fiona Brival (PUC): 4e du triple saut cadettes  (11m70)

Ashley Robert (Senart Combs Brie Athlétisme) : 7e du 60 mètres haies cadettes (8’’79)

Gaëtan Manceaux : "mon statut a changé en un week-end"

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Écrit par Culture Athle   
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Gaëtan Manceaux est l'un des jeunes athlètes les plus prometteurs de l'athlétisme français. Sa décontraction et sa détermination en font un redoutable coureur de championnat. Le demi-fondeur roannais progresse régulièrement depuis les catégories jeunes, jusqu'à franchir un cap cet hiver en devenant vice champion de France élite du 800m en salle et en améliorant ses records personnels à 1'49''34 au 800m et 3'48''32 au 1500m.

Interview réalisée par Nico LaClusaz pour son magazine en ligne Courir dans les 2 Savoie à découvrir sur www.nicolaclusaz.com

 

Gaëtan, peux-tu te présenter rapidement stp, tu as commencé tôt l’athlé ? 

Pour commencer je voudrais dire que si j’en suis là c’est grâce à ma famille, mes amis, mon entraineur, tous m’aident à garder les pieds sur terre car mon statut a changé en un week-end (ndlr : son titre de vice-champion de France Elite en salle sur 800m en 1’49’’34, derrière Brice Leroy). Avec cet entourage je ne change pas. Je tiens à remercier Adidas pour son aide et Mehdi Baala qui me supervise, cela me donne 100% confiance en moi, c’est vraiment bien.

J’ai commencé l’athlé tout petit c’est mon prof de CE2 qui m’a repéré dans la cour. On courait autour du stade il a vu que je courais aussi vite que les CM2 et m’a dit de me lancer dans l’athlétisme. Je suis allé dans un club juste à côté de chez moi, le club de l’AMA Renaison. J’ai commencé par l’école d’athlé puis après on m’a dit de me diriger vers Roanne. J’ai donc couru en benjamin minime à Roanne en faisant un peu toutes les épreuves et à partir de cadet je me suis spécialisé avec mon entraineur Fréderic Augagneur.

Tu peux nous parler de ton entraineur, Frédéric Augagneur ?

Fred est président du club depuis 2 ans, cela fait des années qu’il entraine, il entrainait déjà des athlètes comme Pamela Baert sur 800m (en 2001 championne de France du 1500m et 800m en salle, vice championne de France espoir du 800m). Depuis quelque temps il entraine notre groupe, composé d’Aissa Boucheliga champion de France sur 3000m cadets, Reda Ammoumi qui a fait un très bon hiver sur 800 et vice champion du Maroc sur 400 m, Mehdi El Jamri depuis que j’ai commencé à Roanne il est là, on a un groupe très homogène, normalement le groupe va s’agrandir encore l’année prochaine.

Cela devient important d’avoir un groupe à l’entrainement ?

Honnêtement c’est grâce à eux que j’ai progressé, si je ne m’étais pas entrainé avec ce groupe je n’aurais certainement pas ces résultats. Ce qui donne cette force c’est que l’on est vraiment soudés, on est tout le temps ensemble, en dehors de l’athlé aussi. On partage tout, on est très solidaire entre nous, le groupe tourne bien grâce à cela, il y a une super ambiance, on se considère comme des frères c’est cela qui fait notre force.

Gaëtan Manceaux et le CA Roannais vice champions de France  2012 du 4x800m, derrière Lille et Mehdi Baala

Tu bats ton record du 800m cet hiver, tu le bats en salle, cela risque d’envoyer cet été ?

J’espère, je ne m’attendais pas du tout à faire ce temps-là cet hiver, je pense que l’on est un peu en avance avec ce que l’on avait prévu avec Fred, mais bon j’ai un peu augmenté l’entrainement donc c’est de bon augure. Je ne sais pas encore si je vais m’orienter vers le 800m ou le 1500m aux championnats Europe juniors, le choix n’est vraiment pas fait on va se fier par rapport au bilan Européen et on verra quel est le meilleur coup à jouer.

Au niveau entrainement tu es à combien de séances par semaine, tu fais aussi de la musculation je crois ?

Je suis à 7 entrainements en moyenne, parfois 6 ou 8, généralement quand c’est 8 je double 2 fois dans la semaine, quand je double c’est généralement le vendredi avec footing le matin et muscu ou PPG le soir. C’est la muscu qui m’a pas mal aidé cette année parce que je m’y suis mis sérieusement et là on a vu que cela a payé, au niveau de mon placement c’est beaucoup plus gainé donc j’ai beaucoup plus de puissance.

