1'46''3, 9''58 (+0,9), 2h01'09, 10''2 manuel… Les résultats d’athlétisme utilisent une notation bien à eux, avec des règles précises sur les centièmes, le chronométrage et le vent. Voici comment lire un temps, et pourquoi deux chronos qui se ressemblent ne valent pas toujours la même chose.
La notation française : apostrophes et guillemets
En France, les temps s’écrivent avec des apostrophes :
- une apostrophe (‘) sépare les minutes des secondes ;
- deux apostrophes ( ») séparent les secondes des dixièmes ou des centièmes ;
- h sépare les heures des minutes, pour les courses les plus longues.
| Écriture | Se lit | Exemple |
|---|---|---|
| 9''58 | 9 secondes et 58 centièmes | Record du monde du 100 m |
| 1'46''3 | 1 minute, 46 secondes et 3 dixièmes | Un 800 m de bon niveau régional |
| 1'40''91 | 1 minute, 40 secondes et 91 centièmes | Record du monde du 800 m |
| 26'11''00 | 26 minutes, 11 secondes, 0 centième | Record du monde du 10 000 m |
| 1h59'30 | 1 heure, 59 minutes et 30 secondes | Record du monde du marathon |
La notation internationale, utilisée par World Athletics et dans la plupart des résultats en ligne, remplace les apostrophes par des deux-points et un point : 1'40''91 s’écrit 1:40.91, et 1h59'30 s’écrit 1:59:30.
Dixièmes, centièmes ou secondes : tout dépend de la course
Le niveau de précision n’est pas le même selon la distance et le lieu de la course. Avec un chronométrage électronique (photo-finish), le règlement de World Athletics prévoit :
- jusqu’au 10 000 m inclus : le temps est donné au centième de seconde ;
- sur piste, au-delà du 10 000 m : le temps est donné au dixième ;
- pour les courses disputées en partie ou entièrement hors du stade (route, cross) : le temps est donné à la seconde.
Dans tous les cas, le temps est arrondi au-dessus : un athlète chronométré en 26'17''533 est crédité de 26'17''54, et un marathonien arrêté en 2h09'44''3 est crédité de 2h09'45. On n’arrondit jamais en faveur de l’athlète.
Chronométrage manuel ou électronique
Sur les grandes compétitions, le temps est pris par un système de photo-finish déclenché automatiquement par le coup de pistolet du starter. Le chronomètre s’arrête au moment où le torse de l’athlète atteint le bord de la ligne d’arrivée : la tête, les bras ou les pieds ne comptent pas.
Dans les petites compétitions, les temps peuvent encore être pris à la main, par plusieurs chronométreurs. Un temps manuel est arrondi au dixième supérieur : 10''11 au chronomètre devient 10''2. Ces temps sont souvent signalés par un h (pour hand timing) ou la mention « manuel ».
Un temps manuel n’est pas directement comparable à un temps électronique : le chronométreur déclenche son chronomètre en voyant la fumée ou l’éclair du pistolet, avec un léger temps de réaction. C’est pourquoi, jusqu’au 800 m, seuls les temps électroniques peuvent être homologués comme records du monde.
Le temps de réaction et le faux départ
Au départ des courses de sprint, des capteurs placés dans les blocs mesurent le temps de réaction de chaque athlète, c’est-à-dire le délai entre le coup de pistolet et le moment où il pousse sur ses blocs. Les résultats l’indiquent parfois, par exemple 0''142.
Si ce temps est inférieur à 0''100, le système signale un faux départ possible et le starter vérifie les temps de réaction : en dessous de ce seuil, on considère que l’athlète n’a pas réagi au coup de pistolet mais l’a anticipé.
Le vent : le chiffre entre parenthèses
Sur 100 m, 200 m, 100 m haies et 110 m haies, ainsi qu’en longueur et au triple saut, la vitesse du vent est mesurée par un anémomètre et indiquée à côté de la performance :
- 9''58 (+0,9) : vent favorable de 0,9 mètre par seconde, dans le dos des coureurs ;
- 19''19 (-0,3) : vent défavorable de 0,3 mètre par seconde.
Le vent est mesuré pendant 10 secondes au 100 m, pendant 13 secondes au 100 m et au 110 m haies, et pendant 10 secondes au 200 m à partir de l’entrée dans la ligne droite. Pour les sauts, il est mesuré pendant 5 secondes sur la course d’élan. La valeur est arrondie au dixième supérieur : +2,03 m/s est enregistré +2,1.
Au-delà de +2,0 m/s en moyenne, une performance ne peut pas être homologuée comme record. Elle reste valable pour le classement de la course, mais elle est souvent signalée par un w (pour wind assisted, « aidé par le vent ») dans les bilans.
Les abréviations des résultats
| Abréviation | Signification |
|---|---|
| RM | Record du monde |
| RE | Record d’Europe |
| RF | Record de France |
| RP | Record personnel |
| MPM | Meilleure performance mondiale (sur une distance sans record officiel, ou de l’année) |
| (i) ou « en salle » | Performance réalisée en salle |
| h | Chronométrage manuel |
| w | Performance aidée par un vent supérieur à +2 m/s |
| DNF / Ab. | Abandon |
| DQ / Disq. | Disqualifié |
Ces abréviations se retrouvent dans les bilans de la Fédération française d’athlétisme : notre article Les bilans FFA, comment ça marche ? explique comment les consulter.
Exemple : lire la carrière de Sebastian Coe
Dans notre portrait de Sebastian Coe, on lit qu’il bat le record du monde du 800 m en 1'42''33 à Oslo, puis l’améliore en 1'41''73 en 1981. La différence, 60 centièmes, peut paraître infime : sur 800 m, c’est pourtant plus de 4 mètres d’avance à l’arrivée.
Convertir un temps en allure
Pour comparer un temps de course à une allure d’entraînement, il faut le convertir en minutes par kilomètre ou en kilomètres par heure. Le calculateur de vitesse et d’allure de RunMotion fait ce calcul en un clic.
À retenir
- ‘ sépare les minutes des secondes, » les secondes des centièmes : 1'40''91.
- Les temps électroniques sont au centième jusqu’au 10 000 m, à la seconde sur route, toujours arrondis au-dessus.
- Un temps manuel (h) est arrondi au dixième et n’est pas homologable comme record jusqu’au 800 m.
- Au-delà de +2,0 m/s de vent favorable, pas de record possible.
Retrouvez tous les records en vigueur dans notre liste des records du monde d’athlétisme.