Tu peux nous parler de ton finish, tu es très rapide sur 100 et 200 m ?

Honnêtement je n’en ai jamais fait, là il m’arrive d’en faire en séance je pense que sur 200 je suis à 23 et sur 100 un petit 11. J’ai la chance d’avoir un bon pied et réagir au bon moment d’après mon coach. C’est ce qui m’a aidé aux élites, j’arrivais à me replacer.

Tu travailles beaucoup ton pied à l’entrainement ? 

Je le travaille pas mal à la PPG (préparation physique généralisée), mais ce qui m’aide pas mal aussi ce sont des séances de 150m avec 70m placé et 80 plus vite, cela m’aide pas mal à travailler ce pied, j’ai encore des efforts à faire dans le PPS sur les haies (préparation physique spécifique), cela devrait pas mal m’aider à gagner quelques centièmes.

La question que l’on pose tout le temps à un coureur de 800/1500 tu veux rester sur cette distance et tenter de faire une grosse carrière où tu voudrais monter sur la distance ?

Franchement je ne pense pas être un coureur de ce genre-là, même si j’ai beaucoup travaillé mon foncier je pense que jusqu'à 3000m ca va mais au-delà non, peut être plus tard. Mais si je peux faire carrière cela sur 800/1500 ce serait bien.

Tu as déjà 5 sélections en équipe de France, on ne va pas déjà dire que tu es un vieux de l’équipe de France, mais cela reste un super moment.

C’est clair et comme je dis on a vraiment une bonne génération 94 très soudée avec Mickael Zeze, Thomas Jordier, beaucoup de mecs comme cela qui sont extras. C’est sûr que porter le maillot avec eux donne envie d’y retourner, il y a une super ambiance. Le maillot tricolore aide pour la confiance et quand on a une sélection on a envie d’en avoir une autre derrière.

On a une chance de te voir sur cross court ?

Oh oui cela sera pour l’année prochaine, on verra ce que cela donne, mais c’est vrai que sur cross « long » du moins en juniors sur 7 km je galérais un peu comme en cadet d’ailleurs, je n’avais pas la foulée ‘pour’, mon coach m’a dit que l’on réattaquerait en espoirs sur cross court. L’option cross l’hiver c’est un très bon choix parce que pour le foncier cela aide vraiment. Pour des coureurs comme Bryan Cantéro,  Florian Carvalho ou Paul Renaudie qui ont le profil 800/1500 c’est vraiment bénéfique, mais après pour des coureurs comme Pierre Ambroise Bosse ou pour des coureurs ‘plus courts’ 400/800 ce n’est pas forcément bénéfique.

Tu fais ta rentrée où et quand, tu as ton programme avant les Europe juniors ?

Je fais ma rentrée au premier tour des interclubs, on n’a pas encore fait le programme avec le coach parce que l’on reçoit pas mal d’invitations en ce moment et on va essayer de fixer le programme maintenant que l’on a les dates pour les Europe et qu’il va y avoir les meetings de sélections. Par rapport à cela on va fixer les dates, ce qui est sûr c’est que je vais faire le meeting de Saint Etienne le 22 juin.

Aux inters au premier tour je serai sur 400 (résultat : 49''96) sauf si Reda Ammoumi revient de sa blessure et là je serai sur 800, au deuxième tour sur 800, sur le relais 4x400m on va aussi avoir une équipe solide avec Reda s’il est rétablit et un gars qui revient de Mayotte et qui est très fort en sprint.

 

Fiche FFA de Gaëtan Manceaux

Merci beaucoup à Gaëtan et à Nico LaClusaz qui l'a interviewé pour le compte de son magazine online Courir dans les 2 Savoie. Découvrez Courir dans les 2 Savoie, l'un des meilleurs magazines gratuits sur le running sur www.nicolaclusaz.com

Hamza Habjaoui: 1ere sélection en equipe de France, un jeune en devenir

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Écrit par Ivan Moreau   
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Hamza Habjaoui, peu connu encore des spécialistes du ½ fond français,  a été sélectionné en équipe de France de cross junior aux championats d'Europe à Budapest. Rencontre et découverte de ce jeune athlète pour culture-athle.com

hamza habjaoui peloton

 

Une pratique progressive dans l’athlétisme

Hamza est donc jusqu’ici un très bon élément de son club d’athlétisme qu’il fréquente depuis l’âge de benjamin en pratiquant toutes les disciplines de l’athlétisme. Un gout prononcé pour le demi-fond, un papa admirateur de Saïd Aouita, il n’en fallait pas plus pour le voir déjà bien placé (6e) aux championnats minime LIFA de cross en 2009 : « c’était a Cergy-Pontoise mais je n’en suis plus trop sûr, le parcours était difficile » Une évolution logique pour ce jeune athlète ayant d’abord pratiqué le football dans ses plus jeunes années avant de s’orienter vers l’athlétisme au club du Cesame Val d'Oise bientôt fusionné avec Franconville sous le nouveau club de l’EFCVO bien connu des matchs élite interclubs . 

Les premières performances

Hamza poursuit son petit bonhomme de chemin, avec une progression régulière en cadet pour décrocher en 2012 un très bon chrono sur 5000m (14’46’’50) pour sa première année junior doublé d'une 4e place aux championnats jeunes à Lens l’été dernier. Pensionnaire au Pole espoir de Fontainebleau depuis septembre 2011, de l’autre côté de l’Ile de France , il assimile bien son nouveau mode de fonctionnement : « je suis entrainé en pole par Thierry Choffin tout en restant suivi par mon entraineur de club Abdellatif Aichi ; ca se passe bien » 

Equipe de France

Grace a ces performances il participe en stage national demi-fond à Capbreton avec le gratin du demi-fond jeune français. Objectif : préparer les Europe de cross. Y a-t-il découvert de nouvelles méthodes d’entrainement ? « J’ai surtout pu faire connaissance avec les autres juniors, le but en stage n’étant pas de forcer et le cross de sélection n’était pas bien loin dans le temps non plus. » Et en effet dimanche 19 novembre à Pace, en Ile et Vilaine, Hamza prenait une excellente deuxième place derrière l’intouchable recordman de France junior du 3000m Steeple Djilali Bedrani. Sélection acquise haut la main et une équipe de France junior a priori très homogène. 

Budapest c’est par où ?

Partant pour la terre Magyare le vendredi 7 décembre, la belle histoire faillit s’arrêter là pour des raisons météorologiques : pas d’avion pour Budapest, enneigée, et un championnat à un moment incertain, Hamza par le jeu de listes d’embarquement et de solutions de secours trouvées par l’encadrement de l’équipe de France, se retrouve bloqué à Paris avec deux autres juniors. Ils n’arriveront que le samedi après midi dans la capitale Hongroise. « ca a été un peu pénible, toute cette attente… sur la durée, et j’étais bien content d’arriver à Budapest au final. » 

La première sélection

Dimanche 9 décembre, la course : pas de reconnaissance la veille, un parcours totalement enneigé, Hamza prenait le départ de la course junior avec entrain. Trop peut être... car très bien placé dans la première partie (entre 5 et 10) il dut rétrograder progressivement pour finir néanmoins a une méritoire 20e place, 4e coureur de l’équipe et contribuant ainsi à la deuxième place de la France au classement collectif. Pas de marseillaise mais beaucoup d’émotion à l’issue de ce week-end rocambolesque. Retour ensuite en France : la famille, fière et heureuse, le retour au pole espoir, le conseil de classe du premier trimestre et Hamza repartait dans son quotidien d’élève de 1ere S. 

Ses objectifs désormais : « continuer à progresser,  sur 5000 où même si mon record de l’an passé en est assez loin, je serai encore junior au 1er janvier et j’aimerai bien tenter une qualification aux Europe sur piste cet été au vu de mes progrès actuellement. »

Un premier stage au Portugal avec l’Equipe de France en janvier devrait lui permettre de mieux se situer encore dans la hiérarchie d’une catégorie junior qui comptera encore en 2013 certains de ses partenaires à Budapest. Une belle génération en devenir.

Sa fiche athlete FFA

 

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Le 17 novembre prochain, la Fédération Française d’Athlétisme élit son nouveau président. Rencontre avec Daniel Arcuset, candidat au comité directeur et à la présidence de la FFA.

DA photo

Bonjour et merci de répondre à cette invitation d’ ITW . Vous êtes candidat à la présidence de la FFA , peu connu du grand public mais bien ancré dans la vie de la FFA depuis vos débuts dans l’athlétisme, pouvez-vous nous préciser votre parcours en quelques mots ?  

En quelques mots ? Difficile, mais pour l'essentiel et répondre au mieux à cette question, je suis licencié FFA depuis 1964. Pratiquant jusqu'en 1980. Dirigeant, entraineur, officiel dans plusieurs clubs dont celui de l'ENGA Blaye en Gironde de 1973 à 1984 , un des tout premiers clubs à sections locales . Je suis actuellement au C.A. Portets également en Gironde.
Par ailleurs j’ai occupé le poste de président de C.S.O. pour la ligue Aquitaine et Comité de Gironde (1980 /1984), ainsi que pour la Ligue Pays de la Loire (1984 /1988)
Président également de la Ligue des Pays de la Loire de 1988 à 1991, puis de la Ligue d' Aquitaine de 1992 à 2004
J’ai également été secrétaire Général Adjoint du C.R.O.S. des Pays de la Loire 1988 à 1991, puis élu au bureau C.R.O.S. d'Aquitaine de 1993 à 1997 avant d’en être vice président de 1997 à 2009 et en charge du haut niveau.
Enfin pour mon implication au sein de la FFA j’ai siégé au Comité Directeur de la FFA de 1987 au 23/01/2009, vice président de la CSO FFA ( groupe sportif 1983/1989) puis Vice Président FFA de 1993 au 23/01/ 2009 avec les prérogatives suivantes :
Membre commission mixte L.N.A/F.F.A. de 2006 à 2009; Président de la Commission Nationale des Clubs 2002 au 23.01.2009;Chargé de la labellisation (1998/2009) et de la certification des clubs; Groupe de travail Classement des clubs et athlètes (2006/23.01.2009)
Voilà en quelques mots mon parcours.

Un parcours de dirigeant plus que consistant effectivement.
Vous avez fait porter à la connaissance de beaucoup votre manifeste «Mobilisons nous» pour une nouvelle gouvernance.
Qu’en est il plus précisément de cette «nouvelle gouvernance» appelée de vos vœux?

Il s’agit d'abord d’un constat.
Nombre de décisions fédérales suscitent aujourd’hui des réserves, voire des rejets à différents niveaux quant aux processus qui ont conduit à celles-ci. De nombreux incidents ont émaillé en particulier les AG FFA au cours de ce mandat dont récemment en avril 2012. Beaucoup d’énergie et de bonnes volontés peuvent se perdre en ces circonstances sans compter les réelles frustrations que cela occasionne.
Besoin d'une nouvelle Gouvernance?
Oui et à cela plusieurs autres raisons.
Relativement récente, voulue et accompagnée par la FFA à la fin des années 1990, on retrouve bien sûr la diversification des pratiques de notre Athlétisme avec des préoccupations et des logiques propres (compétition, découverte... Santé/loisir, et récemment la Marche Nordique, Athlé Entreprise).
Les publics de ces pratiques diffèrent en effet fortement et attendent des moyens et des compétences spécifiques.
On rencontre également une complexité induite, accrue et forte au sein de notre organisation associative, essentiellement bénévole à tous les niveaux (Clubs, Comités, Ligues) et par ailleurs l'impact du Projet Fédéral et des décisions qui en découlent est également plus important qu’auparavant.

Doit on comprendre que cette gouvernance devrait donc davantage tenir compte de l’hétérogénéité des pratiques sportives possibles à la FFA ?

Ce sont là effectivement autant de nouveautés pour le mode habituel de Gouvernance où l’organisation de la FFA consistait à décider d'une politique sportive générale «suffisante pour tous» allant de l’entrainement et de la compétition chez les plus jeunes, avec une évolution implicite vers la performance, jusqu'à l’accès en compétitions internationales des tout meilleurs.
Il "suffisait" alors de mettre en oeuvre cette logique à tous les étages, ceux-ci se retrouvant tous alors dans cette volonté commune.
Inutile de s’étonner a contrario qu'un mode de gouvernance essentiellement descendant parce qu’insuffisamment consultatif, délibératif et surtout participatif, s'avère maintenant inadapté.
De plus d’une manière générale l’accès à l’information étant désormais facilitée par les nombreux médias dont internet, il apparait essentiel de permettre une plus grande consultation des pratiquants, des clubs, des Comités Départementaux et des Ligues pour garantir une meilleure cohésion de la Famille «Athlétisme» devenue si diverse.
Le projet de Politique Fédérale et même Sportive ne doit plus se concevoir sans l'implication, dans son élaboration, de tous les acteurs qui auront à le mettre en œuvre…
Ce qui est totalement à l'opposé d’une logique de projet seulement présenté, éventuellement débattu, mais voté rapidement au cours d'une seule AG, ceci ayant, de fait, une incidence sur le mode de fonctionnement du Comité Directeur FFA lui-même ...

Vous évoquez donc ces différents « concepts » de découverte, loisir et compétition déclinés sur le contenu des différentes licences proposées par la FFA.
Ce sujet qui a fait couler un peu d’encre depuis deux ans, est il pour vous un exemple de ce qu’une nouvelle gouvernance aurait pu apporter de meilleur ?

Oui il l’est dans la mesure où l’unification progressive du tarif de ces licences s’est faite en juin 2010, après une première décision du Comité Directeur FFA, en Avril, visant ainsi une forte augmentation des tarifs (25%!) pour augmenter les fonds propres de la FFA, et en refusant par ailleurs un vote pourtant sollicité à l'Assemblée Générale d'avril 2010.
C’était pourtant typiquement, au fond, une décision politique du ressort de l' AG et pour laquelle son approbation aurait dû être soumise à vote, et ce même si les statuts précisent que les tarifs de licences sont du ressort du CD FFA.
J’en parle d’autant plus facilement que j’avais œuvré, sur le projet initial de l’intérêt de tarifs différenciés lors de la création des nouvelles licences, pour permettre ainsi le développement de ces nouvelles pratiques.

Justement n’est ce pas non plus sans vote que ces tarifs avaient été actés ?

De 1996 à 2002 j’animais le groupe de travail « étude et réflexion » qui s’était attelé à ce sujet ainsi que sur l'autonomie des Ligues et Comités à décider de leur quote-part.
Sans vote de l'AG ? Oui ! Mais sans polémique non plus !
Car il s’agissait de nouvelles licences pour lesquels le tarif a été déterminé sur trois critères: le niveau de prestation offerte directement par la FFA, les nouveaux publics concernés et la volonté de promouvoir des activités et des pratiques nouvelles. La mise en œuvre de ces nouveaux tarifs était tout au bénéfice financier des clubs mais aussi des Ligues et Comités Départementaux puisque ceux-ci avaient vu d’une part le coût de la licence compétition préservé et d’autre part la possibilité d’enclencher leur développement avec leur quote-part sur ces autres types de licence, avec des tarifs FFA moins élevés.
Il n'y avait pas eu de hausse brutale du coût moyen du tarif FFA d'une licence ... bien au contraire...
C'est a dire une autre approche que l’option prise en 2010 de baser la hausse des tarifs sur la nécessité d'augmenter les fonds propres de la FFA, ce qui a mis en difficultés bien des clubs...

Parmi ces licences, pour passer un peu plus au terrain, pas de licence entraîneur. Est-ce bien normal ?

Pas d’à priori sur la question. Le corps des entraîneurs est reconnu par des diplômes fédéraux Une licence « encadrement » vise aujourd’hui à permettre une reconnaissance de l’encadrement en général (entraîneurs, dirigeants, officiels) d’un club et ce sans distinction. Sur le principe, compte tenu de l’importance du rôle moteur des entraîneurs, cette proposition est tout à fait audible. Tout comme celle de dirigeants ou d'officiels.
Nombre de personnes « cumulant » les 3 diplômes, la distinction obligerait celles-ci à faire un choix (et sauf à prévoir des mentions spécifiques sur la licence encadrement)

Oui c’est juste. Ces dirigeants « polyvalents » pour beaucoup, sont quant à eux désormais invités à se former de plus en plus. Bénévoles pour leur club mais aussi actifs professionnellement par ailleurs…
Votre sentiment à cet égard ?

Les dirigeants sont très divers. Certains gèrent de petites structures, d’autres des clubs dépassant les 1000 adhérents et avec des choix de développement hétérogènes.
Bien évidemment leur travail et leur implication à tous, sont énormes, d’autant qu’ils sont aussi présents sur le terrain avec des doubles voire triple-casquettes d’entraîneur et d’officiel pour certains.
Leur demander plus encore avec un investissement en formation diplômante peut faire débat selon la nécessité ressentie.
Ce qui importe c’est avant tout leurs compétences de dirigeants.
L’obtention de diplômes pour le diplôme n’est pas l’objectif mais d'abord une reconnaissance. Un cursus 1er, 2e voire 3e degré peut s’avérer être un « plus » utile de reconnaissance pour ceux dont les clubs le justifient au regard des responsabilités à assumer ! A chacun d’évaluer aussi ses besoins m’a-t’il toujours semblé à travers mes propres expériences de dirigeants de club et de président de Ligue.
Mais pour permettre aux dirigeants une autoévaluation de leurs besoins, il faut informer... puis former...

Evoquons également l’avenir de l’athlétisme français avec ses « jeunes ». Aujourd’hui certains entraîneurs évoquent des difficultés à fidéliser, d’autres à amener les jeunes vers la compétition. Où se situe la priorité selon vous entre fidéliser le plus grand nombre et amener certains vers la compétition voire l’excellence un peu plus tard ?

La Fidélisation des jeunes est difficile pour les raisons que l'on connait. C’est un fait. Rencontré dans toutes les fédérations avec des catégories d'âge plus sensibles que d’autres.
Cette fidélisation n’en reste pas moins meilleure qu’auparavant sur les catégories benjamins et minimes par exemple. Notamment si l’on constate que ce sont désormais des enfants présents dans l’athlétisme depuis les catégories EA/PO et pour lesquels si lassitude il y avait, celle ci serait plus manifeste encore.
C’est le reflet certain du bon travail fait au niveau des clubs.

Mais pour répondre à votre question, c’est davantage la baisse relative de l’intérêt pour la compétition qui m’interpelle.
En ce sens il est évident que des efforts doivent être menés et pas seulement sur une population d’excellence comme j’ai pu l’entendre déjà au plus haut niveau fédéral.
Il faut une large base et une grande élite, ne serait ce que par l'apport de cette base dans les clubs en terme de lien associatif, de richesse humaine pour tous, et y compris pour les tout meilleurs qui donnent l'émulation et en reçoivent la reconnaissance.
Il convient également d’être prudent sur les meilleurs jeunes dont les facteurs de précocité dans la performance peuvent s’avérer illusions.
S'il y a détection qui est aussi un facteur de fidélisation, il faut un accompagnement scolaire et familial, un suivi de grande proximité. Il ne faut en tout cas pas opposer pratique compétitive de masse et pratique de haute performance. Les deux doivent être l'objet différencié de l'attention de la Politique Fédérale

Haute Performance.
Voilà qui nous amène au haut niveau, vitrine de l’athlétisme français. Votre regard sur les 4 dernières années écoulées ? Bilan positif  selon vous ?

Un bilan est toujours difficile à réaliser car fonction de nombreux critères si on veut être objectif. Le titre olympique de Renaud Lavillenie m’a bien sûr enthousiasmé ; c’est un plus significatif par rapport aux Jeux Olympiques précédents mais cela ne suffit pas pour dire que les jeux furent une grande réussite au regard de ce qui avait été tant annoncé.
Le nombre et les performances des finalistes furent également satisfaisants mais moins sur le nombre d’athlètes n’accédant pas en ½ finales (les 16 premiers pour faire simple) (1).
Les très bons résultats en championnats d’Europe en 2010 sont à souligner mais avec un « bémol » en 2012. Ils témoignent d'un potentiel plus élevé, ainsi que d’une génération d’athlètes particulièrement talentueux mais pas encore bien traduite en termes de résultats.
Certains résultats, de plus, ne sont pas à mettre au bénéfice du système fédéral, d’autres ont pu montrer que mettre des athlètes dans les meilleures conditions possibles ne leur épargnait pas non plus blessures et performances moins bonnes. Reste à analyser tout cela.
Mon attention se porte aussi sur les plus jeunes avec des signes pas nécessairement rassurants comme le 2ème plus faible nombre de finalistes tous temps cet été aux championnats du monde junior (mais 4 médailles...) ou encore des championnats d’Europe espoir 2011(2) plus faible résultats tous temps (médailles et finalistes) de la compétition.
Le bilan est néanmoins globalement très favorable sur les quatre ans mais la réussite du Projet Fédéral ne peut pas se limiter au nombre de médailles et de finalistes ou, par ailleurs à l'augmentation brute du nombre de licenciés.

Pour finir, car votre temps vous est certainement compté ... A Culture athle , le demi-fond occupe une place privilégiée. C’était la semaine dernière la semaine du cross. Actualité oblige novembre ne sera pas que le mois des élections pour les passionnés d’athlétisme (!)
Que penser vous aujourd’hui de la place accordée au cross à l’école et dans les clubs d’athlétisme ?

Cette semaine du cross montre qu’il existe toujours un intérêt pour cette discipline en milieu scolaire. Elle s’appuie sur l’excellent travail mené par de nombreux enseignants que j’ai pu accompagner lors de mon parcours professionnel de Principal de collège.
Il serait souhaitable d’évaluer le bénéfice réel occasionné par cette semaine du cross pour les clubs, pour les A.S. des établissements scolaires. Je ne crois pas par exemple avoir vu de retour d'analyse des retombées éventuelles liées à cette action, simplement reconduite désormais chaque année, alors que bien évidemment le cross est une discipline de l’athlétisme à part entière qui mérite d'être revitalisée de manière observable.
A ce titre dans le cadre d’une gouvernance différente, une évaluation partagée d’un état des lieux de ce type, avec une juste prise en compte des expériences et difficultés locales m’apparait incontournable. Elle impliquerait bien sûr les clubs mais aussi les comités et les ligues avec des orientations ensuite appropriées aux besoins exprimés. Mais c’est encore un peu tôt pour l’envisager plus concrètement … jusqu’au 17 novembre du moins. 

Merci à vous pour cette dernière réponse. Nous suivrons bien sûr cette élection avec attention.

(1) ndlr: Les 16 premiers (aux bilans de l’année) servant la plupart du temps de référence pour la détermination des minimas qualificatifs aux grand championnats.

(2) ndlr : Championnats européens seulement pour la catégorie espoir : pas de championnats du monde pour cette catégorie.

Damien Inocencio: "ma place est au saut à la perche"

Date de publication
Écrit par Ivan Moreau   
Catégorie : Interviews
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Damien Inocencio au Stadium Jean Pellez d'Aubière

Trois semaines après l’annonce surprise de Renaud Lavillenie de continuer sans lui, Damien Inocencio a bien voulu répondre aux questions de Culture-Athle. Entretien.

Bonjour, comment allez vous ?
Avez vous repris l'entrainement avec votre groupe malgré l'annonce du départ de Renaud Lavillenie (1) ?

Bonjour, oui j’ai bien sûr repris l’entrainement avec le groupe.
Les athlètes avaient réattaqué l'entrainement le 15 août et dès le 26 août j’ai moi aussi repris le chemin du stade après un petit break post-olympique.
Apres la décision de Renaud j’ai préféré couper quelques jours pour éviter les tensions au stade et pour me poser sur l’intérêt ou pas de continuer à m’investir pour la réussite des autres.

Renaud Lavillenie vous a donc quitté, "sans préavis". Votre sentiment  technique d'entraineur aujourd'hui sur ce choix de sa part ?

L’athlète et l’entraîneur sont libres de leur choix. Je lui souhaite tout d'abord de réussir, Renaud dit avoir besoin de changement. Je le conçois.
Après au cas particulier j'ai un peu de mal à comprendre pourquoi il est resté à Clermont pour s’entraîner au même endroit, avec les mêmes camarades d’entraînement et quasiment les mêmes méthodes.
Ceci "techniquement parlant", pour répondre a votre question …

Il semble en effet parti sans aller bien loin.
Pensez-vous avec un peu de recul que votre conception de l'entrainement puisse aussi être pour quelque chose dans cette issue ?

Je pense que le problème se situe au niveau de l' « humain ».
Apres, je suis un éducateur dans l’âme, j’anime énormément les séances et tous les ans je laisse la chance à des perchistes de niveau inferieur d’intégrer le groupe.
La dimension humaine de la pratique de l'entrainement est très présente dans ma conception de l’athlétisme.
Renaud a une vision moins « sociale » de la pratique.
Aujourd'hui en tout cas.
De plus à un certain niveau de pratique il faut laisser énormément l’athlète s’exprimer et le mettre en confiance.
Pour faire simple sur l’exemple de Renaud j'avais placé des objectifs chaque année de la manière suivante :
2009 était l’année de la découverte et de la recherche de son style.
2010 était une année de stabilisation des progrès.
2011 je voulais relancer l’évolution pour pousser plus loin ses progrès.
Et 2012 était à nouveau une année de stabilisation pour être le plus régulier possible pour les JO.
Renaud a ainsi beaucoup évolué entre le moment où il est arrivé à Clermont et sa médaille Olympique.

Merci pour ces explications.
J'ai cru comprendre que votre situation personnelle était du coup devenue compliquée professionnellement ?

Je suis en effet agent d’accueil du conseil général du Puy-de-dôme mais, depuis 2010, mis à disposition de la fédération pour entraîner au Pôle France.
Avec ce détachement ma mission première était de faire gagner Renaud.
On y est pas trop mal arrivé. (2)
Mais cette mise à disposition s’arrête au 31 décembre, ce que nous devions renégocier avec le conseil général deux jours après l'annonce de son départ par Renaud.
Donc cela a effectivement quelque peu changé la donne.
Pour l'heure la fédération et le conseil général ont l’air d’être motivés pour continuer à m’aider à faire ce pour quoi je suis le plus efficace.
J’espère une proposition concrète.
Dans la négative, je repartirai au conseil général pour un emploi à plein temps et j’arrêterai vraisemblablement l’athlétisme dans ce contexte. S'investir de la sorte nécessite d’être absent les soirs, les week-end et d'utiliser encore mes congés pour l’athlétisme. J'ai maintenant deux enfants : ça implique une certaine réflexion.

Et avez-vous par ailleurs des objectifs professionnels personnels à moyens termes dans ou hors athlétisme ?

J’aimerai bien sûr continuer à entraîner et transmettre ma passion avec une situation professionnelle en phase.
Pour cela il faut que je puisse aussi me former pour passer des concours : actuellement BE2, j’aimerai devenir conseiller technique ou conseiller territorial, ce qui me permettrait de continuer à m’engager dans le haut-niveau sans avoir à m’inquiéter de mon avenir après chaque saison.
Si je ne trouve pas une solution en France, Je chercherai peut être plus activement une solution à l’étranger pour découvrir aussi une autre façon de pratiquer l'entrainement.

Vous avez donc d'autres perspectives possibles dans l'entraînement. Des contacts possibles à l'étranger ?

Oui, si je dois partir à l’étranger j’ai des contacts un peu partout dans le monde.
Depuis quelques années je collabore en tant que formateur pour l’IAAF à Dakar pour le développement de la perche. J’interviens aussi dans des colloques internationaux comme le colloque IFAC de Glasgow très prochainement.
J’ai ainsi un bon réseau d’amis entraîneurs à travers le monde en ayant également accueilli des stages internationaux sur Clermont Ferrand avec des participants venus de différents pays.
Des possibilités donc mais partir à l'étranger n’est pas mon souhait premier.

Maurice Houvion a connu la consécration en tant qu'entraîneur par un record du monde (Philippe Houvion 5,77m en 1980) et par un titre olympique. Connu ainsi par sa longue collaboration avec Jean Galfione, prédécesseur de Renaud au palmarès olympique, pensez vous que cette époque est désormais révolue et qu'un entraineur de haut niveau doit s'inscrire désormais dans une logique à court voire moyen terme, mais pas davantage ?

Non je ne pense pas qu'il faille généraliser.
C'est plus une histoire de relations humaines : il y a des athlètes qui sont plus stables que d’autres.
Je pense que cette époque n’est pas révolue et que l’on peut encore rencontrer des athlètes de haut niveau attachés à leurs entraîneurs.
A l’époque de Jean et de Maurice il y avait aussi des athlètes zappeurs.

Oui , une période que vous avez connu en tant que très bon perchiste (3).
Avec une culture athlétique assez étendue, seriez vous intéressé pour entrainer un groupe haut-niveau pluridisciplinaire ?

Je serai vraisemblablement capable d’entrainer à un niveau national dans tous les sauts. Au-delà de cette famille athlétique, moins je pense.
Mais ma place est au saut à la perche.
Dans les autres disciplines je pense ne pas être suffisamment pointu et sur ce sujet il me semble que dans l’athlé il faut faire ce que l’on sait faire et laisser aux spécialistes le soin de gérer leurs spécialités.
Ceci dit j’aime partager avec les autres entraîneurs d’autres disciplines pour apprendre sur leurs méthodes et ainsi continuer à progresser.
Dans cet esprit je collabore ainsi beaucoup avec Olivier Vallayes pour le travail de course.

Une dernière question d'actualité. Vous deviez entrainer cette année la jeune perchiste suédoise Angelica Bengtsson, la championne du monde junior. Ou en êtes-vous dans ce projet ?

Angelica va venir intégrer le groupe d’entraînement à partir de fin novembre. C’est une jeune fille simple et dynamique mais je dois organiser un certain nombre de choses pour qu’elle puisse rapidement être à l’aise.
Elle est jeune et ne maîtrise pas très bien notre langue donc il faut lui faciliter le plus possible son quotidien.
Cela va de lui trouver un appartement jusqu’à gérer le transport des perches en prévision de la saison complète par exemple.
Je commence à être habitué à gérer ce type de problématique puisque tous les ans j’accueille dans le groupe de jeunes talents, et j’espère en tout cas pouvoir mener ce projet avec Angelica.

Merci beaucoup pour ces réponses
En vous souhaitant le meilleur pour la suite.


(1)   Fin septembre
(2)   Palmares de Renaud Lavillenie sur la période :
2010 Champion d’Europe à Barcelone
2011 Champion d’Europe en salle et record de France 6m03 à Bercy
        3eme aux mondiaux de Daegu
2012 Champion du monde en salle à Istanbul
         Champion d’Europe à Helsinki
         Champion Olympique à Londres
(3)5m42 en 2001